Le SmartWiFiClub se penche sur le mesh networking

18 septembre 2018 à 14h16
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Spécialisé dans l'analyse des réseaux sans-fil, le SmartWiFiClub a réuni un parterre de spécialistes du mesh networking pour imaginer l'avenir du WiFi

L'avenir des infrastructures télécoms est-il entre les mains d'éditeurs de logiciels ? Spécialisé dans l'analyse des réseaux sans-fil alternatifs, le SmartWiFiClub animé par Eric Montagne du journal SmartMedia, a réuni un parterre de spécialistes du mesh networking pour imaginer l'avenir du WiFi.

Reprenant une logique popularisée par le peer-to-peer, le concept du Mesh Networking ou "réseau maillé auto adaptatif" est de transformer un récepteur en relais potentiel du signal internet. A partir d'un premier point d'accès WiFi ou WiMax, un hotspot peut ainsi être étendu, de point à point, en étant relayé par d'autres bornes voire de simples PC portables, faisant office de relais.

Imaginées initialement pour relier des bornes WiFi sans rebasculer par le réseau télécom filaire, ce type d'infrastructures intéresse équipementiers et opérateurs alternatifs mais est susceptible également de toucher le grand public en particulier pour densifier une couverture Wifi à son domicile.

Pour l'éditeur américain Tropos Networks qui équipe déjà plus de 150 villes aux Etats-Unis, l'intérêt du Mesh Networking est de proposer du "haut débit n'importe quand, n'importe où, à faible coût et de manière simple" essentiellement au niveau de l'infrastructure télécom. Pour cela, l'éditeur a défini des protocoles de niveau 3 (encore à l'étude par l'IETF), conçu un routeur pouvant être placé sur l'éclairage public et annonce des tarifs de l'ordre de 500 000 dollars pour équiper une petite ville de 7 000 habitants. Au niveau des Routeurs, Tropos lance également son MetroMesh OS gérant l'infrastructure sans-fil et l'accès des abonnés, dans la rue ou à leur domicile, à l'arrêt ou en mouvement grâce à la gestion de l'itinérance entre deux bornes.

Initialement déployés par des municipalités américaines souhaitant disposer d'un réseau sans-fil à haut débit pour la police, les urgences, les transports ou la vidéo surveillance, ces réseaux commencent également à s'ouvrir au grand public avec des débits de l'ordre de 1 Mbit symétrique et des tarifs d'une quinzaine de dollars par mois constituant ainsi une alternative aux réseaux filaires ou câblés des opérateurs privés avec des applications comme l'accès internet ou la téléphonie IP.

Pour Rafi HALADJIAN, directeur d'Ozone, un opérateur sans-fil parisien, l'avenir des télécoms passe par le réseau "pervasif", proposant à la fois des débits permanents dignes de l'ADSL et la mobilité des réseaux cellulaires. Ozone entend utiliser le mesh networking pour sa propre infrastructure sans-fil mais également au niveau de ses clients, en connectant une multitude d'objets communicants mais également en faisant de ces objets, à commencer par les bornes WiFi, des relais potentiels au réseau pervasif. N'hésitant pas à parler de "peer-to-peer de réseau" et de fin du modèle client serveur, Rafi Haladjian souligne néanmoins l'absence de normalisation des technologies, les pertes de débits qu'entraînent les relais du signal ou encore les problèmes de topographie limitant la portée du signal en zone urbaine à forte densité comme on peut en trouver en Europe.

Chargé de réfléchir et de promouvoir les accès à haut débit pour les territoires et de lutter contre la "fracture numérique" au sein de la DATAR, Alain DUCASS n'a pour le moment identifié que 4 réseaux maillés en France mais invite toutefois acteurs privés et publiques à multiplier les expérimentations autour de ces technologies. L'agence devrait d'ailleurs être en mesure de financer ce type d'expérimentations.

Directeur du Syndicat Mixte Manche Numérique au conseil général de la Manche (Normandie), Philippe LE GRAND s'intéresse également à ces technologies, par exemple sur le domaine maritime où le signal peut être relayé entre deux navires, mais souligne que la priorité reste de voir apparaître de nouveaux usages liés au nomadisme avant de s'engager dans le déploiement de ce type de réseau.

Pour le moment étudié par les opérateurs sans-fil pour réduire les coûts de déploiement de leur infrastructure, les réseaux maillés sans-fil devront en tout cas attendre l'apparition d'une norme pour se développer et peut-être un jour être en mesure de séduire le grand public qui pourrait lui-même décider de déployer une infrastructure télécom avec une borne WiFi et des logiciels adaptés. L'avenir des équipementiers télécoms est-il dans le logiciel ?
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