L'entreprise à l'origine de ChatGPT veut créer un grand coup avec sa future entrée en bourse. Mais cette opération gigantesque crée aussi un certain scepticisme, et pour plusieurs raisons.

OpenAI est la société qui a créé l'incroyable folie autour de l'intelligence artificielle dans laquelle l'on vit depuis plus de trois ans. La firme de Sam Altman a aussi, entretemps, montré un appétit féroce pour les méga-financements, dont une dernière levée de fonds à l'ampleur gigantesque. Sa prochaine entrée en bourse devrait aussi être un moment historique, vu le niveau de valorisation qui est attendu. Mais si le marché est clairement excité, il y a aussi pas mal de scepticisme autour de cette opération.
La capitalisation attendue d'OpenAI considérée comme trop élevée par des investisseurs
OpenAI va-t-il marquer l'histoire avec son entrée en bourse ? Pour essayer de voir à quoi l'on peut s'attendre, The Information a interrogé 11 investisseurs en bourse pour connaître leur opinion sur l'opération. Et s'ils reconnaissent tous la place unique prise par OpenAI dans le monde de l'intelligence artificielle, ils ont aussi pointé du doigt un certain nombre d'éléments problématiques.
Le premier tient au rapport entre la capitalisation d'OpenAI et ses revenus, un indicateur toujours très observé. Or la société cherche à atteindre une valorisation de 850 milliards de dollars avec son entrée en bourse. Si l'on part du principe qu'OpenAI générera cette année 30 milliards de dollars de revenus, on obtient un multiple très élevé de 28.

La concurrence et l'ampleur des infrastructures créent des doutes dans le marché
Et ça n'est pas le seul facteur qui sème le doute chez certains. Les investisseurs interrogés ont aussi rappelé qu'OpenAI opérait dans un secteur extrêmement compétitif, et que son avantage de locomotive était érodé par la montée en puissance d'alternative, comme Anthropic - dont on parle beaucoup en ce moment.
Autre fragilité, il a été noté que l'intelligence artificielle, pour son développement, nécessite la construction de larges réseaux de data centers, infrastructures extrêmement coûteuses à mettre en place. Les investisseurs se demandent si les coûts qu'ils représentent pourront être soutenables à court terme si jamais la demande reculait ou changeait de manière inattendue.
Source : The Information