Elon Musk persiste et signe. Selon lui, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique vont produire tellement que le gouvernement sera en mesure de verser un « revenu universel élevé » aux citoyens. Vraiment ?

Elon Musk promet un revenu universel élevé. ©Joshua Sukoff / Shutterstock
Elon Musk promet un revenu universel élevé. ©Joshua Sukoff / Shutterstock

C’est, comme à l’accoutumée, sur X.com que l’homme le plus riche du monde a étayé son idée : « Un revenu élevé universel, via des chèques émis par le gouvernement fédéral, est le meilleur moyen de faire face au chômage causé par l'IA. L'IA et la robotique produiront des biens et des services en quantité bien supérieure à l'augmentation de la masse monétaire, il n'y aura donc pas d'inflation ».

Abondance technologique infinie

Ce n’est pas la première fois qu’il fait une telle sortie. En novembre dernier, le patron Tesla assurait que son humanoïde Optimus deviendrait « le plus important produit de tous les temps ». « Optimus éliminera réellement la pauvreté. Il offrira aux gens des soins médicaux incroyables. Optimus sera finalement meilleur que le meilleur chirurgien humain, avec un niveau de précision impossible à atteindre, qui dépasse les capacités humaines », lançait-il devant une foule d’actionnaires enthousiastes.

Il a réitéré le mois suivant, en expliquant que le développement rapide de l’IA et de la robotique devrait entraîner un gain de productivité tellement exceptionnel que la richesse nationale exploserait. Cette richesse se mettrait alors à croître beaucoup plus rapidement que les déficits, ce qui rendrait au fur et à mesure du temps la dette beaucoup plus soutenable.

Concrètement, Musk parie sur une déflation technologique radicale : si des robots comme Optimus peuvent construire des maisons, cultiver la terre et opérer des patients sans relâche (et sans salaire), le coût marginal de ces services tombe presque à zéro. Et donc, si l’offre de biens devient virtuellement infinie grâce à l’automatisation, distribuer de l’argent aux citoyens ne ferait pas grimper les prix, car il y aurait toujours plus de produits que de demande. En somme, une économie d’abondance où la rareté, moteur habituel de l’inflation, disparaîtrait.

Le robot Optimus de Tesla. ©Josiah True / Shutterstock
Le robot Optimus de Tesla. ©Josiah True / Shutterstock

Une prédiction très optimiste dans le climat actuel

Mais dans le contexte actuel, ce scénario semble totalement déconnecté des structures économiques réelles. Car les États-Unis et la plupart des grandes puissances croulent sous des dettes records. Verser un revenu élevé nécessiterait de mobiliser des sommes qui dépassent de loin les budgets nationaux actuels, avant même que les gains de productivité de l’IA ne soient fiscalisés.

De même, le système actuel repose sur les cotisations liées au travail humain ; sans une réforme fiscale mondiale taxant massivement les robots, le financement de ces « chèques fédéraux » provoquerait une explosion immédiate du déficit bien avant que l’abondance promise ne se concrétise. Surtout, Musk oublie une variable majeure : l’accès à certaines ressources.

Si l’IA peut produire des millions d’objets, elle ne peut pas multiplier la surface de terrain disponible dans les centres urbains ou la quantité de métaux rares nécessaires aux robots eux-mêmes. Bien sûr, on imagine que le milliardaire s’imagine déjà exploiter des data centers orbitaux et des ressources spatiales. Mais cette vision semble extrêmement futuriste, et intervient alors que SpaceX (et donc xAI), s’apprête à réaliser l’entrée en Bourse la plus importante de l’Histoire. Et on le sait, l’entrepreneur est un habitué des prédictions TRÈS optimistes.

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