Les "anti-Hadopi" manifestent aussi physiquement

01 juin 2018 à 15h36
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Au cours même du débat sur la loi « Création et Internet » au parlement, jeudi 12 mars 2009, un appel à manifester était lancé. Le message s'est rapidement diffusé sur la Toile. À 18 heures 30, pourtant, moins d'une centaine de personnes s'étaient rassemblées aux abords de l'Assemblée nationale. Les milliers d'autres seraient-ils restés scotchés à leurs écrans ?

Le débat ne fait que commencer, car rien ne sera fixé avant le début du mois d'avril. Pourtant, les industries discographiques et cinématographiques pressent le pas. Et pour cause, la première accuse une division par deux de son chiffre d'affaires en six ans. EMI France a, par exemple, récemment vu ses effectifs fondre de 500 à 200 salariés.

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À cela, les « anti-Hadopi » opposent les erreurs de la filière, son retard en particulier. « Comment expliquer qu'un 'ado' de 15 ans puisse se procurer l'épisode d'une série américaine diffusée pour la première fois le jour même, la sous-titrer, puis la mettre à disposition des internautes en moins de 24 heures, alors que les industriels, eux, mettent plus de six mois pour le faire ? », se demande Guiral Lacotte, un membre de l'association de promotion du logiciel libre (l'April), présente à la manifestation. « Ils sont d'abord restés collés au CD, n'ont pas cru au téléchargement, puis ont voulu mettre des verrous partout pour multiplier leurs profits », a d'ailleurs déclaré Jérémy Zimmermann, responsable du collectif la Quadrature du Net, dans l'édition du journal Le Monde, aujourd'hui. Le débat sur la démocratisation de la culture et le financement de la création sur Internet n'en est qu'à ses débuts.

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La mise en scène organisée ce jeudi par le Mouvement des jeunes socialistes (MJS), entre autres, en dit long sur la situation. D'un coté un Nicolas Sarkozy factice, accompagné des représentants de l'industrie musicale, scandent « logique dépressive pour profits maximums », de l'autre, les internautes leurs rétorquent « notre alternative c'est la licence globale ». « Le problème de la licence globale, c'est la répartition des bénéfices », explique pourtant Olivier, dit « Bagozor » des Travailleursduweb.com. Payée chaque mois par les internautes, elle serait redistribuée entre producteurs, éditeurs, auteurs et fournisseurs d'accès. Une solution qui laisse la profession perplexe.

« On met des radars pour faire du chiffre » pour certains. « C'est une loi 'copinage' », pour Sébastien. « On nous demande d'être responsable de notre réseau, alors qu'eux n'y arrivent même pas. C'est une loi injuste et inapplicable ». Alors, comment rémunérer la création tout en démocratisant la culture ?

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Il y a bien Deezer, « qui bénéficie d'un forfait de diffusion tel que celui payé par les radios », selon un proche de l'affaire. Mais, ses complications avec les industriels du secteur, ainsi que son modèle qui « n'est pas à l'équilibre », laissent douter. Une affaire de philosophie ? Les débats du 2 avril prochain devraient apporter un début de réponse à cette « crise », finalement assez représentative de « l'atmosphère économique » ambiante.

NDLR : Une vingtaine de CRS sécurisait les abords de la manifestation, aucune déclaration n'ayant été faite à la préfecture.
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