C'est une première : le rover martien Perseverance a effectué deux trajets qui avaient entièrement été planifiés par Claude, l'intelligence artificielle (IA) d'Anthropic. Et cela n'a rien d'anodin pour la conquête spatiale.

Le rover Perseverance prend un selfie sur Mars. ©NASA/JPL
Le rover Perseverance prend un selfie sur Mars. ©NASA/JPL

En raison de la distance qui sépare la Terre de la planète rouge, piloter un rover en temps réel est impossible. Chaque déplacement doit donc être minutieusement préparé à l'avance. Depuis près de trois décennies, cette tâche repose sur des équipes humaines de « conducteurs » de rovers, basées au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA.

À partir d'images orbitales, de données de terrain et de l'état du véhicule, ils analysent les dangers potentiels puis définissent une route découpée en points de passage précis, avant d'envoyer les instructions au rover via le réseau de communication spatial. Un procédé long et contraignant, qui limite la distance parcourue quotidiennement par le rover.

Claude prend le relais

Mais pour la première fois, cette planification a été confiée à une IA générative, en l'occurence Claude, directement intégrée au cœur du processus habituellement réservé aux planificateurs humains. Pour les deux essais, réalisés les 8 et 10 décembre, le modèle a analysé des images orbitales à haute résolution issues de la caméra HiRISE du Mars Reconnaissance Orbiter, ainsi que des modèles numériques de relief.

Elle a repéré les éléments clés du terrain, comme les affleurements rocheux ou les pentes trop marquées, afin de proposer un itinéraire évitant les zones à risque. Les instructions générées ont ensuite été traitées comme n'importe quel plan de conduite classique : elles ont été vérifiées par les ingénieurs et testées dans un jumeau numérique du rover, capable de simuler son comportement en conditions réelles. Lors du premier trajet, Perseverance a parcouru environ 210 mètres, puis 246 mètres deux jours plus tard.

Les itinéraires prévus par l'IA, en magenta, et réels, en orange. ©NASA/JPL-Caltech/UofA
Les itinéraires prévus par l'IA, en magenta, et réels, en orange. ©NASA/JPL-Caltech/UofA

Une technologie « révolutionnaire »

De quoi ouvrir la voie à des déplacements plus fréquents, plus longs et mieux adaptés à des environnements complexes, tout en réduisant la charge opérationnelle au sol. « Cette démonstration montre à quel point nos capacités ont progressé et élargit la manière dont nous explorerons d'autres mondes », souligne Jared Isaacman, administrateur de la NASA.

« Des technologies autonomes comme celle-ci peuvent aider les missions à fonctionner plus efficacement et à faire face à des terrains complexes », poursuit-il. À mesure que les missions s'éloignent de la Terre, les délais de communication rendent toute supervision fine de plus en plus irréaliste. De tels systèmes, capables de prendre localement des décisions de navigation fiables, deviennent alors indispensables.

« C'est la technologie révolutionnaire dont nous avons besoin pour mettre en place les infrastructures et les systèmes nécessaires à une présence humaine permanente sur la Lune et pour emmener les États-Unis sur Mars et au-delà », conclut Matt Wallace, directeur du Bureau des systèmes d'exploration du JPL.

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  • Conception éthique
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Source : NASA