La NASA vient officiellement de lancer un concours mondial visant à concevoir des systèmes de production alimentaire totalement autonomes pour les futures missions de longue durée. Et cette initiative est loin d'être anodine : la vie des astronautes en dépendra.

La NASA prépare déjà ses voyages vers Mars. ©Deep Space Food / NASA
La NASA prépare déjà ses voyages vers Mars. ©Deep Space Food / NASA

Les yeux sont aujourd'hui rivés vers la Lune avec le programme Artemis. Même SpaceX, qui faisait de Mars sa priorité absolue, a revu ses plans. Mais on le sait : la conquête de notre satellite vise surtout à préparer les voyages plus lointains, et particulièrement celui vers la planète rouge, l'objectif ultime.

Un système intégré, capable de régénérer les ressources

Mais contrairement aux missions actuelles sur la Station spatiale internationale (ISS), où les vivres sont régulièrement acheminés depuis la Terre, un vol vers Mars dure environ sept mois, auxquels s'ajoute un séjour sur place de plusieurs années. Dans ce contexte, transporter des tonnes de nourriture lyophilisée est inefficace en termes de poids et de volume, d'autant que les nutriments se dégradent avec le temps.

Les premiers humains à se rendre sur notre voisine devront donc disposer d'un véritable système intégré, capable de régénérer les ressources et de fournir des repas complets sans aucun ravitaillement possible.

C'est tout le principe de Deep Space Food Challenge: Mars to Table, compétition mondiale lancée par la NASA. L'agence spatiale en appelle aux chefs cuisiniers, aux experts en nutrition, aux étudiants, aux start-up et aux chercheurs indépendants pour développer une telle technologie.

Illustration d'un astronaute sur Mars avec un panier de nourriture. ©Deep Space Food / NASA
Illustration d'un astronaute sur Mars avec un panier de nourriture. ©Deep Space Food / NASA

De nombreux critères à prendre en compte

Il devra s'agir d'une prouesse d'ingénierie, une sorte de « ferme-usine » en mesure d'opérer dans un espace confiné. Car le système devra non seulement nourrir un équipage allant jusqu'à 15 personnes pendant une mission de cinq ans, mais aussi combiner différentes sources : culture de plantes, biomasse fongique, voire viande de culture. De même, la solution devra s'intégrer parfaitement aux systèmes de support de vie de l'habitat.

Les critères de sélection sont draconiens, car ils répondent à des impératifs physiologiques et psychologiques cruciaux. Au-delà de l'apport nutritionnel, 100 % des besoins devant être couverts, la NASA met l'accent sur le goût, la texture et la variété des repas : compte tenu de la longueur du voyage, le moral dépendra parfois de la qualité de l'assiette.

Et ce n'est pas tout. Le système devra également être extrêmement économe en énergie, produire un minimum de déchets et assez simple pour être géré par l'équipage sans maintenance complexe. Les prétendants, qui ont jusqu'au 31 juillet 2026 pour soumettre leur proposition, ont donc du pain sur la planche. L'annonce officielle des grands vainqueurs est prévue en septembre 2026, avec un chèque de 750 000 dollars à la clé (uniquement s'il s'agit d'un organisme américain.

Source : NASA