Promis par Sam Altman fin 2025, le fameux mode sans filtre de ChatGPT se fait encore désirer. Face à des défis techniques et stratégiques, OpenAI préfère geler le déploiement de cette fonctionnalité sulfureuse pour se concentrer sur l'intelligence brute de son modèle.

Si vous espériez entamer des discussions enflammées avec l'intelligence artificielle la plus populaire du marché, il va falloir vous armer de patience. Alors que la concurrence, menée par le Grok d'Elon Musk, s'amuse déjà à faire sauter les verrous de la censure depuis plusieurs mois, la firme de Sam Altman a décidé de freiner des quatre fers. Le « mode adulte », censé permettre aux utilisateurs majeurs de générer du contenu érotique et d'aborder des thématiques sensibles, vient de subir un nouveau report. Une décision qui en dit long sur les priorités actuelles d'une entreprise tiraillée entre sa volonté de séduire un public plus large et sa peur panique du scandale.
Un lancement repoussé aux calendes grecques
Initialement évoqué en octobre 2025 sous le principe séduisant de « traiter les adultes comme des adultes », ce mode devait voir le jour en décembre dernier. Face à la complexité de la tâche, OpenAI l'avait d'abord glissé au premier trimestre 2026. Mais l'échéance approche à grands pas et la promesse s'envole à nouveau. Un porte-parole de l'entreprise a en effet confirmé au média américain Axios que la fonctionnalité était purement et simplement mise en pause, sans aucune nouvelle date de sortie communiquée. La raison invoquée est claire : l'entreprise californienne préfère allouer ses ressources à des chantiers jugés prioritaires pour la majorité de ses utilisateurs au quotidien.

L'intelligence artificielle avant les romances virtuelles
Plutôt que de peaufiner des algorithmes générateurs de textes coquins, OpenAI a d'autres ambitions pour ChatGPT. Les équipes de développement se concentrent actuellement sur l'augmentation des capacités cognitives du modèle, l'amélioration de sa personnalité et la création d'une expérience beaucoup plus proactive. Face à une concurrence féroce incarnée par des modèles toujours plus performants comme Gemini de Google ou Claude d'Anthropic, la firme de Sam Altman ne peut pas se permettre de perdre son avance technologique. L'heure est à la performance pure et à la personnalisation de l'assistant, laissant les romances virtuelles au second plan, même si le principe d'un chatbot moins prude n'est pas définitivement abandonné.
Le casse-tête de la vérification d'âge
Derrière ce report stratégique se cache également un véritable bourbier technique et juridique. Pour proposer du contenu érotique sans risquer de heurter les mineurs, OpenAI doit déployer un système de vérification d'âge infaillible. L'entreprise teste actuellement un outil d'intelligence artificielle capable de prédire l'âge des utilisateurs en analysant leurs requêtes, couplé à une éventuelle vérification d'identité en cas de doute. Cependant, trouver le juste milieu entre une sécurité robuste et le respect de la vie privée relève du parcours du combattant, particulièrement en Europe où la législation est stricte. Tant que ce filet de sécurité ne sera pas parfaitement calibré, le mode adulte restera soigneusement rangé dans les cartons.
Alors que des modèles ouverts ou concurrents embrassent déjà la liberté de ton, OpenAI semble prisonnier de son image de marque lisse et sécurisante. Seriez-vous prêt à confier une copie de votre pièce d'identité à OpenAI pour débloquer un ChatGPT coquin ?