Le président américain annonce l’ouverture d’une enquête commerciale contre l’Union européenne, après une nouvelle amende record infligée à un géant américain de la recherche en ligne. Donald Trump évoque déjà de possibles droits de douane.

Trump promet une enquête contre l'UE après les amendes infligées aux géants américains de la tech - ©Below the Sky / Shutterstock
Trump promet une enquête contre l'UE après les amendes infligées aux géants américains de la tech - ©Below the Sky / Shutterstock

Le POTUS ne semble pas aimer mettre la main au portefeuille. Nous vous rapportions que la Commission européenne a infligé à Google une amende de 890 millions d’euros, un record depuis l’entrée en vigueur du Digital Markets Act (DMA). Selon Bruxelles, Google met en avant ses propres services dans les résultats de recherche, et écope pour cela de 460 millions d’euros. Pour les 430 autres millions d’euros, l’UE sanctionne les restrictions que Google impose aux développeurs du Play Store, empêchés de rediriger leurs utilisateurs vers des boutiques concurrentes. La même semaine, AliExpress s’était aussi pris une amende de 550 millions d'euros à AliExpress, cette fois au titre du DSA. Quelques heures après l’annonce sur Google, Donald Trump a publié un message sur les réseaux sociaux pour dénoncer la sanction et annoncer l’ouverture d’une enquête commerciale contre l’Union européenne, avec en ligne de mire de nouveaux droits de douane, son chiffon rouge favori.

Un outil commercial que Washington a déjà utilisé contre l’Europe

Le représentant américain au commerce peut, en vertu de l’article 301 du Trade Act de 1974, enquêter sur des pratiques étrangères jugées injustifiables, déraisonnables ou discriminatoires envers le commerce américain. En cas de conclusions défavorables, l’administration américaine pourrait imposer des droits de douane ou d’autres restrictions commerciales. Washington ne s’en sert pas pour la première fois contre Bruxelles. Lors du conflit de la banane, en 1997 et 1998, les États-Unis avaient déjà brandi cette même arme contre l’Union européenne. L’outil a surtout servi contre la Chine, à partir de 2018, lorsque la première administration Trump avait imposé des droits de douane sur des centaines de milliards de dollars de marchandises chinoises. En juin, la seconde administration Trump avait déjà ouvert six enquêtes fondées sur l'article 301, dont quatre étaient toujours en cours. Le 23 juillet, des droits de douane de 10 % sont par ailleurs entrés en vigueur sur les importations venues de plus de 60 pays, dans le cadre d’une procédure distincte liée au travail forcé.

Trois jours avant le message de Donald Trump, 25 parlementaires républicains avaient adressé une lettre au président pour lui demander d’utiliser l'article 301 contre le DMA et le DSA. Selon ces élus, les deux textes désavantagent les entreprises technologiques américaines et ouvrent la porte à leurs concurrents étrangers sur le marché américain. Les autorités européennes rétorquent que les règles s’appliquent selon la taille et le pouvoir de marché des entreprises, indépendamment de leur nationalité. Donald Trump avait déjà menacé de gonfler les droits de douane contre les pays régulant la tech américaine, en septembre dernier.

Sur Truth Social, il a écrit que les États-Unis ne seraient plus la « PIGGYBANK » de l’Europe, avec toute la diplomatie qu’on lui connaît.

Le message de Donald Trump ne concerne pas seulement Google. Le président y associe Apple, Meta et Amazon aux mêmes griefs contre les régulateurs européens - ©Framalicious / Shutterstock
Le message de Donald Trump ne concerne pas seulement Google. Le président y associe Apple, Meta et Amazon aux mêmes griefs contre les régulateurs européens - ©Framalicious / Shutterstock

Apple, déjà engagée dans son propre bras de fer avec Bruxelles

Le message de Donald Trump ne concerne pas seulement Google. Le président y associe Apple, Meta et Amazon aux mêmes griefs contre les régulateurs européens. Depuis avril 2025, Apple affronte pourtant Bruxelles dans un autre dossier, ouvert après une amende de 500 millions d’euros pour ne pas avoir permis aux développeurs de rediriger leurs utilisateurs vers des systèmes de paiement extérieurs à l’App Store. L’entreprise a fait appel en juillet 2025, en avançant que les exigences de la Commission dépassent ce que prévoit le Digital Markets Act.

Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, a critiqué la sanction infligée à son entreprise. Il affirme que la conformité au DMA oblige Google à retirer des fonctionnalités appréciées par les utilisateurs européens, comme l’affichage des prix en temps réel pour les hôtels ou les vols. Les autorités européennes défendent ces règles anti-contournement, jugées nécessaires pour donner aux consommateurs l’accès à des offres concurrentes.

L'’enquête ouverte par Washington ne peut pas annuler les décisions de la Commission. Seuls les régulateurs ou les juges européens ont le pouvoir de lever l’amende infligée à Apple sur ce cas.

Source : Apple Insider