Uber et Lyft en pleine bataille pour conserver le statut indépendant de leurs chauffeurs

Bastien Contreras Contributeur
06 septembre 2019 à 11h21
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Uber

Les deux principales plateformes de VTC américaines voient leur modèle menacé par un projet de loi en Californie, qui pourraient faire passer le statut de leurs chauffeurs de travailleurs indépendants à salariés. Par conséquent, la résistance s'organise, à grands coups de millions dépensés pour du lobbying.

La Californie, berceau d'Uber et Lyft, pourrait-elle également devenir leur tombeau ? C'est en tout cas la crainte affichée par les deux géants du VTC face au projet de loi « AB5 ».

Travailleur indépendant ou salarié, that is the question

Aujourd'hui, les chauffeurs inscrits sur ces applications disposent du statut de « travailleurs indépendants ». Cela signifie, en théorie, une certaine indépendance vis-à-vis de l'entreprise, qui joue le rôle de client pour eux, et non d'employeur. Mais cela implique également des droits limités : pas de congés maladie, d'assurance chômage, de salaire minimum garanti, de protection contre le harcèlement, de possibilité de se syndiquer, etc.

Or ce statut, si confortable (pour les entreprises), est de plus en plus remis en cause, à travers le monde. C'est le cas en France, où la législation demeure floue, mais aussi en Californie. Le projet de loi AB5 vise ainsi à clarifier la situation des chauffeurs et pourrait aboutir à la requalification de leur statut en « employés ». Avec des conséquences inévitables en matière de droits ou de salaire minimum.

Des dizaines de millions de dollars pour du lobbying

De quoi, évidemment, faire bondir des acteurs comme Uber ou Lyft. Car d'après une analyse de la banque Barclays, une telle révolution pourrait coûter plus de 500 millions de dollars par an à l'entreprise de Dara Khosrowshahi, et plus de 290 millions à sa rivale. À l'inverse, pour l'État californien, cela pourrait impliquer 7 milliards de dollars en plus, par an, en taxes...

La loi AB5 doit être prochainement étudiée par le Sénat, où elle pourrait bien être adoptée. En réaction, pour éviter un scénario catastrophe, Uber et Lyft se sont déclarées disposées à faire des concessions auprès des chauffeurs : congés maladie, salaire minimum de 21 dollars de l'heure (mais uniquement pendant les courses, pas durant l'attente d'un client), possibilité d'être représentés par une « voix collective » (sans parler directement de syndicat)... Et si cela ne suffit pas, les entreprises affirment être prêtes à investir 30 millions de dollars chacune en lobbying, pour soutenir un projet de loi concurrent.

Une « menace » qui a laissé incrédule Lorena Gonzalez, élue démocrate et principale auteure du projet de loi AB5 : « Des milliardaires qui clament ne pas pouvoir payer le salaire minimum de leurs travailleurs indiquent vouloir dépenser des dizaines de millions pour contourner les lois sur le travail. Payez juste vos fichus travailleurs ! » Mais entre 30 millions en lobbying et 500 millions par an en salaires, le calcul semble vite fait pour Uber.


Source : Le Point
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