Rocket Lab vient de frapper un grand coup. L’entreprise californienne annonce l’acquisition de Motiv Space Systems, spécialiste de la robotique spatiale à l’expérience déjà bien garnie. Ses ambitions sont immenses.

Si son nom est peu connu, Motiv Space Systems s’est pourtant forgé une réputation solide dans l’ombre des grandes missions spatiales. Ses 50 ingénieurs et techniciens, basés à Pasadena en Californie, ont conçu des bras robotiques, des actionneurs et des systèmes de contrôle de mouvement qui ont permis certaines des explorations planétaires les plus ambitieuses de l’Histoire. Parmi elles, le rover Perseverance de la NASA, actuellement en activité sur Mars, et les rovers lunaires CADRE.
Rocket Lab veut répondre aux besoins de la NASA
Avec Motiv dans son escarcelle, renommée Rocket Lab Robotics, l’entreprise peut désormais proposer quelque chose qu’aucun autre acteur privé n’offre vraiment : une solution complète pour aller sur Mars. Cela comprend le lancement avec ses fusées Electron ou Neutron, qui voit voler pour la première fois cette année, ainsi qu’une solution robotique éprouvée sur le terrain martien, en passant par la conception du vaisseau et des logiciels embarqués.
« Avec Motiv, nous avons tout ce qu'il faut pour mener la prochaine ère de l'exploration de Mars », commente Peter Beck, P.-D. G et fondateur de Rocket Lab. Un sujet actuellement brûlant, alors que la NASA accélère pour occuper la Lune en vue, à terme, d’explorer Mars.
Rocket Lab lorgne précisément sur deux programmes. D’abord, la mission commerciale de retour d’échantillons martiens, le Mars Sample Return, plombée par des dépassements de budget. Un vide que la firme entend bien combler en se positionnant comme l’alternative commerciale la plus crédible du marché. Elle espère aussi avoir un coup à jouer dans le cadre du futur réseau de télécommunications martien de la NASA.

Profiter de l’élan du spatial
Mais l’ambition de Rocket Lab ne s’arrête pas à la planète rouge. Le rachat de Motiv répond aussi à une logique industrielle très terre-à-terre : fabriquer des satellites à grande échelle en interne.
Rocket Lab Robotics apporte notamment la maîtrise des mécanismes d’orientation des panneaux solaires, des composants critiques pour les futurs data centers orbitaux, qui nécessiteront plus de 100 kilowatts de puissance. Sans oublier les applications défense, où la robotique autonome devient un atout stratégique dans les environnements les plus hostiles.
L’acquisition s’inscrit dans un contexte clair : le secteur spatial privé est en pleine ébullition alors que les contrats se multiplient et les programmes s’accélèrent. Rocket Lab, dont le cours de l’action explose ces dernières semaines, construit discrètement son empire pour tirer profit de cette tendance.