L'armée de Terre modernise sa simulation militaire avec HÉRA, un outil 3D conçu pour entraîner ses unités numérisées au commandement et à la coordination tactique.
Répéter une manœuvre sans quitter une salle informatisée, c'est exactement ce que permet HÉRA, la simulation militaire 3D qui tourne désormais sous VBS4. Déployée dans les régiments et centres de formation, elle entraîne les chefs tactiques et soldats numérisés aux procédures de commandement en conditions réalistes. L'outil est déployé dans les régiments et organismes de formation de l'armée de Terre. Et ses ambitions ne s'arrêtent pas au chef de section : la prochaine étape vise le commandant d'unité.
HÉRA, la simulation qui s'invite au cœur de l'entraînement militaire
Pour l'armée de Terre, HÉRA est un tournant technologique net. L'ancienne simulation Spartacus tournait sur un moteur logiciel, VBS3, devenu trop vieux pour répondre aux exigences actuelles. Sa version modernisée, VBS4, toujours développée par OneArc, a pris le relais, et c'est sur elle que repose désormais HÉRA. Comme l'explique le lieutenant-colonel Bruno, officier de programme simulation virtuelle, « VBS4 émule maintenant le programme HÉRA, qui permet la formation et l'entraînement des unités de l'armée de Terre numérisées jusqu'au niveau chef de section. »
Concrètement, HÉRA permet aux chefs tactiques et à leurs équipes de s'exercer au commandement et à la coordination dans des scénarios interarmes réalistes. Cela vaut pour des manœuvres en terrain ouvert, du combat en zone urbaine, ou des procédures de communication opérationnelle. L'outil est disponible dans les organismes de formation de l'armée de Terre et les régiments qui y sont rattachés, sur des plateformes informatisées dédiées.
La simulation recrée fidèlement des environnements réels grâce à des cartes numériques détaillées (rues, bâtiments, espaces urbains ou ruraux) adaptées à chaque scénario d'entraînement. Mais avant de lancer un exercice, il faut compter une semaine de préparation, avec mises à jour du logiciel, construction du terrain virtuel, placement des unités et réglage des conditions tactiques. Une mécanique minutieuse.

Comment l'armée valide ses logiciels militaires avant de les déployer dans les régiments
Derrière HÉRA, il y a toute une organisation bien structurée qui veille à ce que l'outil soit à la hauteur. La STAT (Section technique de l'armée de Terre) travaille main dans la main avec la DGA, la Direction générale de l'Armement, pour mener des tests officiels appelés opérations de vérification, ou OV. L'objectif est de s'assurer que le logiciel livré par l'industriel répond vraiment aux besoins des soldats sur le terrain. C'est précisément ce qui se joue en ce moment au CENTAC, avec le 1ᵉʳ bataillon de chasseurs à pied.
L'industriel qui a conçu VBS4 ne s'arrête pas à la livraison du logiciel. Il l'améliore en permanence, en tenant compte des retours des soldats qui l'utilisent au quotidien. Sur le terrain, dans les régiments, ce sont les maîtres de simulation, des militaires spécialement formés pour ça, qui prennent le relais. Ils configurent les équipements, bâtissent les scénarios et garantissent le bon déroulement de chaque session. De l'écran à l'exercice, on comprend que chaque maillon compte.
C'est précisément l'intérêt des tests en cours au CENTAC. Le lieutenant-colonel Bruno le confirme, ces opérations de vérification « permettront de valider des fonctionnalités supplémentaires pour la formation et l'entraînement des unités jusqu'au niveau compagnie, commandant d'unité. » Autrement dit, HÉRA pourrait bientôt couvrir un échelon supplémentaire et former non plus seulement les chefs de section, mais aussi ceux qui commandent une compagnie entière.