La NASA a mis en service une nouvelle antenne parabolique de 34 mètres de diamètre à Goldstone, en Californie. Avec cette cinquième antenne du site, l’agence élargit la capacité du réseau qu’elle utilise pour communiquer avec ses sondes en orbite ou en route vers d’autres corps du système solaire.

La NASA renforce son réseau de communication avec une nouvelle antenne géante de 34 mètres - ©NASA / JPL-Caltech
La NASA renforce son réseau de communication avec une nouvelle antenne géante de 34 mètres - ©NASA / JPL-Caltech

Cette antenne DSS-23 dépend du Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui l’a conçue pour diriger les signaux radio, par un système de guides d’ondes, vers une salle souterraine climatisée. Grâce à cette conception, les pertes de signal sont plus faibles sur de longues distances. Le complexe de Goldstone est situé dans le désert Mojave, près de Barstow. Le Deep Space Network, le réseau auquel elle appartient, est composé de trois complexes répartis dans le monde, à Goldstone, à Madrid et à Canberra, chacun équipé d’antennes de 34 et 70 mètres.

DSS-23 est la cinquième antenne construite dans le cadre du programme de modernisation Aperture Enhancement Project. La NASA a lancé ce chantier en 2009 pour porter, à terme, le réseau à treize antennes de 34 mètres au total.

Cinq missions communiquent via la nouvelle antenne

Les ingénieurs du JPL ont lancé la construction de DSS-23 en février 2020, ont placé son réflecteur métallique de 133 tonnes en décembre 2024, puis mis l’antenne en service le 3 août, avant son inauguration officielle le 25 août dernier. Ce réflecteur est composé de panneaux qui renvoient les signaux radio vers l’instrumentation de l’antenne. Depuis, le JPL utilise DSS-23 pour communiquer avec l’observatoire à rayons X Chandra, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter, la mission Psyché, la sonde Juno en orbite autour de Jupiter et Voyager 1, l’engin le plus éloigné jamais envoyé par l'’humanité.

« L'ajout de cette antenne de nouvelle génération nous rapproche d'un réseau totalement modernisé, avec des technologies avancées qui garantissent le leadership de la NASA dans les communications avec l'espace lointain », a déclaré Dave Gallagher, directeur du Jet Propulsion Laboratory. En combinant plusieurs antennes de 34 mètres du site, le JPL peut aussi reproduire la puissance de réception d’une antenne de 70 mètres. Le JPL privilégie cette solution parce que les grandes paraboles de 70 mètres vieillissent.

« Le plus grand défi n'a pas été de construire l'antenne, mais de transformer un ensemble complexe de systèmes mécaniques, électriques, logiciels et radiofréquences en un seul outil prêt pour les missions », a expliqué Germaine Aziz, responsable du projet d’agrandissement du Deep Space Network au JPL.

En combinant plusieurs antennes de 34 mètres du site, le JPL peut aussi reproduire la puissance de réception d'une antenne de 70 mètres - ©NASA / JPL-Caltech
En combinant plusieurs antennes de 34 mètres du site, le JPL peut aussi reproduire la puissance de réception d'une antenne de 70 mètres - ©NASA / JPL-Caltech

La demande est supérieure à la capacité du réseau

Selon un audit de l’inspecteur général de la NASA qui date de 2025, plus de 40 missions dépendent aujourd’hui du réseau. Au cours des cinq dernières années, la demande de suivi a été, à certains moments, supérieure de 40 % à l’offre disponible, et elle devrait encore être multipliée par dix d’ici 2030. Or, à Goldstone, la plus grande antenne du site, DSS-14, un réflecteur de 70 mètres, est hors service depuis le 16 septembre 2025. Lors du suivi de la sonde Juno, des opérateurs ont contourné par erreur les protections qui limitaient la rotation de l’antenne. Le système hydraulique de DSS-14 a été endommagé par cette surrotation. La NASA estime que les réparations vont coûter entre environ 3,5 et 4 millions d’euros. L’antenne ne sera de nouveau opérationnelle qu’en octobre 2028.

Un incendie a aussi menacé un troisième centre du réseau en juillet. Cet incendie a forcé l’évacuation du complexe de Madrid, en Espagne, les 24 et 25 juillet, et mis en danger ses six antennes. Selon la NASA, les bâtiments et les paraboles ont été épargnés par les flammes, qui ont surtout touché la végétation alentour.

« En agrandissant le Deep Space Network, nous consolidons les bases de communication dont la NASA a besoin pour ses prochaines missions, de l'exploration d'une plus grande partie de la Lune que jamais jusqu'à l'observation plus poussée du système solaire », a déclaré James Kenyon, administrateur associé de la direction Recherche et technologie au siège de la NASA. Avec le programme Artemis, la NASA veut ramener des astronautes sur la Lune. Contrairement aux sondes robotiques, plus tolérantes aux délais, les astronautes ont besoin de communications en temps réel.

Et au sujet du débit, la NASA teste aussi la communication laser. À bord de Psyché, le terminal du système Deep Space Optical Communications a été en service pendant deux ans, jusqu’en septembre 2025. Dans une étude de fin 2025 de l’IEEE, des chercheurs dressent le bilan de cette démonstration technologique. Selon leurs mesures, à 55 millions de kilomètres de la Terre, le débit maximal a été de 267 mégabits par seconde. À 400 millions de kilomètres, la distance qui sépare la Terre de Mars au plus loin, ce débit a été de 8,3 mégabits par seconde, contre moins d’un mégabit par seconde pour un système radio à cette distance.

Une sixième antenne du programme d’agrandissement, DSS-33, doit encore entrer en service à Canberra, en Australie, d'ici 2029.