Ces derniers mois, plusieurs géants de la tech ont exprimé leur souhait de déployer des data centers en orbite. Mais les bases commencent déjà à être posées, par des acteurs plus discrets. Voici comment.

Rendu 3D généré par IA d'un data center en orbite. ©Shutterstock AI / Shutterstock
Rendu 3D généré par IA d'un data center en orbite. ©Shutterstock AI / Shutterstock

Kepler Communications, entreprise canadienne, exploite par exemple une constellation de petits satellites équipés de processeurs NVIDIA Orin, et reliés entre eux par des liaisons laser. Il s’agit, en quelque sorte, d’un fournisseur cloud, mais dans l’espace. Ses 18 clients peuvent ainsi y héberger des charges utiles, uploader du code, et faire traiter leurs données. Désormais, son partenariat avec une autre start-up va marquer une toute première en orbite.

Traiter les données où elles sont produites

Il s’agit de Sophia, et elle développe des ordinateurs spatiaux à refroidissement passif, c’est-à-dire sans ventilateurs ou liquides, ce qui réduit drastiquement le poids et le coût de lancement. Elle s'apprête à déployer et configurer son OS propriétaire sur plusieurs GPU répartis sur deux satellites de Kepler. C’est certes banal dans un data center terrestre, mais n’a jamais été fait dans l’espace.

Objectif : prouver que son logiciel fonctionne en conditions réelles en orbite. Cela peut paraître anodin, mais c’est précisément ce type d’étape qui conditionne toute la suite. Si le test est concluant, alors Sophia lancera ses propres satellites en 2027.

Kepler entend, de son côté, démontrer l’utilité de son réseau. À l’heure actuelle, celui-ci achemine et traite des données transmises depuis le sol ou collectées par des charges utiles embarquées à bord de ses propres engins spatiaux. Mais l’entreprise prévoit de commencer à se connecter à des satellites tiers afin de fournir des services de mise en réseau et de traitement.

Vue d'artiste d'un satellite en orbite terrestre. ©NicoElNino / Shutterstock.com
Vue d'artiste d'un satellite en orbite terrestre. ©NicoElNino / Shutterstock.com

Déterminant pour la suite

Et l’enjeu est crucial pour le calcul orbital, qui sera notamment constitué de réseaux de processeurs capables de traiter les données là où elles sont produites. L’intérêt est immédiat pour les capteurs les plus gourmands en bande passante, et ce n’est pas un hasard si l'armée américaine figure parmi les clients potentiels, alors qu’elle développe de nouveaux systèmes de défense antimissile reposant sur des constellations de satellites.

De quoi poser les bases pour la suite, alors que les géants comme SpaceX ou Blue Origin rêvent, eux, de déployer des data centers en orbite.