À peine remis de son dernier essai, Starship doit repartir dans l'espace avant la fin du mois. SpaceX veut placer des satellites en orbite et attraper l'étage supérieur au retour, deux jalons décisifs pour fiabiliser son lanceur géant.

Starship n'a plus le droit de voler au rythme d'un simple prototype. Lors des résultats trimestriels de SpaceX, Elon Musk a annoncé un 14e essai avant la fin août 2026, à peine plus d'un mois après le précédent, puis au moins un lancement quotidien à l'été 2027. Pour s'en approcher, le prochain vol devra surtout montrer que l'étage supérieur du lanceur, le vaisseau en lui-même, peut revenir intact là où il est parti.
Le vaisseau doit revenir dans les bras de sa tour
Sous réserve du feu vert de la FAA (Federal Aviation Administration), Flight 14 décollerait de Starbase, au Texas, puis placerait pour la première fois des satellites Starlink V3 sur une orbite opérationnelle. Environ 90 minutes plus tard, l'étage supérieur Ship, haut de 52 mètres, reviendrait vers son pas de tir pour être saisi par les bras mécaniques de la tour. Super Heavy finirait dans le golfe du Mexique, avant qu'un futur vol tente de récupérer les deux étages au même endroit.

SpaceX a déjà attrapé son booster à trois reprises, mais jamais Ship. Le vol 13 du 24 juillet lui a donné confiance : l'étage supérieur a traversé l'atmosphère sans dommage apparent avant un amerrissage contrôlé dans l'océan Indien. Musk estime même le problème du bouclier thermique résolu.
Flight 14 sera le troisième essai de Starship V3, après ceux de mai et juillet, et le premier à emporter une charge utile destinée à rester en orbite. Selon SpaceX, ces nouveaux Starlink promettent dix fois plus de capacité que la génération actuelle.
La NASA attend davantage qu'une belle récupération
Elon Musk assure que la cadence augmentera « rapidement », jusqu'à un vol par jour, voire davantage, d'ici à un an. La FAA n'autorise pourtant que 25 lancements annuels depuis Boca Chica. Atteindre 365 vols exigera donc une réutilisation effective et l'ouverture d'autres pas de tir comme celui envisagé en Louisiane, dont l’acquisition serait en phase finale.
Cette cadence est aussi la clé du programme lunaire. La version HLS de Starship devra être ravitaillée en orbite terrestre par plusieurs vaisseaux-citernes avant de gagner la Lune. Les prochaines étapes comprennent donc un vol de longue durée, le transfert massif d'ergols cryogéniques entre deux Starship, puis un alunissage sans équipage. Selon le GAO (la Cour des comptes américaine), ces démonstrations ont déjà pris plus d'un an de retard.
La NASA veut en outre amarrer un Starship V3 expérimental à Orion en orbite terrestre pendant le vol d'Artemis III en 2027, mais sans transfert d'astronautes. Le premier retour habité sur le sol lunaire est désormais visé avec Artemis IV, début 2028. L'agence choisira SpaceX ou Blue Origin de Jeff Bezos, selon l'état de préparation de leurs atterrisseurs. Le chrono tourne pour Elon Musk…
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