Jensen Huang a voulu jouer les bons fils en offrant une berline allemande à ses parents grâce à ses actions. Sauf qu'avec le cours actuel de NVIDIA, ce cadeau lui a virtuellement coûté plusieurs milliards de dollars. Aïe.

L'anecdote a été lâchée lors d'une récente conversation avec Larry Fink (BlackRock) à Davos. Alors que NVIDIA trône désormais au sommet de la tech mondiale, son emblématique fondateur a partagé un souvenir de jeunesse qui ferait suer froid n'importe quel investisseur. Ce n'est pas une leçon de finance, mais une histoire de piété filiale qui a mal tourné sur le plan comptable.
Une transaction à dix chiffres pour une voiture
Jensen Huang revenait sur les débuts de l'entreprise cotée en 1999, bien avant que le vert de son logo ne devienne synonyme de domination boursière. Il raconte avoir voulu « acheter quelque chose de beau » à ses parents après l'introduction en bourse. Pour financer ce cadeau, il a vendu une part conséquente de ses titres alors que la société affichait une valorisation de « seulement » 300 millions de dollars.

Le but ? Offrir une Mercedes Classe S, le summum du luxe à l'époque. Sauf qu'en sortant la calculatrice aujourd'hui, le constat est brutal. Avec une capitalisation qui a récemment atteint une valorisation historique en franchissant les 5 000 milliards de dollars, les actions liquidées pour cette voiture vaudraient aujourd'hui une fortune colossale. On parle ici de plusieurs milliards volatilisés pour un véhicule qui, de l'aveu même de Huang, est toujours en possession de ses parents (mais probablement loin de sa première jeunesse).
L'ironie d'un géant qui ne voyait pas si loin
Au-delà du montant astronomique qui donne le vertige, cet aveu révèle une faille intéressante chez celui que l'on présente souvent comme un oracle de la technologie. Même l'homme qui pilote aujourd'hui la plus grosse entreprise du monde n'avait pas anticipé l'ampleur du raz-de-marée qu'il allait déclencher.
Cela tranche singulièrement avec ses déclarations récentes sur un marché à 100 000 milliards de dollars pour l'IA. À l'époque, la vision de l'avenir s'arrêtait manifestement au capot d'une allemande. C'est un rappel salutaire que la trajectoire de NVIDIA, bien que fulgurante, s'est construite sur des paris incertains et non sur une destinée écrite d'avance. Le patron aux vestes en cuir n'a pas toujours eu la main aussi heureuse qu'avec ses puces Blackwell, et ses parents, bien que touchés par le geste, « regrettent » aujourd'hui amèrement cette vente prématurée.
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