Microsoft veut s'imposer comme l'un des leaders de l'intelligence artificielle (IA) sur le long terme, mais cette conversion n'est pas sans obstacles. Au point que beaucoup de posent des questions légitimes sur sa capacité à surpasser ses rivales.

Après avoir investi plusieurs milliards dans OpenAI, Microsoft s'est fixée pour objectif de devenir un cador de l'IA au même titre que ses prouesses dans le cloud. Mais force est de constater qu'aujourd'hui, Copilot est à la traîne par rapport à d'autres chatbots, et une nouvelle enquête du Wall Street Journal témoigne de l'ampleur de la déroute.
Chiffres probants
Depuis plusieurs mois, le géant de Redmond doit faire face à de vives critiques sur son IA : non seulement les usagers estiment qu'on les oblige à utiliser la technologie intégrée dans Windows et Edge, mais ils dénoncent aussi un manque de continuité entre les différentes versions de l'assistant (grand public, entreprise, développeurs).
Et les chiffres sont catégoriques. Seule une minorité d'utilisateurs exploite réellement Copilot : à peine 15 millions de licences actives sur plus de 450 millions d’abonnements Microsoft 365. Pire, sa part d'utilisateurs qui en font leur outil principal recule, passée d'environ 19 % à 11 % en quelques mois, tandis que ChatGPT et Gemini gagnent du terrain. Une large part des licences payées reste même inutilisée dans de nombreuses entreprises.
A contrario, les outils rivaux deviennent de plus en plus populaire, à l'instar de Claude Cowork. Cette solution développée par Anthropic permet de travailler de manière fluide à travers diverses applications professionnelles, le tout sans changer d'outil ni perdre le contexte.

Microsoft veut s'appuyer sur sa base d'utilisateurs dans le cloud
Les critiques se multiplient aussi en interne. Des salariés dénoncent une organisation trop cloisonnée entre les équipes en charge des différentes versions de Copilot, compliquant la construction d'une vision unifiée. À cela s’ajoutent des limites techniques, notamment un manque de puissance de calcul pour entraîner des modèles maison, alors que Microsoft continue de largement dépendre des IA d'OpenAI.
Bien sûr, la firme ne baisse pas les bras, loin de là. La direction assure, par exemple, que l'usage quotidien de Copilot progresse fortement d'une année sur l'autre. Le groupe parie surtout sur son atout majeur : des centaines de millions d'utilisateurs de Microsoft 365. Il est convaincu que, mieux intégré et plus lisible, Copilot finira par s'imposer dans le quotidien des travailleurs.
Mais le doute plane malgré tout. C'est, d'ailleurs, la hantise du P.-D.G Satya Nadella : ancienne de plus de 50 ans, Microsoft pourrait finalement être surpassée par toute une salve de jeunes pousses plus dynamiques et adaptées à un écosystème en pleine révolution.
Source : The Wall Street Journal