Microsoft a décidé de couper ses licences Claude Code. Non pas parce que l’outil déçoit, mais car il est bien trop performant : ses développeurs l’utilisent tellement que la facture est beaucoup trop salée.

Claude Code a été adopté chez Microsoft il y a six mois. ©aileenchik / Shutterstock
Claude Code a été adopté chez Microsoft il y a six mois. ©aileenchik / Shutterstock

En fin d’année dernière, le géant de Redmond ouvrait l’accès à Claude Code à des milliers de ses ingénieurs, chefs de projet et designers. Une initiative alors présentée comme un exercice d’apprentissage pour évaluer les outils de code par intelligence artificielle (IA) en conditions réelles. Mais ce déploiement a logiquement interrogé : Microsoft, qui dispose pourtant de ses propres modèles maison, paye un concurrent direct pour équiper son propre personnel.

Mais la fête est finie. La division Experiences & Devices, qui développe Windows, Microsoft 365, Outlook, Teams et Surface, devra abandonner Claude Code d’ici au 30 juin 2026, date de clôture de l’exercice fiscal de Microsoft. À partir de là, les équipes basculeront sur GitHub Copilot CLI, l’outil interne que le groupe entend désormais imposer comme standard.

Claude Code est si puissant qu’il coûte beaucoup trop cher

Rajesh Jha, vice-président de l’unité concernée, justifie cette décision par l’unification des outils. Grosso Modo, Microsoft veut un produit qu’elle peut façonner directement avec GitHub, adapté à ses propres dépôts, flux de travails et exigences de sécurité. Mais en réalité, c’est surtout la note de frais qui a précipité l’entreprise à changer son fusil d’épaule.

Le problème vient du modèle de facturation de l’IA agentique. Car, contrairement à un abonnement logiciel classique facturé au nombre d’utilisateurs, les outils d’IA agentique comme Claude Code fonctionnent à la consommation de tokens, les unités de base que le modèle traite pour générer une réponse. Plus le modèle réfléchit, plus il en consomme. Et Claude Code, en tant qu’agent, réfléchit beaucoup.

Quand un chatbot répond à une question et s’arrête, un agent de code, lui, analyse un projet entier, planifie des étapes, génère du code, vérifie ses propres erreurs, etc. Le tout parfois pendant des heures, en parallèle sur plusieurs tâches. Ainsi, une simple session peut avaler autant de tokens qu’une centaine d’échanges conversationnels classiques. Dans ce contexte, les développeurs qui utilisent l’outil toute la journée peuvent générer entre 500 et 2 000 dollars de coûts mensuels chacun, un compteur qui tourne même quand personne ne regarde.

Claude AI
  • Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
  • Personnalisation avancée
  • Conception éthique
9 / 10

Un modèle que personne n’avait anticipé

Et c’est une réalité qui commence à avoir des conséquences dans l’industrie. En avril, Uber a révélé avoir épuisé l’intégralité de son budget de codage par IA prévu pour 2026 en seulement quatre mois. Entre janvier et mars, le taux d’adoption de Claude Code était passé de 32 % à 84 % au sein d’une organisation de 5 000 ingénieurs. Car aujourd’hui, environ 70 % du code produit chez la société est généré par l’IA.

Problème, personne n’avait anticipé une adoption aussi rapide, ni les volumes de tokens que cela entraînerait. Et ce déséquilibre commence à être documenté à grande échelle. Le cabinet Gartner estime ainsi que 25 % des budgets IA prévus pour 2026 seront reportés à 2027, faute de retour sur investissement suffisant.

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