Décidément, c'est un début d'année très compliqué pour Boeing. Du moins, pour son activité spatiale. La NASA serait en passe de modifier un aspect crucial du programme Artemis, dans lequel le constructeur joue un rôle clé.

Il y a quelques semaines, l'agence spatiale annonçait déjà des changements sans précédent dans son programme lunaire. Alors que la mission Artemis III devait être celle qui marque le retour des astronautes à la surface de la Lune, elle consistera finalement en un rendez-vous orbital entre Orion et les deux vaisseaux choisis pour alunir : Starship et Blue Moon de Blue Origin.
Puis ce sera la mission Artemis IV, prévue en 2028, qui voyagera jusqu'à notre satellite. Et désormais, la NASA veut encore davantage chambouler son programme.
Le SLS n'ira pas jusqu'à l'orbite lunaire
Au grand détriment de Boeing. Selon le plan initial, la fusée Space Launch System (SLS), dont l'entreprise est l'un des maîtres d'œuvre, devait acheminer la capsule Orion jusqu'en orbite lunaire pour que le Starship vienne s'y arrimer pour ensuite descendre vers la Lune. Cette étape sera réalisée en orbite terrestre.
Ainsi, le SLS servirait uniquement à propulser Orion au-dessus de la Terre, et c'est SpaceX qui se chargerait du reste. Pour l'heure, on ignore encore si ce projet s'appliquera aussi à Blue Moon. À noter qu'Orion ne peut pas être écartée pour l'instant car il s'agit, à ce jour, de l'unique vaisseau en mesure de faire revenir les astronautes jusqu'à notre planète.
Un coup dur pour Boeing, alors que la NASA a également décidé de standardiser le premier étage du SLS en faisant appel à la United Launch Alliance (ULA). Si Boeing en fait effectivement partie, la firme se chargeait auparavant seule de ce composant du lanceur.

Pari très osé
D'après ce que nous savons aujourd'hui, le SLS décollera prochainement pour se rendre à proximité de la Lune dans le cadre de la mission Artemis II. Et ce sera la dernière fois que la fusée voyagera aussi loin. Elle sera ensuite utilisée lors des missions Artemis III, IV et V pour rejoindre l'orbite terrestre, et il y a de fortes chances que la NASA parie sur un autre lanceur, moins onéreux et réutilisable, pour la suite.
Il convient tout de même de rappeler que le pari est osé. Le rôle de Starship ne cesse de prendre de l'ampleur, alors que la mégafusée n'a toujours réalisé aucun vol opérationnel. Elle est censée poser des astronautes sur la Lune dans deux ans. Un calendrier qui, au regard des défis techniques encore à relever, peut laisser sceptique.
Source : Bloomberg