Les Français qui veulent voyager aux États-Unis doivent depuis ce dimanche 8 février fournir l'historique deurs comptes sur les réseaux sociaux des cinq dernières années.

S'il vous prenait l'envie de vous envoler vers le pays de l'Oncle Sam prochainement, pour assister aux matches de la Coupe du monde de foot, sachez que vous allez devoir montrer plus que patte blanche.
Pour des voyages n'excédant pas 90 jours, vous devez remplir l'ESTA, un formulaire électronique qui vous dispense de visa. Et ce formulaire vient de s'enrichir de nouvelles demandes, et pas des moindres : 5 ans d'historique des réseaux sociaux et 10 ans d'e-mails.
Et en cas d'oubli ou d'erreur, votre séjour et les prochains pourraient être compromis. C'est en substance ce qu'a décrété le Federal Register fin 2025 et qui s'applique dès ce dimanche 8 février.
Un contrôle numérique sans précédent pour les voyageurs
Jusqu'ici, l'ESTA, ce formulaire électronique obligatoire pour les voyageurs des quarante-deux pays du programme d'exemption de visa pour des séjours de moins de quatre-vingt-dix jour, comme les Français, ne demandait que les informations biographiques habituelles.
Les demandeurs doivent désormais fournir tous les numéros de téléphone utilisés ces cinq dernières années et des informations détaillées sur les membres de leur famille : noms, dates et lieux de naissance, ainsi que les adresses de résidence. Pour compléter cette collecte de données déjà massive, l’administration américaine exige en complément l’historique complet des réseaux sociaux des cinq dernières années et des e-mails sur dix ans. Les autorités américaines analysent ensuite ces données à l’aide d’algorithmes capables de signaler des voyageurs selon leurs opinions, affiliations ou interactions en ligne. Ce traitement peut déclencher des contrôles supplémentaires à l’arrivée, parfois longs et contraignants, voire un refus d’entrée.
Si cette nouvelle procédure est contraignante pour les ressortissant des 42 pays du programme de l'ESTA, elle participe déjà au recul des touristes étrangers, avec une baisse estimée à 6,3 % en 2025 par rapport à 2024, l'US Travel Association.

Les contrôles numériques vont plus loin que les simples données biographiques
On l'a vu, le département de la Sécurité intérieure américain (DHS) peut désormais adresser des subpoenas administratifs à Meta, Google et d’autres plateformes, sans autorisation judiciaire préalable. Ces demandes concernent l’ensemble des métadonnées d’un compte, comme les adresses IP, les horaires et lieux de connexion, et les identifiants liés aux services utilisés.
Ces outils ont déjà été appliqués pour identifier des internautes ayant critiqué l’administration Trump, par exemple ceux partageant des informations sur les opérations de l’ICE ou envoyant des e-mails à des responsables fédéraux. Les subpoenas permettent de retracer des profils précis et de déclencher des enquêtes sans qu’aucune infraction légale ne soit établie.
En parallèle, l’administration exploite les informations fournies via l’ESTA à l’aide d’algorithmes capables de détecter des voyageurs selon leurs opinions, affiliations ou interactions en ligne. Ce traitement n’est pas neutre : il peut générer des contrôles supplémentaires à l’arrivée, parfois longs et contraignants, et aboutir dans certains cas à un refus d’entrée.
Des pratiques émanant du privé comme du public, mais qui dans les deux cas, reviennent à collecter des données personnelles.
Et puis que dire de la protection des données des citoyens europpéens, par le RGPD et la directive ePrivacy, mais qu'un gouvernement étranger peut collecter ?
Source : Le Figaro