Boeing assure que la refonte de sa capsule Starliner, clouée au sol depuis de longs mois, avance bien. Et un vol cargo pourrait décoller avant la fin de l’année… Mais rien n’est encore joué.

Starliner arrimée à l'ISS, lors de son unique voyage dans l'espace. ©NASA
Starliner arrimée à l'ISS, lors de son unique voyage dans l'espace. ©NASA

Le 5 juin 2024, Starliner s’envolait pour son premier vol habité, avec à son bord les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams. Mais des fuites d’hélium et des propulseurs défaillants ont contraint la NASA à faire revenir la capsule sans équipage. Les astronautes, eux, sont restés bloqués sur la Station Spatiale internationale (ISS) bien plus longtemps que prévu, 9 mois au lieu de 10 jours, avant de rentrer à bord d’un Crew Dragon de SpaceX.

Un rapport récent de la NASA a classé cet épisode en « incident de type A », le niveau de gravité le plus élevé de l’agence : la vie de l’équipage était clairement en danger. Depuis, Boeing a été rétrogradée en vaisseau cargo, et travaille à corriger les défauts identifiés.

La refonte « se passe bien  »

Et jusqu’ici, les nouvelles n’incitaient guère à l’optimisme : il aurait fallu patienter jusqu’en 2027 pour voir la capsule décoller à nouveau. Mais le discours a évolué. Lors d’un point sur les résultats financiers du constructeur pour le deuxième trimestre, ce 28 juillet, son P.-D. G Kelly Ortberg a livré un message plutôt rassurant : « La refonte des déficiences de Starliner se passe plutôt bien ».

Selon lui, l’essentiel du travail technique touche à sa fin, ne reste plus qu’à caler un créneau de lancement avec la NASA, dont le planning pour l’ISS est particulièrement chargé.

Désormais, Boeing évoque un vol sans équipage dès le quatrième trimestre 2026. De quoi rebattre les cartes du calendrier même si l’agence, par la voix de son comité de sécurité, reste plus prudente et évoque une attente pouvant aller jusqu’à un an. En revanche, un vol habité, envisageable uniquement si la mission de transport de marchandise se déroule sans accroc, ne pourrait avoir lieu qu'à partir de la fin 2027.

La capsule Starliner sur son pas de tir en Floride. ©NASA
La capsule Starliner sur son pas de tir en Floride. ©NASA

D'autres obstacles

En outre, contrairement à la capsule de SpaceX qui dispose de ses boosters directement intégrés, celle de Boeing perd son module de service, et donc l’essentiel de sa propulsion, à chaque vol. Cela pousse l'entreprise à en fabriquer de nouveaux pour toutes les missions, et ils sont coûteux.

D’autant que l’horizon n’est toujours pas au beau fixe pour Boeing côté finances. La société a dû garantir, aux côtés de Lockheed Martin, 500 millions de dollars d’emprunts contractés par leur coentreprise United Launch Alliance (ULA). En cause, les difficultés rencontrées par la fusée Vulcan Centaur, actuellement clouée au sol.

Un petit espoir subsiste : SpaceX prévoirait de mettre Crew Dragon à la retraite d’ici à 2030. Cela pourrait être une aubaine pour Boeing, à condition que sa capsule devienne enfin exploitable à grande échelle.