Enceinte Bluetooth sédentaire, un genre qui mise sur le design et la simplicité d’usage, l’Acton est surtout le produit le plus abordable de la série Homeline de Marshall. Nouvelle version de ce classique, l’Acton IV remanie certains éléments et modernise encore le fond. Rien de révolutionnaire, mais de quoi combler les amoureux de la marque ?

Pas d'immenses différences par rapport à la précédente Acton, mais quelques améliorations © Guillaume Fourcadier pour Clubic
Pas d'immenses différences par rapport à la précédente Acton, mais quelques améliorations © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Malgré son fonctionnement sur secteur et son poids déjà important, l’Acton IV reste une simple enceinte Bluetooth. Sans surprise, elle s’appuie sur les forces habituelles du constructeur, comme un design iconique et une interface intégrée très riche. En retravaillant l’architecture acoustique, et en s’ouvrant enfin à la norme Auracast, cette Acton nouvelle génération entend passer un cap.

8  / 10
Les plus
  • Son puissant, bonne extension dans les basses
  • Signature assez équilibrée
  • Design et qualité de fabrication
  • Interface intégrée élégante et complète
Les moins
  • Petit manque de richesse des aigus, stéréo très resserrée
  • Connectivité limitée au Bluetooth
  • LE Audio/Auracast inopérant (pour le moment)

Un bel objet pour le salon

A moins d’être vraiment réfractaire à la patte Marshall, difficile de ne pas adhérer au design de cette Acton IV. Évidemment très proche de sa devancière ainsi que des autres modèles Homeline, les plus imposantes Stanmore et Woburn, ce petit parallélépipède coche toutes les cases. L’association entre le châssis d’un noir mat, les tons clairs de la grille avant, et les accents laitonés de l’interface, nous évoque les vénérables amplificateurs pour guitare. Surtout, l’Acton IV est suffisamment menue (26 x 17 x 15 cm) pour trouver sa place sur l’immense majorité des meubles.

Tout le monde n'accroche pas au côté très vintage de la Marshall Acton IV, mais cette enceinte Bluetooth ne ressemble à aucune autre © Guillaume Fourcadier pour Clubic

La construction est au diapason, à défaut d’être d’un luxe sartorial façon B&O : corps en MDF, revêtement en vinyle texturé type Tolex, grille avant simulant du tissu, plaque supérieure et commutateur en aluminium anodisé, pieds de découplage discrets en caoutchouc.

Pas luxueuse, mais premium © Guillaume Fourcadier pour Clubic

L’enceinte affiche une densité rassurante, et est parfaitement assemblée. En déportant la connectique et l’évent sous le produit, dans une cavité, l’Acton IV parait plus sérieuse que jamais. Bien sûr, l’écart de conception n’est pas gigantesque par rapport à l’Acton III, mais il n’est pas négligeable non plus.

Un plaisir à utiliser, mais des interrogations

Marshall veut aller au plus simple, d’où une vision de la connectivité s’arrêtant à la frontière du Bluetooth. Sur le papier, la recette fonctionne, d’autant que la nouvelle puce 5.3 est compatible Auracast, ce qui est normalement synonyme d’universalité et de compatibilité LE Audio (l’Auracast étant normalement englobé dans cette norme, ou plutôt ce framework).

Mais c’est également ici que nos interrogations commencent. En effet, pas de trace d’universalité de l’Auracast, que ce soit par la voie classique avec un smartphone (apparition du produit dans l’onglet diffusion du S25 Ultra), ou par l’application dédiée Marshall. Cette dernière ne met en effet en avant aucune option ou onglet ressemblant de près ou de loin à une fonction LE Audio/Auracast, malgré ce qui est annoncé sur la fiche produit. La marque reste un peu évasive, mais cela semble venir d’un déploiement un peu tardif de l’activation dans l’application Marshall. Nous laissons donc ce point en suspens.

En dehors de cette hypothétique connectivité, la partie Bluetooth Classic comprend du multipoint, les appairages rapides Fast Pair et Swift Pair, et la prise en charge des codecs SBC/AAC et LDAC.

Des très bonnes idées : une connectique cachée dans la base, et un évent vertical © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Côté connectique, la marque progresse légèrement, puisque nous n’avons plus le droit à une unique entrée ligne jack 3,5 mm, mais à du jack 3,5 mm et à une seconde entrée RCA, astucieusement camouflée dans la base, à côté de l’embase secteur.

Le panneau de commandes reste un modèle du genre © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Le tout est associé à la fameuse interface Marshall, qui met l’accent sur les boutons physiques : joystick multifonction de navigation (lecture/pause/passage de piste) ; bouton de sélection de l’entrée ; un nouveau bouton programmable M ; commutateur on/off ; trio de potentiomètres. Ces derniers permettent de régler le volume, mais également le niveau de basses et le niveau d’aigus, sans utiliser l’application. Le tout s’accompagne de leds rouges très élégantes. Clairement, cette interface est une des raisons du succès de la gamme Homeline, voire de la marque en général (sur le segment des enceintes actives).

L'application Marshall n'est pas encore aussi riche que nous pourrions le souhaitée, mais l'égalisation est déjà là

Avec l’application, les choses sont globalement positives, bien que celle-ci ne soit donc pas complètement finalisée. Outre un égaliseur 5 bandes, la marque intègre à présent une technologie adaptant le rendu sonore en fonction du placement de l’enceinte (proche d’un meuble, d’un coin, etc.), et un outil de programmation pour le bouton M (Profil sonore, Spotify Tap). 

Puissance maitrisé, stéréo timide

La recette acoustique de la marque est simple : un bon woofer de 10 cm, et deux tweeters à dôme de 19 mm accompagnés de guides d'ondes (configuration stéréo donc). Petite nouveauté, l’évent tubulaire utilisé pour la charge bass-reflex est ici placé à la base du produit, et non à l’arrière comme cela était le cas sur la génération précédente, ce qui simplifie le placement. Le tout est propulsé par trois amplificateurs classe D : 60 W RMS pour le woofer, 25 W pour chaque tweeter. Pour les spécifications, Marshall n’est pas timide : bande passante de 37 Hz – 38 kHz (aucune précision sur cette mesure), et SPL max de 95 dB.

Une architecture du genre simple et efficace, deux voies et stéréo, avec un woofer et deux tweeters © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Non, Marshall n’a pas complètement changé son fusil d’épaule. Mais, là où ses anciennes créations présentaient des profils sonores très marqués pour ne pas dire exubérants, l’Acton IV parvient enfin à concilier puissance et relatif équilibre.

Point de neutralité, mais les pics et les creux trop marqués, notamment dans les haut-médiums et les aigus, sont presque anéantis. Légèrement rond, le son est agréable, car puissant sans être compressé. L’extension dans les graves est là, sans que le spectre ne soit gonflé. Ce registre n’est pas aussi propre que sur les meilleures enceintes à colonne, mais une bonne linéarité se dégage, d’où une certaine propreté dans l’écoute, à défaut d’avoir affaire à une merveille de nuances.

Malgré sa petite taille, la Marshall Acton IV a vraiment quelque chose dans les tripes. Seuls les derniers crans de volume permettent de vraiment pointer du doigt les limites techniques du produit, la baisse dans les basses étant plus précoce, par exemple, que sur sa grande sœur Stanmore IV.

La Stanmore IV est encore plus impressionnante, mais le woofer de l'Acton IV reste assez imposant au vu de la taille de l'enceinte © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Les médiums et les aigus sont eux aussi équilibrés, bien que légèrement en retrait à l’oreille par rapport aux basses. Nous échappons aux sensations de voile ou à un son boueux, mal défini, pour nous rapprocher d’un profil un peu plus doux que tranchant, tout simplement. À l’inverse, quelques scintillances sont de la partie (au-delà des 8-10 kHz), signe que les tweeters ont encore une marge de progression. Ce registre est maitrisé mais pas d’un incroyable niveau de détails, et la scène sonore, certes stéréo, est malheureusement trop peu étendue sur les côtés. Nous aimerions retrouver une véritable ampleur, un côté enveloppant, mais l’Acton IV est plus proche d’une représentation mono un peu large que d’une stéréo très marquée.

À qui s'adresse vraiment la Marshall Acton IV

Cette enceinte sédentaire est assez particulière, mais s'adresse à :

  • Ceux qui apprécient le design rétro iconique de Marshall
  • Les aficionados de son puissant mais assez équilibré
  • Ceux qui n'ont pas besoin d'une dimension connectée

Marshall Acton IV : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

Belle, bien finie, agréable à utiliser, et distillant un son puissant et relativement équilibrée, la Marshall Acton IV est une enceinte Bluetooth de salon très recommandable, en particulier pour qui accroche à son esthétique rock.

Malgré tout, des éléments sont perfectibles, et certaines promesses ne sont qu’à demi-respectées. Le registre aigu est très correct mais pas d’une grande richesse ni d’une grande ampleur, et la puce Bluetooth 5.3, sur le papier moderne, n’exploite pas réellement les possibilités du LE Audio à l’heure où nous écrivons ces lignes. Un produit très efficace et agréable à utiliser malgré tout.

Les plus
  • Son puissant, bonne extension dans les basses
  • Signature assez équilibrée
  • Design et qualité de fabrication
  • Interface intégrée élégante et complète
Les moins
  • Petit manque de richesse des aigus, stéréo très resserrée
  • Connectivité limitée au Bluetooth
  • LE Audio/Auracast inopérant (pour le moment)
Sous-notes
Construction
9
Connectivité/connectique
6
Ergonomie
8
Qualité sonore
8