Si Starship a enfin atteint l’orbite, l’un de ses moteurs a encore flanché en plein vol. Et ce contretemps pourrait bien finir par peser sur le retour des Américains sur la Lune, la NASA comptant directement sur la mégafusée pour son programme Artemis.

Si le 14e vol test de la fusée de SpaceX a été une réussite sur plusieurs points, notamment grâce au déploiement de 26 satellites Starlink V3, la fête n’a pas été totale. Prévue pour durer une dizaine d’heures, la mission a été interrompue au bout de trois seulement avec un amerrissage anticipé dans le Pacifique nord. En cause, une défaillance survenue dès les premières minutes.
Les moteurs Raptor, talon d’Achille de Starship
En effet, l’un des six moteurs Raptor qui équipent le deuxième étage s’est éteint plus tôt que prévu, dès la montée de Starship vers l’espace. Il s’agissait, plus précisément, d’un modèle conçu pour fonctionner hors de l’atmosphère. Si la fusée a compensé en faisant tourner ses autres moteurs plus longtemps, ce type d’incident est fréquent.
Car les trois tests réalisés avec la nouvelle génération de Raptor ont tous connu des soucis de moteur. Par exemple, l’un d’entre eux ne s’est pas allumé lors du 12e vol, survenu au mois de mai. Fonctionnant au méthane, ils figurent parmi les pièces les plus complexes et les plus coûteuses de la fusée.
L’origine de la panne, toujours pas communiquée, sera déterminante. Si le problème vient de la conception du moteur, il faudrait potentiellement modifier toute la flotte. Et les prochains vols risqueraient alors de prendre du retard, rapporte Reuters.
Artemis approche à grands pas
Or, la NASA a choisi une version lunaire de Starship pour déposer ses astronautes sur notre satellite dans le cadre du programme Artemis. Et cet atterrisseur utilisera exactement les mêmes moteurs pour transporter l’équipage jusqu’à la surface, puis le ramener. La vie de personnes étant impliquée, la fiabilité n’est pas une option.
SpaceX a très peu de marge : Starship doit être opérationnelle dès l’année prochaine pour la mission Artemis III avant le premier alunissage prévu en 2028. D'autant que la concurrence veille au grain, et New Glenn de Blue Origin pourrait bien passer devant sa concurrente aux yeux de la NASA.
Un nouveau vol de la mégafusée devrait avoir lieu dès le mois d’octobre, et il s’annonce déterminant pour les échéances qui arrivent.