Le direction générale de l'Armement a annoncé lundi avoir commandé 16 véhicules radar VARDA auprès des Suédois Saab et Scania. L'armée de Terre compte sur eux pour moderniser ses capacités de détection aérienne basse couche.

La DGA, la direction générale de l'Armement, vient de commander 16 systèmes VARDA (véhicule avancé de détection aérienne), fruit d'un mariage technologique associant le radar en bande X Giraffe 1X du suédois Saab, installé sur un véhicule tactique Scania. En deux commandes passées en décembre 2025 puis avril 2026, la DGA tourne ainsi la page des trente ans de service des vieux radars NC1 30 et NC1 40. Leur remplaçant surveille le ciel à 360°, détecte aussi bien un micro-drone qu'un avion de combat à plusieurs kilomètres, et il sera opérationnel dès la fin 2026.
Pour remplacer ses vieux véhicules radars, l'armée française fait un pari suédois
Les véhicules radars NC1 30 et NC1 40 étaient entrés en service en 1995 ! Ils assurent depuis la surveillance aérienne basse couche de l'armée de Terre, autrement dit, la détection des menaces volant à faible altitude au-dessus des troupes déployées. Trente ans, c'est un bel âge pour du matériel militaire, mais c'est aussi le signe qu'il est grand temps de passer à autre chose. Faute de solution française disponible rapidement, la DGA a opté pour deux commandes successives auprès d'industriels suédois, à raison de huit systèmes en décembre 2025, et huit autres en avril 2026.
Pour gagner du temps, la DGA a activé la force d'acquisition réactive, dite FAR, qui est un dispositif créé en 2023 pour acheter du matériel militaire éprouvé, sur étagère, sans passer par les longues procédures d'acquisition habituelles. Au lieu d'attendre des années entre l'expression d'un besoin et la livraison, on choisit ce qui existe déjà et qui fonctionne. C'est comme ça que les deux industriels suédois ont décroché le contrat, avec Saab pour le radar, et Scania pour le véhicule qui le transporte.
Le radar Giraffe 1X a déjà foulé le sol français. Ça va vous rappeler des souvenirs, mais deux exemplaires avaient été déployés à Paris et à Marseille pendant les Jeux olympiques 2024, par l'armée de l'Air et de l'Espace, pour surveiller le ciel de la capitale et protéger les sites olympiques. Ses capacités sont en plus flatteuses, puisqu'il scrute l'espace aérien dans toutes les directions à la fois, peut repérer un tout petit drone ou un avion de combat à plusieurs kilomètres. Il peut même suivre une roquette ou un obus depuis son point de tir jusqu'à son point d'impact, grâce à son mode C-RAM.
Une vraie solution en attendant le Serval
Le véhicule Scania, qui intègre le radar Giraffe de Saab, a été entièrement pensé pour le terrain. L'arrière du véhicule embarque le Giraffe 1X et son propre système d'alimentation électrique, pour que le radar fonctionne en toute autonomie en mission. À bord, la cabine peut accueillir jusqu'à cinq personnes en même temps, avec un pilote, un chef de bord et trois opérateurs chargés de faire tourner le système. Le tout sera fabriqué et assemblé à Angers, radar inclus.
Les huit premiers véhicules VARDA seront livrés d'ici la fin 2026, les huit suivants au cours du premier semestre 2027. Ils serviront de transition en attendant les futures versions du véhicule blindé Serval, actuellement en développement, qui intégreront nativement des capacités de défense sol-air et de lutte anti-drones. En attendant, les VARDA comblent le vide et donnent à l'armée de Terre une capacité de détection opérationnelle immédiate.
La DGA a pu s'assurer auprès de ses homologues suédois que les équipements Saab et Scania fonctionnent bien avec les systèmes militaires français déjà en place. En partageant des technologies compatibles, la France et la Suède renforcent aussi leur capacité à opérer ensemble, un enjeu de plus en plus central dans la défense européenne.