À quelques jours du sommet du G7 d'Évian, l'armée de l'Air et de l'Espace déploie un dispositif particulier de sûreté aérienne pour surveiller et protéger l'espace aérien. Une opération impressionnante, menée en un temps record.

Pendant que les délégations du G7, qui a lieu du 15 au 17 juin 2026, peaufinent leurs agendas, l'armée de l'Air et de l'Espace s'active discrètement autour d'Évian, où aura lieu la grande réunion. Sous la responsabilité du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), plusieurs unités spécialisées transforment des terrains vierges en emprises militaires opérationnelles, pour y déployer des capacités autonomes et les connecter dans une architecture de commandement unifiée. Tout un dispositif de défense aérienne prend forme.
Comment l'armée de l'Air et de l'Espace sécurise l'espace aérien du G7 d'Évian 2026
Dans son dispositif de sécurisation du G7, il y a d'abord le 25e régiment du génie de l'air (RGA), qui est parmi les premiers à intervenir sur les sites retenus. Il a pour mission de transformer des emprises brutes en zones militaires pleinement exploitables, d'y ouvrir des accès, de stabiliser les sols et d'aménager les terrains. En quelques jours à peine, les sites doivent être prêts à accueillir les unités qui s'y déploieront.
Les bâtisseurs de l'Escadre aérienne d'appui aux opérations (EAAO) prennent ensuite le relais, avec un gros défi, qui consiste à faire surgir un dispositif complet, capable de fonctionner en totale autonomie. Qu'il s'agisse de structures modulaires, de production d'énergie, de défense sol-air ou de coordination, chaque brique est conçue pour s'intégrer dans l'ensemble, tout en opérant de façon indépendante.
Au bout du compte, ce sont plusieurs camps autonomes qui émergent progressivement autour d'Évian. L'armée de l'Air et de l'Espace compte sur sa capacité dite « d'entrée en premier », l'un de ses savoir-faire, porté par des qualités de réactivité, de mobilité et de continuité d'action. Et pour accompagner cette discrète montée en puissance, on retrouve les « Aviateurs-bâtisseurs » du Commandement territorial (CTAAE), qui s'ils sont méconnus du grand public, restent décisifs sur le terrain.

Sans réseau de commandement, pas de sécurité aérienne possible au G7 d'Évian
Une fois les camps opérationnels, il faut les connecter, comme nous le disions plus haut. Les spécialistes SIC (systèmes d'information et de communication) de l'Escadre aérienne de commandement et de conduite projetable (EAC2P) entrent alors en jeu. Ils sont chargés de tisser le réseau qui permettra au CDAOA de piloter en temps réel l'ensemble des opérations aériennes.
Il y a les antennes, les câbles, et tout l'enjeu est que chaque composante du dispositif puisse partager ses données instantanément avec les autres. Que ce soit pour la défense sol-air, la surveillance aérienne et la coordination des unités, sans cette fluidité d'échange, la protection du ciel ne peut être réellement efficace.
Cette architecture SIC offre au Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) une vision consolidée de la situation aérienne, forcément mise à jour en permanence. Mais au-delà du seul G7, voilà qui montre toute la capacité des armées françaises pour se projeter, pour connecter et soutenir dans la durée un dispositif aérien complet (dit « dispositif particulier de sûreté aérienne » ou DPSA), au service de la protection du territoire national.