À partir du 3 septembre, les États-Unis appliqueront de nouvelles surtaxes douanières de 25% ou 100% à de nombreux drones et composants importés. Les fabricants chinois, privés du régime préférentiel accordé à l'Union européenne et à plusieurs alliés, figurent parmi les plus exposés.

À partir du 3 septembre, les drones de plus de 25 kg ainsi que ceux équipés d'une caméra thermique seront frappés d'une surtaxe douanière de 100%. ©Darren E Smith x Shutterstock
À partir du 3 septembre, les drones de plus de 25 kg ainsi que ceux équipés d'une caméra thermique seront frappés d'une surtaxe douanière de 100%. ©Darren E Smith x Shutterstock

La guerre commerciale américaine gagne désormais le ciel. Donald Trump a signé le 13 août une proclamation qui renchérit fortement l'entrée des drones étrangers aux États-Unis, au nom de la sécurité nationale et de la souveraineté industrielle. Les appareils de plus de 25 kg, ceux équipés d'une caméra thermique, leurs stations d'accueil et certains composants critiques seront frappés d'une surtaxe douanière de 100%. Pour les drones plus légers sans imagerie thermique, dont une grande partie des modèles grand public, le taux de la surtaxe sera de 25%.

DJI pris entre restrictions et droits de douane

La mesure ajoute une nouvelle couche aux restrictions déjà imposées aux fabricants étrangers. Depuis décembre 2025, la FCC bloque l'homologation de nouveaux modèles, sauf exemption, mais les drones déjà autorisés pouvaient encore entrer sur le marché américain. C'est précisément cette porte que les nouvelles taxes vont désormais rendre beaucoup plus coûteuse pour DJI ou Autel.

L'addition sera réglée à la frontière par les importateurs américains, qui devront soit absorber le surcoût, soit le répercuter sur leurs clients. Agriculteurs, entreprises ou services de secours pourraient donc eux aussi en faire les frais. Même les fabricants américains ne sont pas totalement protégés, puisque beaucoup restent dépendants de moteurs, de contrôleurs ou de batteries produits à l'étranger.

Le périmètre mérite toutefois d'être précisé. Contrairement à ce que certaines publications ont laissé entendre, toutes les pièces aéronautiques ne seront pas taxées à 100%. L'annexe I du document signé par le président américain vise notamment certains convertisseurs et équipements de commande destinés aux drones ainsi que les hélices, trains d'atterrissage et autres pièces des appareils de plus de 25 kg.

Pour cette dernière catégorie, les pièces destinées à des drones utilisés pour la livraison commerciale ou l'agriculture, ainsi qu'aux appareils achetés par le Pentagone, sont exclues. D'autres composants de drones répertoriées à l'annexe III seront soumis à une surtaxe de 25% à compter du 9 février 2027.

L'UE mieux traitée, mais pas automatiquement

La Chine ne bénéficie d'aucun régime préférentiel. L'Union européenne, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, la Suisse et le Liechtenstein pourront en revanche profiter d'un plafond de 15%, contre 10% pour le Royaume-Uni.

Ce traitement favorable n'est toutefois pas automatique. L'importateur devra démontrer que la quasi-totalité des composants critiques et des technologies intégrées provient des États-Unis ou des pays partenaires concernés. Un drone assemblé en Europe avec une part importante de composants critiques ou de technologies d'origine chinoise pourrait donc perdre cet avantage.

Washington prévoit enfin un mécanisme d'exonération pour les entreprises dont le plan d'implantation industrielle aura été approuvé par l'administration US et qui s'engageront à construire, agrandir ou rénover une usine américaine avant le 20 janvier 2029. Pendant les travaux, elles pourront importer sans ces droits de douane les produits nécessaires à leur chaîne d'approvisionnement ainsi que leurs équipements de production, dans des volumes liés à la capacité future de l’usine. Les entreprises locales du BTP peuvent déjà se frotter les mains.

Source : Reuters
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