Daniel Kaplan, Fing : "la ville numérique 'idéale' serait un ensemble ouvert et fluide"

13 janvier 2009 à 18h32
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Dans cet entretien réalisé pour la clôture du programme « Ville 2.0 », Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing), revient sur les missions de l'association et ses projets à venir.

MD - Daniel Kaplan, bonjour. En deux mots, pourriez vous revenir sur ce qu'est la Fing et son programme « Ville 2.0 »?

DK - La Fing est une association qui va bientôt fêter ses dix ans. Elle a pour vocation de repérer et stimuler les usages du numérique et des réseaux. Le programme « Ville 2.0 », c'est deux ans de partage et plus de cinquante réunions visant à mobiliser les acteurs des collectivités locales autour de ces sujets. Nous repérons les projets intéressants via la veille avec notre publication en ligne InternetActu, mais aussi via des ateliers thématiques ou encore nos « Carrefour des possibles » où une dizaine de projets son présentés en six minutes devant un parterre de professionnels et de passionnés. dismoiou.fr et rouletaville.fr, un projet de covoiturage pour les activités extrascolaires des enfants, ont par exemple été repérés grâce à cette démarche.

MD - En quoi consiste, par exemple, vos deux projets « Identités actives » et « Plus longue la vie »?

DK - Lancé il y a un an, « Identités actives » vise à rechercher des services et usages permettant de rester maître de son identité numérique. Car les utilisateurs ne portent plus uniquement leur attention sur la sécurisation des données personnelles, ils se projettent aussi. Comme le démontre notre enquête « Sociogeek », réalisée auprès de 12.000 internautes, les gens ne sont ni naïfs ni passifs sur ce thème. Certains dévoilent peu de choses, d'autres en dévoilent plus et théâtralise même leur existence. En revanche, il reste un tabou pour une grande majorité : la nudité. Le plus marquant dans cette étude n'est pas la différence de comportement entre les catégories d'âge, mais plutôt entre les catégories socioprofessionnelles. Les CSP+ auraient ainsi moins tendance à se dévoiler en ligne par rapport aux CSP- qui y trouve un moyen de faire évoluer leur réseau social.

Avec « Plus longue la vie », nous essayons de caractériser les besoins des diverses populations de personnes âgées. Il faut par exemple éviter de les rendre encore plus dépendantes qu'elles ne le sont. En 2030, près des 2/3 de la population française aura plus de 60 ans, il faut donc dès à présent réfléchir à des solutions technologiques plus adaptées « aux vieux qui vont bien », car cette partie de l'existence devient de plus en plus longue.

MD - Que pensez-vous du poste de secrétaire d'État à l'économie numérique (Éric Besson) nouvellement créé?

DK - C'est à double tranchant. Les technologies numériques ne doivent pas, à mon avis, être cantonnées à un seul ministère. C'est une problématique transversale. Cette initiative montre simplement combien ce secteur est stratégique.

MD - Quelle serait pour vous la ville numérique idéale? Les excès à éviter?

DK - Avec plus de 50% de citadins dans le monde, la problématique des villes est enjeu de taille (NDLR : un taux qui atteindrait près de 75% en France). Mais des villes telles que New Songdo, près de Séoul, montrent, selon moi, certains de ces excès. D'abord, cette ville donne l'impression de n'accueillir que des gens aisés. On se demande où sont logés les personnels qui font fonctionner la ville. D'autres parts, tout y est maîtrisé, comme dans un grand système. C'est liberticide et excessif. La ville numérique « idéale » devrait, au contraire, plus ressembler à un ensemble ouvert et fluide où la mise en relation prime sur la consommation.

MD - Pourriez-vous aborder l'agenda de la Fing pour 2009?

DK - Nous avons bien sûr l'intention de prolonger le programme « Ville 2.0 » lors de forums régionaux visant à comprendre d'autres dynamiques locales. Et nous seront présent lors de « Futur en scène », en mai-juin, avec des projets comme la montre verte (CityPulse), un outil rempli de capteurs visant à diffuser en ligne des données sur la qualité de l'air ou autre. Des testeurs volontaires, employés municipaux ou des classes pourraient ainsi être amenés à l'essayer. Le CitiWall, sorte d'affichage numérique public et tactile pourrait, pour sa part, être installé à Marseille ou dans d'autres villes avant la fin de l'année. Et des projets comme « Révéler l'hyperlocal », consacrés aux usages sociaux de l'internet ou « Urban Mobs » qui représente numériquement les flux urbains, devraient être poursuivis. Un nouveau « Carrefour des possibles » aura également lieu à Paris le 22 janvier prochain.

MD - Daniel Kaplan, merci
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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