La mission Ecoter se penche sur le WiFi

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Le 08 juillet 2002
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Chargée de populariser l'usage des NTIC auprès des collectivités locales, la mission Ecoter s'est penchée au Sénat sur la technologie internet sans-fil WiFi

WiFi sera t'elle le cheval de troie sur la boucle locale ? A l'occasion d'une conférence organisé mercredi 3 juillet au Sénat, la mission Ecoter s'est penchée sur la technologie internet sans-fil WiFi.

Présidée par Jean-Pierre RAFFARIN (actuel premier ministre) et animée par Christian JULIENNE, la mission Ecoter a pour objectif d'aider les collectivités locales à adopter les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

La première partie de la conférence, tournée vers les questions techniques, réunissait Brunot SALGUES, enseignant à l'INT, Vincent BLAVET de 42 Systems, Yves RODRIGUEZ et Christophe LEROUGE d'Alcatel et enfin Johny DAVOUST de 1 R&D. Les différents intervenants ont rappelé que la technologie WiFi était déjà ancienne mais qu'elle bénéficiait depuis peu d'un vif regain d'intérêt de la part des équipementiers. Les travaux de ces derniers devraient permettre de disposer dès cet été du 802.11a (sur la bande des 5 Ghz, avec un débit de 50 Mb/s) et avant la fin 2002 du 802.11g (même fréquence que le 802.11b mais également un débit de 50 Mb/s). Les travaux portent également sur l'intercompatibilité du WiFi avec les technologies cellulaires traditionnelles (GSM, CDMA, UMTS), sur la sécurisation (la clef de 40 bits devrait passer à 128 bits, nouveaux outils d'authentification) et sur les outils de facturation dans le cadre d'un usage commercial par un "wISP", un wireless ISP (fournisseur d'accès sans-fil).

La seconde partie de la conférence, tournée sur les questions juridiques, réunissait Martin LOYER de WiFi Paris, Pierre LEFORT et GUY KARAGHIOSAN de Provence Wireless, Caroline MISCHLER de l'ART et Pierre CONIL de l'Agence Nationale des Fréquences. Plus "tendue", cette table-ronde voyait s'opposer deux visions, celle d'associations soutenues par des élus locaux, ravis de trouver enfin une technologie bon marché pour proposer le haut débit dans les zones rurales, oubliées par les grands opérateurs, et celle d'organismes publiques chargés de contrôler l'usage de cette bande de fréquences, en attendant le retrait définit de l'Armée et la migration de ses équipements.

L'exemple du village de Mane, en haute-provence, dont le réseau WiFi mis en place par l'association Provence Wireless avait du être fermé suite à l'action conjointe de l'ART et de l'ANF a ainsi cristalisé l'opposition entre ces deux visions. La perspective d'un assouplissement prochain de la législation n'a pas convaincu les différents élus locaux présents dans la salle, visiblement déçus de devoir opter pour la clandestinité pour réduire le fossé numérique dans les zones rurales.

A l'image de l'expérimentation des inforoutes de l'ardèche (wadsl.com), un réseau sans-fil IP à très haut débit basé sur la technologie hypergate (brevet français développées par la société MDS.fr), les collectivités locales prennent conscience qu'elles peuvent reprendre le pouvoir sur la boucle locale et proposer, non seulement du téléphone mais également des services de télévision ou d'internet haut-débit.

Chargée de contrôler les fréquences mais également de préserver les équilibres d'un secteur économique engagé dans la TNT ou l'UMTS, les autorités voient donc d'un très mauvais oeil ces technologies "alternatives" et de surcroit très bon marché. Reste à savoir si la "France d'en bas", chère à Jean-Pierre RAFFARIN, acceptera très longtemps cette situation et si elle ne mettra pas tout simplement les autorités devant le fait accompli.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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