Linus Torvalds vient de confirmer la sortie imminente de Linux 7.0. Les joueurs et utilisateurs exigeants devraient théoriquement y trouver leur compte. Théoriquement.

La numérotation des noyaux Linux n'a jamais passionné grand monde en dehors des barbus du terminal. Mais cette fois, la version 7.0 mérite qu'on s'y attarde, ne serait-ce que parce qu'elle intervient dans un contexte où Linux commence à gagner du terrain chez les joueurs PC, comme en témoigne la percée de SteamOS au-delà des 3% sur Steam. Canonical espère même l'intégrer dans Ubuntu 26 LTS prévu pour avril, tandis que Fedora 44 vise le même calendrier. Pour les distributions orientées gaming comme Bazzite et ChimeraOS, il faudrait attendre mai ou juin selon les projections de Tom's Hardware. Mais que change vraiment ce nouveau noyau pour les utilisateurs lambda ?
Un noyau qui apprend à jongler avec les priorités
La principale nouveauté porte un nom bien technique : TIP Time Slice Extension . Derrière ce jargon se cache un mécanisme assez simple. Quand votre processeur s'apprête à mettre une application en pause pour passer à autre chose, celle-ci peut désormais lever la main et demander « attendez, laissez-moi finir ce que je fais » . Cela peut sembler anodin, mais pour un jeu qui calcule un rendu critique ou une application audio en plein traitement, ces microsecondes volées font toute la différence.

- Large compatibilité matérielle
- Très performant et stable
- Communauté et support actifs
Le noyau 7.0 embarque également un nouveau gestionnaire de mémoire baptisé « sheaves » . Son rôle ? Accélérer l'allocation et la libération de la mémoire vive, une opération que les applications gourmandes effectuent des milliers de fois par seconde. En théorie, cela devrait réduire les pics de latence quand votre processeur est sous pression. En pratique, il faudra attendre les premiers benchmarks pour savoir si ces promesses tiennent la route face aux titans que sont Windows 11 et ses optimisations dédiées au gaming — bien que la plateforme historique du gaming PC connaisse des déboires ces dernières semaines.
Linux joue sa crédibilité sur le terrain du jeu
Valve ne s'y est pas trompé. En choisissant de miser sur Linux pour SteamOS, l'éditeur de Steam s'est affranchi de la dépendance à Microsoft. Mais cette stratégie n'a de sens que si le système reste compétitif en termes de performances. Or, ce noyau 7.0 arrive à un moment charnière, alors que Valve explore également la piste ARM pour ses futurs appareils nomades, une architecture qui réclame une optimisation logicielle encore plus poussée.
Le reste des améliorations vise surtout les serveurs : meilleure gestion des conteneurs Docker, optimisations réseau pour les flux au-delà de 10 Gbps, et ajustements du planificateur de tâches. Autant de raffinements qui n'empêcheront pas votre PC de tourner, mais qui ne feront pas non plus décoller vos images par seconde de manière spectaculaire. Linux gagne en maturité, c'est indéniable. Mais entre les promesses d'un noyau et la réalité du terrain, il y a souvent un gouffre que seuls les tests réels permettront de mesurer.
Le pari est clair : faire de Linux un OS gaming crédible ne passe pas seulement par Proton et la compatibilité Windows, mais aussi par des gains de performances natifs. Linux 7.0 tente de tenir cette promesse, reste à voir si le matériel et les développeurs suivront le mouvement.