Alors qu'un nombre croissant d'acteurs s'intéresse aux data centers orbitaux, une jeune pousse soumet une requête vertigineuse aux autorités américaines. Baptisée Starcloud, elle veut déployer une mégaconstellation de 88 000 satellites autour de la Terre.

C'est une technologie qui fait toujours plus de bruit au sein de la Silicon Valley : les data centers dans l'espace permettraient de contourner les nombreuses contraintes terrestres pour répondre à la demande exorbitante en puissance de calcul. Google travaille sur son propre dispositif, tandis que SpaceX envisage de déployer 1 million de centres de données en orbite. Si elle ne jouit pas de la réputation de ces mastodontes, Starcloud ne manque pas d'ambitions pour autant.
Soutenue par NVIDIA
Son objectif est de déployer 88 000 satellites capables de produire 5 gigawatts, en s'appuyant notamment sur les capacités colossales de la mégafusée Starship. Dans une requête déposée auprès de la Commission fédérale des communications (FCC), agence fédérale américaine, elle décrit des engins qui opéreront dans des orbites héliosynchrones crépusculaires, à des altitudes comprises entre 600 et 850 kilomètres. Un positionnement qui leur garantit une exposition solaire quasi permanente.
Pour les communications, ils s'appuieront principalement sur des liaisons optiques inter-satellites en s'interconnectant avec des constellations à large bande existantes comme Starlink, Amazon Leo et TeraWave de Blue Origin. « Starcloud travaillera également en étroite collaboration avec la communauté astronomique afin de préserver les observations essentielles, notamment en mettant en œuvre les mesures établies visant à réduire la luminosité », assure la société dans sa demande.
Starcloud, soutenue par une certaine NVIDIA, a déjà fait ses preuves. elle a lancé Starcloud-1, un satellite de 60 kilogrammes embarquant un processeur H100 du géant vert. Elle y a entraîné NanoGPT, un modèle de langage conçu par Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI, nourri de l'intégralité des œuvres de Shakespeare depuis l'orbite terrestre.
Le satellite a également fait tourner Gemma, le modèle open source de Google DeepMind désormais mis au placard : il répondait aux requêtes exactement comme le ferait un serveur au sol.

Beaucoup doutent sur la viabilité de cette technologie
Malgré tout, de nombreux analystes doutent encore des capacités réelles de data centers orbitaux. Car les radiations spatiales dégraderont forcément les composants électroniques, tandis que la maintenance en orbite demeure techniquement très difficile. De même, les débris spatiaux posent un risque croissant, et il semble aujourd'hui complexe d'ajouter autant de dispositifs à une orbite déjà congestionnée.
Pour l'heure, la FCC se montre en faveur de la démarche de Starcloud. L'agence a vient d'accepter sa demande pour l'examiner : s'il ne s'agit pas encore d'une autorisation définitive, c'est une première étape réglementaire indispensable avant tout déploiement à grande échelle.
Source : Space News