La fusée Vulcan de United Launch Alliance (ULA) est clouée au sol depuis le mois de février. Et ce qui ressemblait à un simple contretemps technique vire aujourd’hui à la crise financière. On fait le point.

Vulcan Centaur est aujourd’hui le lanceur phare de la coentreprise formée par Boeing et Lockheed Martin, remplaçant des emblématiques Atlas V et Delta IV. Il doit non seulement assurer une partie des lancements de l’US Space Force, mais aussi plusieurs missions scientifiques pour le compte de la NASA. La fusée doit également jouer un rôle crucial pour le déploiement de la constellation Amazon Leo.
Problème, elle a subi deux anomalies majeures lors de deux de ses lancements, en raison d’une défaillance sur la tuyère d’un des boosters à propergol solide. Si dans les deux cas, le vaisseau a pu propulser sa charge utile, il est cloué au sol depuis plusieurs mois.
La NASA se tourne vers SpaceX
De quoi pousser la NASA à revoir ses plans pour la mission SunRISE, qui comprend six petits satellites chargés de surveiller les tempêtes solaires. S’ils devaient initialement décoller à bord d’un lanceur Vulcan Centaur, l’agence spatiale vient de réattribuer le décollage à un Falcon Heavy de SpaceX.
Le bilan est lourd. En février, ULA visait entre 18 et 22 lancements pour l’année 2026, dont jusqu’à 18 pour Vulcan seul. Le lanceur devait ensuite monter en cadence pour honorer un carnet de commandes de plus de 80 missions. Dans ses résultats du deuxième trimestre publiés le 23 juillet, Lockheed Martin, qui détient 50 % de ULA, a révélé avoir garanti un prêt bancaire pouvant atteindre 500 millions de dollars pour l’aider à traverser ses difficultés financières, directement liées à l’immobilisation de Vulcan.
Mais ce n’est pas tout, puisque l’entreprise a également revu à la baisse ses prévisions de profit pour sa division spatiale, invoquant l’enquête technique toujours en cours sur l’anomalie du lanceur.

De pire en pire pour Boeing
Ce 21 juillet, Northrop Grumman, qui fabrique les boosters à propergol solide à l’origine du problème, a toutefois annoncé avoir redessiné les pièces défaillantes et les avoir validées lors d’un essai de mise à feu statique. Une avancée réelle qui reste suspendue à une inconnue de taille : la société n’a pas garanti la livraison des moteurs corrigés avant la fin de l’année. Vulcan pourrait donc rester au sol encore plusieurs mois.
Une situation qui n’arrange pas les affaires de Boeing. Le géant américain subit des déconvenues majeures dans son activité spatiale depuis plusieurs années. À commencer par sa capsule Starliner qui reste engluée dans l’incertitude, avec un calendrier de vols toujours impossible à fixer.
Même constat du côté de la fusée Space Launch System (SLS) du programme Artemis. La NASA a en effet repensé son design et mis fin au développement de son étage supérieur… Qui était justement conçu par Boeing.