Orange dévoile des résultats semestriels 2026 records en France, portés par la fibre et un taux de résiliation au plus bas depuis 2020. Le groupe a aussi bouclé le rachat de MasOrange et signé un accord pour racheter SFR.

Orange enchaîne les bons résultats en France et continue de préparer le rachat de SFR. © Alexandre Boero / Clubic
Orange enchaîne les bons résultats en France et continue de préparer le rachat de SFR. © Alexandre Boero / Clubic

Ce mardi 28 juillet, Orange a dévoilé les résultats financiers de son premier semestre 2026, marqués par une croissance solide du chiffre d'affaires et de la rentabilité en France. L'opérateur historique retient ses clients mieux que jamais depuis 2020, un signe de bonne santé commerciale, et enregistre un nombre record de nouveaux abonnés à la fibre. Mais l'essentiel serait presque ailleurs, avec deux opérations stratégiques d'envergure, actées ce semestre, qui pourraient bien redessiner le paysage des télécoms en Europe. Clubic a étudié tout ça.

La fibre et le mobile boostent les ventes nettes d'Orange

Sur l'Hexagone, Orange a généré 8,67 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre, en hausse de 1,2% sur un an, au premier semestre. Une progression modeste en apparence, mais qui montre en fait la dynamique commerciale, portée notamment par la convergence et le multiservice, qui compense le déclin du bon vieux réseau téléphonique commuté. L'EBITDAaL, l'indicateur de rentabilité préféré des opérateurs, grimpe lui de 2,4%, à 2,96 milliards d'euros, tandis que les investissements (eCapex) reculent légèrement à 1,41 milliard d'euros. De quoi confirmer, selon la direction, l'ambition d'un EBITDAaL « stable + » pour l'année en cours.

Côté clients, la moisson est belle. On note 20 000 abonnements combinant box et forfait mobile en plus, 62 000 nouveaux clients fibre (un record depuis fin 2021, avec plus de 4 nouveaux abonnés fibre sur 10 dans le pays qui ont choisi Orange) et 84 000 lignes mobiles supplémentaires rien qu'au deuxième trimestre. Le taux de résiliation mobile tombe à 10%, son plus bas niveau depuis 2020, preuve que les clients restent plus fidèles, et la facture moyenne des offres box + mobile (ARPO) grimpe légèrement à 78,1 euros par mois. Orange revendique aussi la meilleure satisfaction client du marché, 11 points devant son concurrent le plus proche, et a lancé au premier trimestre Sharlie, son assistant conversationnel dopé à l'IA, que Clubic avait découvert.

Tout n'est cependant pas rose puisque l'ARPO mobile seul recule de 90 centimes sur un an, à 16,10 euros, ce qui est le signe, pour l'opérateur, d'une pression tarifaire persistante. Et la filiale entreprise, Orange Business, reste à la peine avec un chiffre d'affaires en repli de 3,1% et un EBITDAaL en baisse de 6,4%, sur un marché B2B toujours compliqué, même si c'est mieux que les -7,2% enregistrés au second semestre 2025. Début juillet, Orange a par ailleurs finalisé le rachat de Scorefit, détenue par une filiale de BNP Paribas et propriétaire d'accès fibre achetés en gros pour le compte d'Orange, pour 1,3 milliard d'euros, ce qui va simplifier la structure financière du groupe, en pleine bascule du cuivre vers la fibre.

Orange a réussi son début d'année. © Samuel Boivin / Shutterstock
Orange a réussi son début d'année. © Samuel Boivin / Shutterstock

MasOrange officiellement passée à 100% dans le giron d'Orange

En juin, Orange a enfin bouclé le rachat des 50% restants de MasOrange, son opérateur espagnol, pour 4,25 milliards d'euros, qui lui permet de s'offrir le contrôle total de sa filiale ibérique, forte de 33 millions de clients. L'opération, qui valorise MasOrange à 8,5 milliards d'euros, a généré un gain comptable exceptionnel de 2,4 milliards d'euros, qui contribue largement au bond du résultat net du groupe à 3,6 milliards d'euros sur le semestre. L'autre partie de cette envolée s'explique aussi par le fait qu'en 2025, Orange avait provisionné 1,3 milliard d'euros au titre du GEPP, son dispositif interne de gestion des emplois et des parcours professionnels, une charge qui ne s'est logiquement pas répétée cette année. Évidemment, c'est le revers de la médaille, la dette nette bondit à 35,7 milliards d'euros, portant le ratio d'endettement à 2,4 fois l'EBITDAaL, un niveau qu'Orange promet de ramener autour de 2 fois à moyen terme.

L'autre dossier qui fait beaucoup parler, c'est le protocole d'accord signé début juin avec Bouygues Telecom et Free pour racheter SFR à Altice, moyennant environ 5,6 milliards d'euros pour la part d'Orange. À la clé, près de 4 millions de clients mobile, 1 million d'abonnés fixe et 47 MHz de spectre supplémentaire, qui feraient d'Orange le plus gros détenteur de fréquences du pays. La signature définitive est attendue au second semestre 2026, mais la finalisation, elle, ne devrait pas intervenir avant le second semestre 2027, une fois le feu vert de l'Autorité de la concurrence obtenu. Orange, qui officiellement veut rester prudent, rappelle d'ailleurs qu'à ce stade, rien ne garantit que l'opération aille jusqu'au bout.

Ces emplettes se reflètent dans les comptes du groupe, dont le chiffre d'affaires mondial grimpe à 20,9 milliards d'euros (+3,5%) et l'EBITDAaL à 6,1 milliards (+5%), tirés aussi par l'Afrique et le Moyen-Orient. Le cash-flow organique bondit de 30% à 2,2 milliards d'euros, et Orange a relevé ses objectifs annuels tout en fixant son dividende à 0,79 euro par action. Le dernier chantier en date dont nous voulions vous parler, c'est le projet de coentreprise avec Morrison, un spécialiste des investissements dans les infrastructures, pour bâtir une plateforme de data centers dits « souverains » en France. La capacité visée est de 400 mégawatts, soit dix fois plus que le parc actuel du groupe.