La Commission européenne a approuvé, mercredi, les plans de défense SAFE de la France et de la Tchéquie. Pour l'Hexagone, c'est un financement de plus de 15 milliards d'euros dont il va bénéficier.

La France est bien lotie par le programme SAFE. © Mircea Moira / Shutterstock
La France est bien lotie par le programme SAFE. © Mircea Moira / Shutterstock

Depuis le début de l'année, l'Europe distribue les milliards pour sa défense à un rythme assez soutenu. Via le programme SAFE, la Commission européenne valide un à un les plans nationaux de défense de ses États membres, leur ouvrant ainsi l'accès à des prêts massifs à faible coût. Mercredi 25 mars, ce fut au tour de la France (15,09 milliards d'euros) et de la République tchèque (2,06 milliards d'euros) de recevoir ce feu vert, avec les premiers versements attendus dès avril 2026.

SAFE, le programme de défense qui a mis l'Europe en ordre de marche dès janvier

Adopté en mai 2025 dans le cadre du grand plan de défense européen « Préparation à l'horizon 2030 », le programme SAFE (Security Action for Europe) doit permettre aux pays de l'Union européenne d'acheter ensemble leurs équipements militaires, grâce à des prêts publics avantageux. Acheter en commun, c'est négocier de meilleurs prix, et s'assurer que les armées européennes utilisent du matériel compatible entre elles, un enjeu crucial en cas de crise.

Le 15 janvier 2026, la Commission européenne donnait le coup d'envoi. La Belgique, la Bulgarie, le Danemark, l'Espagne, la Croatie, Chypre, le Portugal et la Roumanie devenaient ainsi les premiers bénéficiaires du programme SAFE, avec une enveloppe commune d'environ 38 milliards d'euros. Un signal fort envoyé au reste du monde, montrant que l'Europe se secoue enfin.

Onze jours plus tard, le 26 janvier, une deuxième série de huit pays emboîtait le pas. Cette fois, l'Estonie, la Grèce, l'Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie et la Finlande rejoignaient le programme SAFE, avec, une enveloppe de 74 milliards d'euros, soit près du double de la première vague. Au total, en moins de deux semaines, ce sont déjà 112 milliards d'euros qui avaient été engagés pour la défense européenne.

Les premiers versements SAFE arrivent, et la France est dans la boucle

Ce mercredi 25 mars, la France et la Tchéquie ont obtenu à leur tour leur approbation SAFE. Paris a sans surprise décroché la mise la plus importante, avec 15,09 milliards d'euros, contre 2,06 milliards pour Prague. Ces montants n'ont pas été fixés à la dernière minute, puisqu'ils avaient été provisoirement attribués dès septembre 2025, selon une logique de répartition équitable entre États membres.

La balle est désormais dans le camp du Conseil de l'Union européenne, qui dispose de quatre semaines pour valider officiellement ces plans. Une fois ce dernier feu vert accordé, la Commission pourra signer les accords de prêt et déclencher les premiers versements, attendus dès le mois prochain. Une procédure déjà bien rodée. Les seize États membres approuvés en janvier ont suivi exactement le même chemin.

« L'approbation de ces plans nationaux marque le moment où notre stratégie devient une réalité sur le terrain », a déclaré Andrius Kubilius, commissaire européen à la Défense et à l'Espace. Un résumé lucide de ce que SAFE représente vraiment : après des décennies où l'Europe a davantage parlé de défense qu'elle n'y a investi, les milliards commencent enfin à suivre les discours.