La guerre des data centers spatiaux est lancée, qu'on le veuille ou non. Et une fois de plus, c'est une histoire de milliardaires. Blue Origin, entreprise cofondée par Jeff Bezos, veut aussi déployer sa propre constellation.

Blue Origin veut aussi déployer des centres de données en orbite. ©Victor Sanchez G / Shutterstock
Blue Origin veut aussi déployer des centres de données en orbite. ©Victor Sanchez G / Shutterstock

C'est le nouveau dada d'Elon Musk, qui en fait son nouveau cheval de bataille depuis la fusion de SpaceX et xAI. Mais il n'est pas seul : la start-up Starcloud veut elle aussi déployer des milliers de centres de données en orbite. Et désormais, c'est au tour de Blue Origin d'entrer dans la danse : Jeff Bezos veut sa part du gâteau.

52 000 satellites IA

Après l'annonce de sa constellation de satellites TeraWave, l'entreprise se lance dans une nouvelle initiative d'ampleur. Dans une requête soumise à la Commission fédérale des communications (FCC), agence fédérale qui régule ce secteur, elle demande l'autorisation pour mettre en service 52 000 satellites capables d'effectuer des calculs d'intelligence artificielle (IA) en orbite.

C'est loin du 1 million de SpaceX, mais ça commence clairement à faire beaucoup… Le projet Sunrise, c'est son nom, viendrait ainsi compléter les centres de données terrestres en opérant dans un environnement exempt des encombrements qui ont compliqué le développement des installations au sol.

« En ajoutant de la puissance de calcul en orbite, cette constellation permettra d'accroître la capacité totale du secteur et d'introduire de nouvelles sources d'énergie propre pour les charges de travail informatiques », peut-on lire dans le document.

Portrait de Jeff Bezos. ©FotoField / Shutterstock
Portrait de Jeff Bezos. ©FotoField / Shutterstock

Craintes et défis

Si les géants de la tech assurent que les data centers orbitaux vont permettre de réduire l'empreinte carbone de l'IA sur Terre, de préserver les espaces au sol et d'alléger la charge sur les réseaux, beaucoup sont sceptiques sur la faisabilité de ces projets colossaux.

Car les défis techniques sont immenses : lancer et assembler des infrastructures de plusieurs tonnes en orbite représente un coût astronomique, même à l'ère de SpaceX. La question du refroidissement est également prépondérante, dans un environnement sans air ni eau. Sans parler de la maintenance, aucun technicien ne pouvant intervenir en cas de panne.

Et ce n'est pas tout. Des constellations aussi immenses poseraient de nouveaux défis, alors que la congestion orbitale inquiète déjà les experts. L'impact environnemental de la désorbitation, en plus des nuisances pour l'observation astronomique viennent encore alourdir le bilan.