Les plans de SpaceX se dessinent sous nos yeux. L’entreprise ne compte pas uniquement déployer ses propres data centers en orbite, mais aussi ceux de la concurrence.

Car depuis le début de l’année, Elon Musk fait des data centers orbitaux l’un des objectifs principaux de SpaceX. Une manière, entre autres, de légitimer la fusion avec xAI. La société a même déposé une demande pour lancer jusqu’à 1 million de centres de données dans l’espace, mais elle n’est pas la seule à envisager un tel dispositif.
Le projet Suncatcher cherche un lanceur
C’est aussi le cas de Google. Le géant de Mountain View développe en effet son propre projet sous le nom de Suncatcher. L’idée : déployer un réseau de satellites en orbite, équipés de panneaux solaires et de ses propres puces d’intelligence artificielle, les Tensor Processing Units (TPU), pour former une sorte de cloud orbital dédié à l’intelligence artificielle (IA).
Mais il faut bien entendu pouvoir acheminer ces systèmes dans l’espace. SpaceX étant le leader incontournable dans les lancements, Google n’a d’autre choix que de se tourner vers sa technologie. À noter, tout de même, que la firme discute avec d’autres opérateurs de fusées, précise The Wall Street Journal.
« Nous enverrons de petits racks de serveurs dans des satellites, nous les testerons, puis nous commencerons à développer le projet à partir de là. Je suis convaincu que d’ici une dizaine d’années, nous considérerons cela comme une façon plus courante de construire des centres de données », expliquait récemment Sundar Pichai, P.-D. G de Google. Dans cette optique, le géant du Web a également conclu un partenariat avec Planet Labs, spécialiste de l’imagerie satellitaire.

Préparer l’entrée en Bourse
En l’espace de quelques jours, Elon Musk a multiplié les annonces de partenariats stratégiques : la start-up de code par IA Cursor, puis Anthropic la semaine dernière. Ce n’est pas un hasard, SpaceX préparant au mieux son introduction en Bourse prévue en juin. Et puisque les data centers orbitaux constituent l’un de ses grands arguments auprès des investisseurs, chaque collaboration avec un acteur majeur renforce la crédibilité du projet.
Reste que la technologie elle-même est loin d’être éprouvée. Oui, les data centers spatiaux présentent des avantages indéniables sur le papier : alimentés par l’énergie solaire, ils s’affranchissent des contraintes de consommation électrique qui pèsent lourdement sur les infrastructures terrestres, et suppriment le besoin d’immenses emprises foncières. Mais les défis d’ingénierie sont considérables.
Lancer, assembler et maintenir en orbite des infrastructures informatiques à grande échelle reste un problème largement non résolu. La dissipation thermique dans le vide, la résistance aux radiations, les coûts de lancement et la complexité des liaisons de données avec le sol rendent de nombreux experts du secteur franchement sceptiques. Et SpaceX le sait, l’entreprise ayant émis quelques réserves quant à la faisabilité de son initiative dans le fameux document S-1, obligatoire pour entrer en Bourse.