Microsoft investit des milliards dans l'IA, mais seulement 3,3 % de ses utilisateurs Microsoft 365 paient pour Copilot. Pendant ce temps, les CGU du service le décrivent comme un outil « destiné uniquement au divertissement ».

Deux révélations distinctes jettent une lumière crue sur les difficultés de Microsoft avec son assistant conversationnel. D'un côté, les conditions générales d'utilisation de Copilot qualifient explicitement le service de simple outil de divertissement. De l'autre, les données financières montrent qu'à peine 3,3 % des abonnés Microsoft 365 acceptent de débourser pour accéder à la version payante de l'assistant IA. Un écart saisissant avec les investissements massifs consentis par le géant de Redmond, qui a englouti 37,5 milliards de dollars dans ses projets liés à l'intelligence artificielle lors du dernier trimestre fiscal.
Des conditions d’utilisation qui insistent sur les limites de Copilot
Microsoft ne cherche même plus à dissimuler les limites de son outil. Dans ses conditions d’utilisation, mises à jour le 24 octobre dernier, l’entreprise indique que « Copilot est destiné uniquement au divertissement » et précise qu’il « peut faire des erreurs » ou « ne pas fonctionner comme prévu ». Elle recommande également de ne pas s’y fier pour des conseils importants et rappelle que son usage se fait « à vos propres risques ».
Interrogé par PCMag, un porte-parole du groupe a toutefois reconnu que ces formulations ne correspondent plus à l’état actuel du produit. Il évoque un vocabulaire ancien, amené à évoluer prochainement : « À mesure que le produit a évolué, ce langage ne reflète plus la façon dont Copilot est utilisé aujourd’hui et sera modifié lors de notre prochaine mise à jour ».
Ce type de mise en garde n’est pas propre à Microsoft. D’autres acteurs du secteur adoptent une approche similaire. xAI indique que ses réponses ne doivent pas être prises comme « la vérité », tandis qu’OpenAI précise que ses outils ne constituent pas « une source unique de vérité ou d’information factuelle ».
Une adoption payante limitée au regard du nombre d’utilisateurs
Le PDG Satya Nadella vante une base d'utilisateurs multipliée par trois en un an, incluant discussions IA, fil d'actualités, recherche, navigation, achats et « intégrations dans le système d'exploitation ». Problème : ces chiffres englobent l'ensemble des fonctionnalités gratuites de Copilot.
La réalité économique se révèle moins flatteuse. Sur les quelque 450 millions d'utilisateurs Microsoft 365 et Office 365 ayant accès à Copilot Chat, seuls 3,3 % souscrivent à l'offre payante, selon un précédent rapport de The Register. Microsoft facture pourtant ce service 30 dollars par utilisateur et par mois depuis son lancement en 2023, promettant un outil de productivité intégré à Word, Outlook, Teams, Excel et PowerPoint.
La firme revendique 15 millions de licences payantes, ce qui représente une croissance de 160 % en un an. Mais, rapporté à la base totale d'abonnés, le résultat reste marginal. Amy Hood, directrice financière de Microsoft, a balayé les critiques sur le retour sur investissement, estimant que mesurer les dépenses IA uniquement à l'aune de la croissance d'Azure constituait « le mauvais étalon » .
Source : Tech Crunch