La branche espagnole d'Orange vient de s'arroger un record mondial que l'industrie n'attendait pas avant plusieurs années. Un transfert réel, sur un câble terrestre en service, pas depuis un laboratoire.

MasOrange, fruit de la fusion d'Orange España et de MásMóvil, a atteint 2 térabits par seconde (Tb/s) sur son réseau de transmission optique terrestre à Madrid. Comme le rapporte le blog officiel de l'opérateur, le transfert a utilisé un unique canal optique, sans modification du câble en place. C'est le troisième bond de performance consécutif en quinze mois : 1,2 Tb/s en décembre 2024, puis 1,6 Tb/s en novembre 2025.
MasOrange pulvérise son record mondial de débit sur câble terrestre
MasOrange décrit ce résultat comme « la première transmission de données à 2 Tb/s sur une seule longueur d'onde au monde, sur réseau commercial ». La technologie repose sur un câble terrestre existant, sans travaux supplémentaires. Pour illustrer l'échelle, ce débit permettrait de transporter simultanément 800 000 chaînes HD ou 160 000 flux en 4K Ultra HD.
Sur un seul canal. Óscar Andrés, responsable du projet chez MasOrange, résume l'objectif : « préparer le réseau pour les services du futur ». Il cite l'intelligence artificielle, le 5G Advanced et, à l'horizon, le 6G. Ce record constitue l'un des six critères techniques que l'opérateur a définis pour caractériser un réseau de transmission de nouvelle génération. L'opérateur y intègre également le déploiement du 50G-PON et des gestionnaires d'exploitation autonomes pilotés par l'IA.
Orange pose ses jalons
Cette performance ne surgit pas du néant. En France, Orange avait déjà testé le 50G-PON en conditions réelles à Lyon et à Marseille en octobre 2025. L'opérateur y avait atteint 40 Gbit/s sur le dernier kilomètre jusqu'à l'abonné. Deux technologies, deux niveaux de réseau distincts. Le 50G-PON cible la connexion jusqu'au foyer. Le 2 Tb/s, lui, vise la dorsale, ce réseau de transport qui relie les grandes métropoles entre elles.
Orange reste l'opérateur fixe préféré des Français selon l'ARCEP en 2026, mais cette stratégie d'infrastructure cible d'abord les entreprises et le marché de gros. Ce sont eux qui paient le coût réel d'une bande passante garantie à grande échelle. La question reste entière : à quel horizon ces capacités percoleront-elles jusqu'à l'abonné ordinaire ?