Intel vient de livrer des résultats trimestriels qui ont pulvérisé les attentes de Wall Street, avec une croissance de 25 % portée par l’explosion de la demande en data centers. Un an après avoir été sauvé de justesse par l’État américain, le fondeur signe sa meilleure performance depuis près de 15 ans. Chapeau.

Il n’y a pas si longtemps, Intel donnait l’image d’un géant en perdition. Le groupe a non seulement perdu son avance technologique dans la fabrication de puces, mais il a surtout raté le virage de l’intelligence artificielle (IA), largement accaparé par NVIDIA, accumulant les pertes financières.
Arrivé aux commandes l’an dernier, Lip-Bu Tan a entrepris de redresser la barre, notamment en orchestrant un accord avec la Maison-Blanche. Il a aussi sécurisé des investissements de NVIDIA et de SoftBank. Un pari qui commence très clairement à payer.
Des chiffres qui claquent
Car sur le deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires d’Intel a atteint 16,1 milliards de dollars, soit une hausse de 25 % sur un an. Un score très supérieur à ce qu’attendaient les analystes, qui tablaient plutôt autour de 14,4 milliards de dollars.
C’est surtout sa branche data centers qui tire la croissance : ses ventes ont bondi de 59 % sur la période. La division fonderie, qui fabrique des puces pour le compte d’autres entreprises, progresse elle aussi fortement, avec 5,8 milliards de dollars de revenus, soit une augmentation de 31 % en glissement annuel. À noter, malgré tout, qu’elle reste déficitaire.
Le groupe se montre également optimiste pour la suite et anticipe entre 15,8 et 16,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, là encore au-dessus de ce qu’attendait le marché. Autre indicateur encourageant, la rentabilité s’améliore nettement : la part du chiffre d'affaires qui reste après avoir payé les coûts de fabrication est passée à 42 %, contre seulement 2,5 % un an plus tôt.

Le pari de la revanche
Ce redressement s’explique en partie par un changement de fond dans l’écosystème de l’IA. Jusqu’ici, l’essentiel de la demande portait sur les GPU de NVIDIA, taillés pour entraîner les modèles. Mais à mesure que les entreprises passent de la phase d’entraînement à celle de l’utilisation au quotidien, les processeurs classiques (CPU), spécialité historique d’Intel, redeviennent essentiels.
Sur le terrain commercial, Intel a ainsi signé une dizaine d’accords de long terme avec de gros clients data centers, certains portant sur les prix, d’autres sur les volumes de puces à livrer. Un moyen idéal de sécuriser les revenus futurs. Tout n’est pas rose pour autant, car Intel a malgré tout essuyé une perte nette de 11 milliards de dollars sur le trimestre, liée à un ajustement comptable autour des actions détenues par l’État américain.
Mais il suffit de s’attarder sur le cours de son action pour comprendre la tendance : il a explosé de 170 % depuis le début de l’année. Une progression que l’on pensait, il y a encore peu, quasi impossible. Comme quoi.