Airbus a annoncé mardi le rachat de Quarkslab, une pépite française de la cybersécurité reconnue pour sa solution anti-IA. Pour le géant de l'aéronautique, cette acquisition vient consolider son dispositif cyber à l'échelle européenne.

En moins d'un mois, Airbus Defence and Space signe ce mardi 21 avril 2026 son deuxième rachat dans la cybersécurité. Cette fois, il s'agit de Quarkslab, une une entreprise française cyber, fondée par le respecté Fred Raynal, et spécialisée dans la protection des systèmes informatiques critiques face aux cyberattaques. La société est notamment connue pour QShield, un outil conçu pour empêcher que des logiciels sensibles (dans la défense ou l'aérospatiale) soient analysés, copiés ou détournés par des attaquants, y compris via l'intelligence artificielle. Un profil taillé sur mesure pour les ambitions d'Airbus, qui veut s'imposer comme le grand acteur souverain de la cybersécurité en Europe.
Quarkslab, la société française de cybersécurité qui a tapé dans l'œil d'Airbus
Fondée en 2011 et épaulée depuis 2020 par Tikehau Capital, grand gestionnaire de fonds international, Quarkslab rassemble une centaine de collaborateurs entre Paris et Rennes. En quinze ans, la société s'est forgé une vraie crédibilité dans le monde de la cybersécurité, en aidant les entreprises et institutions à protéger leurs données, leurs infrastructures et leurs systèmes informatiques contre des cyberattaques de plus en plus ciblées et sophistiquées.
Son produit phare, QShield, résume bien son savoire-faire. Destiné aux éditeurs de logiciels, cet outil protège le code source et les données sensibles contre les cyberattaques, y compris celles menées par des systèmes d'intelligence artificielle. Il empêche aussi ce qu'on appelle la rétro-ingénierie, c'est-à-dire le fait, pour un attaquant, de décortiquer un logiciel pour en comprendre le fonctionnement, le copier ou le détourner. Un risque particulièrement critique dans les secteurs de la défense et de l'aérospatiale, là où Airbus opère au quotidien.
Le rachat par Airbus devrait être finalisé courant 2026, une fois les représentants du personnel consultés et les autorités réglementaires passées. Pour Fred Raynal, le PDG et fondateur de Quarkslab, cette aventure a forcément un goût particulier, puisque c'est chez Airbus qu'il a débuté sa carrière dans la cybersécurité. « En revenant chez Airbus, où j'ai fait mes débuts professionnels dans la cybersécurité, je souhaite développer Quarkslab », confie-t-il, avec une pointe de nostalgie on imagine, mais aussi le sentiment du devoir accompli.

Airbus tisse son bouclier numérique d'un bout à l'autre de l'Europe
Et que dit-on chez l'avionneur européen ? François Lombard, le directeur de la division Connected Intelligence chez Airbus Defence and Space, ne cache pas les ambitions du groupe et explique que sa mission consiste à construire « le bouclier numérique dont les pays d'origine du groupe et leurs alliés ont besoin pour conserver une longueur d'avance dans le domaine de la cybersécurité ». Autrement dit, doter la France et ses partenaires européens d'une vraie capacité de défense face aux cybermenaces. Et Quarkslab, déjà fournisseur et partenaire d'Airbus, s'y intègre comme une pièce manquante du puzzle.
Airbus Defence and Space mène depuis plusieurs années une stratégie d'acquisitions ciblées dans la cybersécurité. :L'Allemand Infodas a rejoint son portefeuille en 2024, puis tout récemment le Britannique Ultra Cyber Ltd, annoncé en mars 2026, et maintenant le Français Quarkslab. Résultat, le groupe dispose aujourd'hui d'équipes cyber dans cinq pays européens : la France, l'Allemagne, l'Espagne, le Royaume-Uni et la Finlande.
Au fond, si vous n'étiez pas encore convaincu, vous aurez compris qu'Airbus ne se résume plus depuis longtemps à la construction d'avions et de satellites. Sa division Defence and Space protège aussi les systèmes numériques qu'elle fournit à ses clients, et conseille gouvernements, armées et institutions sur leur manière de se défendre face aux cybermenaces. Avec Quarkslab dans son giron, le groupe confirme sa volonté de devenir le partenaire de confiance de l'Europe sur le terrain de la cybersécurité souveraine.