Anthropic vient de franchir une étape décisive. La firme a officiellement déposé ses documents en vue d’une introduction en Bourse, possiblement dès cet automne. Une très mauvaise nouvelle pour OpenAI, qui pourrait redistribuer les cartes dans la course à l’intelligence artificielle (IA).

Anthropic passe à la vitesse supérieure. ©JRdes / Shutterstock
Anthropic passe à la vitesse supérieure. ©JRdes / Shutterstock

Fondée en 2021 par Dario Amodei et une poignée d’anciens d’OpenAI, Anthropic a longtemps été perçue comme l’outsider sérieux mais discret de la folle bataille qui se joue dans l’IA. Ce temps est révolu.

Portée par le succès viral de Claude Code auprès des développeurs, puis par Claude Cowork, la start-up a connu une croissance vertigineuse. Son chiffre d’affaires annualisé dépasse désormais les 47 milliards de dollars, contre 9 milliards fin 2025. Il y a quelques jours, elle bouclait une levée de 65 milliards de dollars auprès d’investisseurs de poids, portant sa valorisation à près de 1 000 milliards.

OpenAI sous pression

C’est dans ce contexte de momentum inédit qu’Anthropic a déposé confidentiellement, ce 1er juin, ses documents auprès des régulateurs américains, révèle le Wall Street Journal. Une étape préalable classique avant toute cotation en Bourse.

De quoi la faire passer dans une toute autre dimension. Outre l’accès à des fonds pour accélérer ses efforts et consolider sa position, une valorisation solide sur les marchés publics viendrait valider l’ensemble du secteur de l’IA générative aux yeux des investisseurs institutionnels, et pourrait déclencher une nouvelle vague de financements pour tout l’écosystème.

Les prochains mois s'annoncent donc inédits pour les marchés américains. Mais surtout, la pression est maximale sur OpenAI, elle qui travaille en parallèle sur son propre dossier, tandis que SpaceX va réaliser la plus grande introduction en Bourse (IPO) de l’Histoire dans quelques jours. Dans cette optique, les banques ont envoyé un message clair aux rivaux de l’IA : celui qui arrive en premier définit le secteur et capte l’essentiel des capitaux disponibles.

En effet, l’argent, même dans un marché favorable, n’est pas illimité. SpaceX va aspirer une part colossale des liquidités, laissant moins d’oxygène pour les suivants. Et les entreprises qui s’inscrivent en fin de cycle obtiennent généralement des valorisations moins favorables. Être premier, c’est aussi avoir la main pour raconter son histoire aux investisseurs, sans avoir à se comparer avec un concurrent déjà coté.

Claude AI
  • Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
  • Personnalisation avancée
  • Conception éthique
9 / 10

Pourquoi il faut être premier

Et malheureusement pour OpenAI, l’histoire prouve que l’ordre d’arrivée compte autant que la qualité du dossier. En 2019, Lyft a par exemple ouvert la voie face à Uber, avec un résultat décevant qui avait directement plombé la valorisation de son rival deux mois plus tard.

OpenAI pourrait connaître le même sort. D’autant que, malgré une valorisation de 852 milliards de dollars, l’entreprise de Sam Altman traîne une image de désorganisation qui fragilise son récit aux investisseurs. Une entrée en Bourse poussive de sa part offrirait à Anthropic une fenêtre en or. Mais l’inverse est aussi vrai : si OpenAI déçoit avant qu’Anthropic ne se lance, le marché pourrait sanctionner l’ensemble du secteur.

À noter, également, qu’Anthropic a ses propres vulnérabilités, notamment son contentieux juridique avec l’administration Trump, ses contraintes de capacité de calcul, et des entreprises qui commencent à rationaliser leurs dépenses en IA.

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