Le micro-drone ANAFI UKR de Parrot vient d'être sélectionné pour équiper des véhicules blindés dans le cadre d'un important programme européen de défense sur dix ans. Une nouvelle consécration pour le champion français des micro-drones militaires.

Le Français Parrot a annoncé la bonne nouvelle ce mercredi. Son micro-drone ANAFI UKR, très compétitif et qui jouit d'une très bonne cote sur le marché, a été retenu pour s'intégrer à des plateformes blindées dans le cadre d'un programme européen qui s'étirera sur dix ans. 250 appareils ont déjà été livrés, 175 autres partiront au deuxième trimestre 2026. Le fabricant compte bien faire de son petit drone d'à peine un kilo un atout tactique incontournable pour les armées du Vieux continent.
Un contrat de dix ans qui prouve que la confiance que Parrot inspire en Europe
Le client a certes demandé à rester anonyme, en tout cas pour l'instant, mais on connaît les contours du contrat signé par Parrot et officialisé ce 13 mai 2026. Une force de défense européenne a choisi d'intégrer le micro-drone ANAFI UKR à ses véhicules blindés dans le cadre d'un programme qui court sur dix ans, une durée assez remarquable dans le monde de la défense, qui engage les deux parties sur le long terme. Petite indiscrétion, ce n'est pas la première fois que cette armée fait confiance au Français Parrot depuis 2020, puisqu'elle l'a déjà préféré à la concurrence à plusieurs reprises.
L'ANAFI UKR sera directement connecté aux systèmes embarqués du véhicule blindé, comme un œil supplémentaire que les équipages peuvent déployer en quelques secondes. Sa mission consistera à observer, surveiller et détecter (ISR). En clair, il s'agira d'envoyer le drone en éclaireur pour repérer une menace, de baliser un itinéraire ou de surveiller une zone, sans avoir à exposer un soldat.
Sur le terrain, l'ANAFI UKR est capable de fonctionner dans les pires conditions. Si par exemple l'ennemi brouille le signal GPS, une tactique devenue courante ces dernières années, le drone s'oriente seul grâce à sa caméra et à son intelligence artificielle embarquée. Il est ainsi capable d'identifier et de suivre des cibles en temps réel. Notons que ses échanges de données sont chiffrés et sécurisés pour résister aux tentatives d'interception. Le tout dans un format compact, embarquable depuis n'importe quel blindé.

De l'OTAN aux blindés, le drone français ANAFI UKR trace sa route
Parrot le sait, l'ANAFI UKR est une affaire qui roule, ou plutôt, qui vole. En mars dernier, le tout petit aéronef entrait dans le catalogue de la NSPA, la centrale d'achats militaires de l'OTAN, ce qui permet à n'importe quel pays membre de commander le drone directement, sans passer par un long appel d'offres national. Les forces finlandaises avaient été parmi les premières à en profiter, avec un juteux contrat d'environ 15 millions d'euros. Deux mois plus tard, Parrot annonce ce nouveau programme blindés.
Chez Parrot, on ne nous dit pas qu'on a sabré le champagne, mais on imagine la satisfaction. Le directeur des revenus de l'entreprise, Chris Roberts, explique en tout cas que « les forces engagées en première ligne ont aujourd'hui besoin de capacités ISR résilientes et souveraines, pouvant s'intégrer de manière organique à leurs plateformes. » Un discours de souveraineté technologique qui résonne d'autant plus que la propriété intellectuelle de l'ANAFI UKR est détenue en Europe.
Parrot, qui a généré 80 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, a bien conscience que le marché mondial des drones commerciaux pourrait être multiplié par dix dans les prochaines années, pour dépasser les 40 milliards de dollars. Une course à laquelle le groupe français est aujourd'hui bien placé pour participer, avec quelques contrats en poche et une réputation de souveraineté technologique qui fait sa floire. La France tient, peut-être, son champion des micro-drones militaires.