Oubliez les valises de billets. Alors que la rumeur d’un investissement pharaonique enflammait la tech, Jensen Huang vient de sortir l'extincteur. Le patron de NVIDIA ne semble plus si pressé de signer le chèque du siècle.

Dans la course à l'IA, le banquier de la Silicon Valley vient de fermer le robinet à volonté pour revenir aux bons vieux principes de la gestion de risque. © Shutterstock
Dans la course à l'IA, le banquier de la Silicon Valley vient de fermer le robinet à volonté pour revenir aux bons vieux principes de la gestion de risque. © Shutterstock

L'emballement était total. Il y a quelques semaines encore, on nous vendait un mariage financier historique entre le maître des puces et le créateur de ChatGPT. Mais la réalité est bien plus nuancée. Ce qui ressemblait à une promesse ferme n'était peut-être qu'une hypothèse de travail un peu trop optimiste. Pour comprendre cette décision, il faut revenir sur l'euphorie ambiante qui a précédé la douche froide.

La douche froide des milliards

Jensen Huang a mis les choses au clair ce week-end : ce chiffre de 100 milliards de dollars n'a jamais été un engagement gravé dans le marbre. Lors d'une récente intervention à Taipei, l'homme au blouson de cuir a précisé qu'il s'agissait davantage d'une projection conditionnelle que d'un virement imminent.

Si le PDG confirme que son entreprise participera bien à la prochaine levée de fond — qualifiant même la somme de « considérable » —, il a spécifié que le montant n'approcherait pas les 100 milliards évoqués. NVIDIA préfère désormais avancer « une étape à la fois », évaluant chaque opportunité plutôt que de signer un chèque en blanc. Une prudence qui tranche avec ses discours habituels sur un marché à 100 000 milliards de dollars qui semblaient justifier toutes les folies.

Une stratégie de survie ?

Ce rétropédalage n'est pas anodin ; il trahit une fébrilité nouvelle au sommet de la pyramide. En réalité, NVIDIA met désormais en doute cet accord tacite car financer son plus gros client revient à alimenter une économie circulaire potentiellement toxique. Des rapports du Wall Street Journal suggèrent même que Huang aurait critiqué en privé le manque de discipline stratégique d'OpenAI, bien qu'il ait qualifié ces rumeurs de « non-sens » en public.

En calmant le jeu, Huang signale aux marchés que la fête est finie : il faut désormais montrer patte blanche et un retour sur investissement crédible avant de réclamer des sommes astronomiques. NVIDIA, qui vend les pelles de cette ruée vers l'or, réalise peut-être qu'il est risqué d'acheter aussi la mine si celle-ci ne produit pas assez de pépites.

Source : Neowin