L'Ukraine vient d'homologuer le JEDI Shahed Hunter, un drone intercepteur ultrarapide conçu pour détruire les Shahed russes en plein vol. Un engin 100% ukrainien et autonome.

Voici le drone JEDI Shahed Hunter. © ministère ukrainien de la Défense
Voici le drone JEDI Shahed Hunter. © ministère ukrainien de la Défense

Le ministère de la Défense ukrainien a officiellement donné son feu vert au JEDI Shahed Hunter en début de semaine. Ce drone multirotor à décollage vertical, de fabrication ukrainienne, peut dépasser les 350 km/h, traquer les Shahed Geran et Gerbera ainsi que des UAV de reconnaissance, et opérer de jour comme de nuit. Un chasseur de drones pensé comme une réponse directe à l'une des menaces aériennes les plus récurrentes du conflit, sous pression de la Russie jusqu'à maintenant.

Un drone de 4 kg capable d'abattre un Shahed

Depuis le 23 mars 2026, le JEDI Shahed Hunter est officiellement homologué par le ministère de la Défense ukrainien, autrement dit, validé et autorisé à être utilisé sur le terrain par les forces armées. Derrière ce nom aux accents de saga galactique, on fait connaissance avec un drone multirotor à décollage vertical, entièrement conçu en Ukraine, avec une mission on ne peut plus claire : intercepter les drones russes en vol avant qu'ils n'atteignent leur cible.

Il est difficile de croire qu'un engin aussi petit puisse faire autant de dégâts, et pourtant ! Le JEDI Shahed Hunter pèse à peine plus de 4 kg, à peu près le poids d'un chat, et embarque quatre moteurs électriques, une batterie haute capacité et jusqu'à 500 grammes de charge utile, soit juste ce qu'il faut pour neutraliser un drone ennemi. Des proportions modestes, mais des performances qui ne le sont pas, puisqu'il peut grimper à 6 000 mètres d'altitude et dépasser les 350 km/h.

Le JEDI Shahed Hunter a été pensé pour s'attaquer à deux types de menaces bien distincts. D'un côté, les drones d'attaque russes Shahed, notamment les modèles Geran et Gerbera, régulièrement envoyés pour frapper des villes et infrastructures ukrainiennes. De l'autre, les drones de reconnaissance Zala et Supercam, qui servent quant à eux à espionner et localiser des cibles au sol. En clair, le JEDI peut autant abattre ce qui détruit que neutraliser ce qui observe.

© ministère ukrainien de la Défense
© ministère ukrainien de la Défense

Guidage radar automatique et vision thermique, les atouts du JEDI Shahed Hunter

Le JEDI Shahed Hunter ne part pas chasser au hasard dans le ciel. Avant même de décoller, il reçoit automatiquement les données des radars au sol, qui lui indiquent où se trouve la cible. Une fois en vol, il prend en charge lui-même toute la séquence. Dans le détail, il détecte le drone ennemi, le suit dans ses déplacements, puis se guide seul jusqu'à l'impact. Aucune intervention humaine n'est nécessaire à ce stade, le système gère tout de façon autonome.

Le JEDI Shahed Hunter peut opérer à toute heure. Le drone embarque une caméra classique pour la journée et une caméra thermique pour la nuit, cette dernière détectant la chaleur dégagée par les drones ennemis même dans l'obscurité totale. L'ensemble est supervisé depuis une station de contrôle au sol, qui coordonne les vols et maintient le lien entre l'intercepteur et ses opérateurs, indispensable lorsqu'il faut répondre à plusieurs drones simultanément.

Concernant la portée de protection, un seul système JEDI Shahed Hunter peut couvrir et protéger un rayon de 40 kilomètres autour de son point de déploiement, soit une zone considérable. Son homologation s'inscrit dans le plan ukrainien Plan de guerre, qui fixe l'ambitieux objectif de détecter la totalité des menaces aériennes en temps réel et de neutraliser au moins 95% d'entre elles, qu'il s'agisse de missiles ou de drones. Un défi colossal, auquel le JEDI est désormais officiellement appelé à contribuer.