On vous vend des débits « incroyables » à la maison. Pendant ce temps, en labo, la fibre avale des montagnes de données à une vitesse absurde. Le genre de chiffre qui fait rire votre box.

Fibre optique - © Shutterstock
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Pour une fois, le mot « record » n’est pas un abus de langage. Comme le rapporte TechRadar, une équipe liée à la NICT au Japon et à l’université d’Aston au Royaume-Uni annonce une transmission à 430 Tb/s sur une fibre dite standard. Vous pensiez que la fibre avait déjà donné tout ce qu’elle avait ? Détrompez vous, il restait des marges, mais pas là où vous regardez.

430 Tb/s sur une fibre « standard », vraiment ?

Le chiffre posé est 430,2 Tb/s, annoncé par la NICT avec des partenaires internationaux, en battant leur précédent record à 402 Tb/s. La démonstration a été présentée à l’ECOC 2025, à Copenhague, lors d’une session « post deadline » le 2 octobre 2025. Point clé, l’essai utilise une fibre conforme à une norme déjà existante.

Le tour de passe passe technique tient à un mélange de bandes optiques. L’équipe combine une transmission en mode unique sur les bandes E, S, C et L, et une transmission à trois modes sur la bande O, avec des longueurs d’onde plus courtes. Résultat, une capacité poussée très haut, tout en utilisant environ 20% de bande passante totale en moins que le système précédent, selon la NICT. Un détail, et pas des moindres : ce genre de record sort d’un environnement contrôlé, pas d’un réseau public avec ses aléas, ses connecteurs fatigués et ses contraintes d’exploitation.

Ce que ça change, et ce que ça ne change pas

Ce record ne signifie pas que votre appartement va passer à 430 Tb/s. Il faut contextualiser : les normes sans fil (5G, 6G, et hypothétiquement 7G) auront besoin de « tuyaux » en fibre optique capables de supporter des trafics massifs aux points d'accès. Multiplier par dix la capacité d'une fibre standard rassure les chercheurs quant aux goulots d'étranglement futurs, mais reste surtout une démonstration de faisabilité scientifique, loin d'un déploiement programmé. Ce record nous dit aussi autre chose, plus utile pour l’industrie : les fibres déjà posées peuvent encore encaisser davantage, si l’électronique et les méthodes de modulation suivent. En clair, on parle d’optimisation des « tuyaux » du cœur de réseau, des liaisons entre centres de données, et des métros, pas d’un cadeau immédiat pour le grand public.

Ça remet aussi en perspective les annonces plus proches de chez nous. Orange a par exemple testé du 50G PON en conditions réelles en France, avec des débits annoncés pouvant atteindre 40 Gbit/s, ce qui est déjà colossal à l’échelle d’un accès. La différence est simple : Orange parle d’un futur de déploiement et de compatibilité réseau, la NICT parle d’un plafond physique repoussé en labo.

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Autre rappel utile, la course à la vitesse n’a pas une seule voie. Il y a quelques mois, nous évoquions la « fibre creuse » poussée par Lumenisity, une entreprise rachetée par Microsoft, avec l’idée d’accélérer la propagation de la lumière et de réduire les pertes, jusqu’à 0,091 dB par kilomètre dans une publication citée. Prometteur, mais là encore, la mise à l’échelle, les coûts et la standardisation restent les vrais juges de paix, avec un horizon de plusieurs années avant un usage large.

Enfin, difficile de ne pas faire le lien avec les démonstrations d’infrastructures géantes et très politiques, comme le réseau expérimental chinois CENI. CENI revendiquait des transferts à très haut débit, autour de 100 Gbit/s soutenus dans un exemple publié, mais surtout un objectif de plateforme de test nationale. La morale est un peu cruelle : les records font rêver, les réseaux qui comptent se construisent à coups de budgets, de normes et de maintenance.

Source : Tech Radar