Airbus a annoncé lundi matin le rachat d'Ultra Cyber Ltd au Royaume-Uni, pour renforcer sa cybersécurité dite souveraine sur le Vieux continent. Une acquisition stratégique qui concerne directement la défense numérique de ce dernier.

Airbus valide une nouvelle acquisition dans le domaine de la cybersécurité. © Alexandre Boero / Clubic
Airbus valide une nouvelle acquisition dans le domaine de la cybersécurité. © Alexandre Boero / Clubic

Bonne nouvelle pour Airbus Defence and Space, qui a officialisé ce lundi 23 mars 2026 le rachat d'Ultra Cyber Ltd, une société britannique spécialisée en cybersécurité, jusqu'ici détenue par le groupe anglais Cobham Ultra, via le fonds d'investissement Advent. Le géant européen de l'aviation met la main sur plus de 200 experts, un centre technologique de pointe à Maidenhead (dans le Berkshire), et des savoir-faire pointus en protection des données militaires. L'acquisition nourrit la volonté affichée d'Airbus de s'imposer comme un grand champion, si ce n'est le champion européen de la cybersécurité souveraine.

Airbus intègre Ultra Cyber Ltd et renforce son offre de cybersécurité de bout en bout

Ultra Cyber Ltd, c'est donc une équipe de plus de 200 spécialistes en cybersécurité, réunis principalement dans un centre technologique de pointe situé à l'ouest de Londres. En les rejoignant, ils viennent renforcer les équipes qu'Airbus possède déjà au Royaume-Uni, notamment à Newport au Pays de Galles. Ensemble, ils forment désormais une offre cyber plus complète, reconnue et même validée par le gouvernement britannique.

Une fois le rachat officiellement acté, Ultra Cyber Ltd sera intégrée à la branche Connected Intelligence d'Airbus Defence and Space, qui regroupe l'ensemble des activités cyber du groupe. Mike Schoellhorn, le patron d'Airbus Defence and Space, évoque une acquisition qui « témoigne de notre engagement à long terme envers le Royaume-Uni en tant que marché domestique central. En conjuguant notre expertise avec les capacités uniques d'Ultra Cyber, nous agissons comme un partenaire de confiance sur le long terme pour le ministère de la Défense britannique. »

Outre le Royaume-Uni, l'avionneur veut s'imposer comme le grand acteur européen de la cybersécurité souveraine, autrement dit, proposer des solutions de défense numérique développées et certifiées au sein même de l'Europe, sans dépendance extérieure. L'objectif est de permettre aux alliés de l'OTAN et aux pays du pacte Five-Eyes, ce réseau de renseignement qui unit le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, de s'appuyer sur des technologies validées par leurs propres gouvernements.

Airbus avance acquisition par acquisition vers un bouclier numérique européen

Ce rachat n'est pas le premier dans l'histoire récente d'Airbus. En 2024, le groupe avait déjà mis la main sur Infodas, une société allemande spécialisée dans les solutions dites « cross-domain », c'est-à-dire capables de faire communiquer des réseaux informatiques de niveaux de sécurité différents. Depuis, Airbus a progressivement étendu ses activités cyber à travers tout le continent, et compte aujourd'hui des équipes au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Espagne et en Finlande.

Au-delà de la cybersécurité pure, ce rachat apporte à Airbus une expertise dans les datalinks aéroportés, c'est-à-dire les systèmes qui permettent de transmettre et protéger des données sensibles à bord des avions militaires, en plein vol comme au sol. Un savoir-faire qui s'intègre aux avions de combat et de surveillance qu'Airbus construit déjà.

Avant d'être officiellement conclu, ce type de rachat doit obligatoirement obtenir le feu vert des autorités de régulation compétentes, étape indispensable, qui plus est dans le secteur de la défense. Airbus anticipe cette validation pour la seconde moitié de l'année 2026. En attendant, Airbus continue de transformer peu à peu l'idée d'une cybersécurité européenne véritablement indépendante en quelque chose de bien réel, tel un bouclier numérique.