Anthropic poursuit une ascension tout bonnement vertigineuse : la start-up derrière Claude devrait devenir rentable pour la première fois de son histoire. Le coup de massue pour sa grande rivale, OpenAI.

En février, Anthropic était blacklistée par la Maison-Blanche après avoir refusé que Claude soit utilisé par le Pentagone pour certains usages. On la pensait alors dans un immense bourbier, il n’en est rien. Ses performances sont vertigineuses, avec 10,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires attendus pour le deuxième trimestre 2026, soit plus du double par rapport aux 4,8 milliards enregistrés sur l’exercice précédent. Mieux encore, son bénéfice opérationnel devrait atteindre les 559 millions de dollars, révèle The Wall Street Journal.
Croissance affolante
Il y a encore quelques mois, Anthropic elle-même tablait sur une rentabilité à l’horizon 2028 au plus tôt. La réalité a largement devancé ses propres projections. Sa croissance peut même être comparée à celle de Zoom pendant la pandémie, ou encore à Google et Facebook à l’approche de leurs introductions en Bourse.
Ce succès fulgurant repose avant tout sur l’explosion de la demande pour ses outils de code, et plus largement pour les capacités agentiques de Claude. Mais il s’explique aussi par une gestion bien plus rigoureuse que celle d’OpenAI. Car Anthropic dispose d’une base d’utilisateurs majoritairement professionnelle, ce qui lui évite de devoir subventionner des millions d’utilisateurs gratuits comme le fait ChatGPT. En conséquence, au deuxième trimestre, elle ne devrait dépenser que 56 centimes en puissance de calcul pour chaque dollar gagné, contre 71 centimes au trimestre précédent.
De même, l’entreprise s’appuie principalement sur les puces de Google et Amazon, généralement moins coûteuses que celles de NVIDIA, et a adopté une approche bien plus prudente qu’OpenAI dans ses engagements de dépenses. Un deal monstre avec SpaceX est venu compléter le tableau ces dernières semaines, lui ouvrant l’accès à Colossus, le gigantesque centre de données de l’entreprise d’Elon Musk. Un partenariat difficile à imaginer pour OpenAI, tant l’animosité entre Sam Altman et Elon Musk est profonde.

- Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
- Personnalisation avancée
- Conception éthique
Une bonne nouvelle pour les investisseurs
À noter, malgré tout, qu’Anthropic elle-même ne garantit pas de rester dans le vert sur l’ensemble de l’année : ses besoins colossaux en infrastructure pourraient peser lourd dans les trimestres à venir. Mais franchir ce cap au moment précis où elle prépare son entrée en Bourse n’est pas anodin. C’est un signal fort envoyé aux investisseurs, alors qu’elle se prépare à un nouveau tour de table qui propulsera sa valorisation au-delà de celle d’OpenAI.
Une guerre dans laquelle les deux camps ne jouent d’ailleurs pas tout à fait avec les mêmes règles. Car Anthropic comptabilise dans ses revenus les ventes réalisées via ses partenaires cloud, contrairement à sa concurrente. Une différence comptable qui a son importance, et qu’OpenAI n’a pas manqué de pointer du doigt, accusant la start-up de gonfler artificiellement ses chiffres.
Anthropic, de son côté, assure que cette méthode est parfaitement conforme aux pratiques comptables standard. À chacun d’en tirer ses propres conclusions.