Sunseeker revient avec une X7 Gen 2 qui abandonne totalement l’antenne RTK au profit d’un positionnement par réseau, et promet d’avaler jusqu’à 3 000 m² de pelouse. Sur le terrain, la tondeuse impressionne par ses déplacements et la qualité de sa coupe, mais quelques angles morts logiciels viennent tempérer notre enthousiasme.

La Sunseeker Elite X7 Gen 2 ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
La Sunseeker Elite X7 Gen 2 ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
8  / 10
Les plus
  • Qualité de coupe excellente
  • Motricité tout-terrain remarquable
  • Installation simplifiée, plus d'antenne RTK à positionner
  • Autonomie confortable et recharge rapide
  • Réglage de l'angle de tonte
  • Peu bruyant sur un grand terrain (60 dB)
Les moins
  • Pas de retour caméra accessible dans l'application
  • Erreurs à réinitialiser uniquement sur l'écran du robot
  • Petits objets au sol mal détectés
  • Contacts répétés avec les troncs et les bordures
  • Abonnement à 49 euros par an après la période incluse

Le marché du robot tondeuse a définitivement tourné la page du câble périphérique. En 2026, la bataille se joue ailleurs : sur la précision du positionnement, la capacité à franchir des terrains difficiles, et la finesse de la détection d’obstacles. Sunseeker arrive sur ce terrain avec une X7 Gen 2 qui coche méthodiquement toutes les cases.

La marque abandonne l’antenne RTK traditionnelle, celle qu’il fallait planter en hauteur et dégager de tout obstacle, pour un système baptisé AONavi 2.0. Le principe combine un positionnement RTK par réseau, via un module 4G intégré, avec une navigation visuelle VSLAM 2.0 qui prend le relais dès que le signal satellite faiblit. Résultat : plus rien à installer dans le jardin en dehors de la station de charge. Le tout est piloté par une puce IA de 10 TOPS, un double disque de coupe de 35 centimètres et une transmission intégrale annoncée capable d’affronter des pentes à 35 degrés.

Pour ce test, j’ai fait appel à mon meilleur ami, qui a accepté de me prêter son jardin pour l’occasion. Un terrain d’environ 3 000 m², légèrement vallonné, criblé de trous et avec tout ce qu’un extérieur familial compte d’obstacles : trampoline, but de football, bâche de piscine en attente. Merci à lui, et autant dire que le terrain de jeu était idéal pour éprouver les promesses du constructeur.

Test réalisé sur un exemplaire prêté par le constructeur.

Installation et cartographie : plus simple qu’il n’y paraît

La boîte est un sacré morceau, et la documentation fournie ne fait pas dans la légèreté. Paradoxalement, c’est plutôt bon signe : tout est décrit avec précision, et l’installation se déroule sans la moindre difficulté. C’est l’un des bénéfices directs de l’abandon de l’antenne RTK. Là où les générations précédentes imposaient de trouver un emplacement dégagé, de planter un mât et de prier pour que le signal passe, il suffit ici de poser la station de charge et de laisser le module 4G faire son travail.

Un gros bébé, jusqu'à son épais manuel d'installation ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Après la charge initiale, l’appairage passe par le Bluetooth puis le Wi-Fi. Petite surprise au passage : la box se trouve très loin de la station, et la connexion est tout de même passée sans broncher. Un bon point pour les jardins dont la base se situe en fond de terrain, loin de la maison.

La cartographie s’enchaîne naturellement. On pilote le robot depuis l’application pour faire le tour de la propriété, et l’opération se révèle intuitive et sans accroc. La définition des zones à éviter est tout aussi simple, ce qui m’a permis d’exclure rapidement le but des enfants, le trampoline et la bâche destinée à la future piscine. L’application propose ensuite un planning de tonte que l’on affine à sa guise, en jouant sur les plages horaires, la vitesse de déplacement et l’espacement entre les passages. Je l’ai réglé au plus serré, quasiment au brin d’herbe près.

Tonte : une pelouse mieux traitée qu’au tracteur

C’est ici que la X7 Gen 2 convainc le plus rapidement. Le double disque de 35 centimètres, équipé de six lames réparties uniformément, abat un travail remarquable. J’ai réglé la hauteur de coupe à 5 centimètres sur un terrain sortant d’un épisode de sécheresse, envahi de mauvaises herbes en tout genre. La moindre plante y est passée.

Deux éléments expliquent ce résultat. D’abord une largeur de coupe de 35 centimètres, généreuse pour un robot de cette catégorie, qui réduit sensiblement le nombre de passages nécessaires pour couvrir la surface. Ensuite le double plateau flottant, capable de suivre les irrégularités du sol plutôt que de scalper les bosses et d’ignorer les creux. Sur un terrain aussi accidenté que celui-ci, la différence se voit au premier coup d’œil.

Un modèle tout-terrains pour les grands jardins ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le réglage de la hauteur de coupe s’étend de 2 à 10 centimètres et se pilote intégralement depuis l’application, y compris en pleine session. Attention toutefois à un détail qui a son importance : ce réglage à la volée dépend de la qualité de la liaison avec le robot. Dès que la connexion se perd, la tondeuse revient à sa hauteur de coupe d’origine. Sur un grand terrain avec des zones mal couvertes, mieux vaut donc programmer sa hauteur avant le départ plutôt que de compter sur un ajustement en cours de route.

Sunseeker propose également de modifier l’angle de tonte, une option que l’on retrouve de plus en plus sur le haut de gamme et qui n’a rien d’un gadget. Varier les angles d’une session à l’autre évite de marquer la pelouse en couloirs et améliore nettement le rendu final, sans ces effets de bandes que l’on associe habituellement aux terrains de sport. Le résultat est plus naturel, et le gazon est préservé.

Deux disques de coupe sous le capot ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Côté nuisances sonores, le constructeur annonce 60 dB mesurés sur le capot, et c’est effectivement le cas lors de mes essais. Comparée à une tondeuse classique, la différence est évidemment sans appel. Meilleur indicateur encore : le chien de mon ami ne prête absolument aucune attention au robot quand il circule, ce qui en dit long sur la discrétion de l’engin.

Motricité : un vrai tout-terrain

Si un point devait résumer cette X7 Gen 2, ce serait celui-là. La transmission intégrale, avec des roues motrices à l’avant et entraînées indépendamment et une suspension qui encaisse les irrégularités, transforme la tondeuse en véritable engin tout-terrain.

Le jardin sur lequel le Sunseeker a travaillé compte plusieurs trous conséquents, de ceux qui immobilisent net un robot d’entrée ou milieu de gamme, muni seulement de deux roues motrices et de deux roues mortes. À plusieurs reprises, j’ai vu la X7 Gen 2 s’enfoncer complètement dans une faille, une roue dans le vide, et s’en extraire sans le moindre effort apparent. Sur l’ensemble du test, je n’ai eu à intervenir qu’une seule fois pour la débloquer. C’est remarquable pour un terrain de cette nature.

Deux roues motrices à l'avant pour un robot parfois un peu nerveux dans ses déplacements©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Cette débrouillardise a toutefois une contrepartie. La X7 Gen 2 est parfois un peu brutale (on peut même dire « bourrine ») dans son approche. Au niveau des bordures de terrasse, elle n’hésite pas à se frotter au béton pour passer coûte que coûte, quitte à se prendre quelques rayures sur ses flancs en plastique. Le résultat est là, la tonte est complète jusqu’au bord, mais l’esthétique de la carrosserie en prend un coup au fil des passages.

Le constructeur annonce une capacité de franchissement de 70 %, soit 35 degrés de pente. Je n’ai pas eu l’occasion d’éprouver ce chiffre sur un terrain aussi escarpé, mais ce que j’ai constaté sur les irrégularités du jardin rend la promesse tout à fait crédible.

Navigation et obstacles : une vision efficace, avec des angles morts

Le système Vision AI 2.0 combine une caméra binoculaire pour le jour et un capteur iToF pour la vision nocturne, l’ensemble tournant sur la puce 10 TOPS. Si vous n’êtes pas à l’aise avec les termes techniques, sachez que sur le papier, la tondeuse voit tout, à toute heure. En pratique, la copie est solide, avec quelques réserves.

J’ai voulu éprouver le système en retirant la zone du trampoline de la cartographie, pour voir si le robot s’aventurerait dessous. Mission accomplie : la X7 Gen 2 est bien passée sous la structure en contournant proprement les pieds métalliques, sans les toucher. Même réussite sur les objets volumineux et les ballons abandonnés dans l’herbe, systématiquement évités.

L'alerte de collision fonctionne elle aussi. Quand le chien passe devant la tondeuse, l’alarme se déclenche immédiatement, ce qui rassure quand des animaux ou des enfants circulent dans le jardin pendant une session.

Une tondeuse qui se voit, et qui voit tout, même de nuit ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Deux bémols cependant. Le premier concerne les petits objets au ras du sol : un jouet en peluche traînant dans l’herbe n’a pas survécu au passage des lames. La détection excelle sur le volumineux et le vertical, beaucoup moins sur ce qui se confond avec la pelouse. Mieux vaut garder le réflexe de nettoyer les objets et autres peluches de valeur pour éviter toute catastrophe.

Le second concerne les arbres. Le contournement fonctionne, la tondeuse fait bien le tour, mais elle a une fâcheuse tendance à taper dans le tronc avant de corriger sa trajectoire. Rien de dramatique pour l’arbre comme pour le robot, mais on est loin de la procédure d’évitement annoncée.

Je note une absence plus embêtante : impossible d’accéder au retour caméra depuis l’application. La tondeuse embarque pourtant tout le nécessaire, et cette fonction existe chez certains concurrents. Soit elle est réellement absente, soit elle est enfouie si profondément dans les menus que je ne l’ai pas trouvée, ce qui poserait alors un problème d’ergonomie tout aussi réel.

Autonomie, application et entretien

Sur mes 1 300 m² réglés en tonte lente avec un espacement de passage très serré, la X7 Gen 2 boucle l’intégralité du terrain en six heures, recharge comprise. Concrètement, elle effectue une première session, revient se recharger, puis repart terminer le travail. La recharge complète est rapide, ce qui limite nettement le temps d'immobilisation.

Les chiffres bruts sont éloquents : lors d’une session, le robot a tenu 263 minutes sur une seule charge, soit plus de quatre heures, et affichait encore 17 % de batterie. Pour un terrain de cette taille, l’autonomie est largement calibrée, et la tondeuse dispose d’une marge confortable pour absorber des surfaces plus importantes.

L'autonomie est impressionnante avec près de quatre heures de travail sur une seule charge ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

L’application Sunseeker Smart remplit l’essentiel du contrat, avec la programmation, la gestion des zones, les réglages de coupe et l’intégration aux assistants vocaux. Elle reste néanmoins un cran en dessous de ce que proposent les meilleures applications d’aspirateurs robots en matière d’intuitivité. On s’y retrouve, mais elle demande un temps d’adaptation et paraît parfois brouillonne.

Un défaut irritant mérite tout de même d’être signalé : impossible de réinitialiser les erreurs depuis l’application. L’opération passe obligatoirement par le petit écran LCD du robot, lui-même difficilement lisible en plein soleil. Un aller-retour au fond du jardin pour acquitter un message d’erreur, en 2026, c’est agaçant, même si l’on comprend les raisons de sécurité derrière cette contrainte.

©Mathieu Grumiaux pour Clubic
©Mathieu Grumiaux pour Clubic
©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Côté entretien, c’est du tout bon. Avec une herbe sèche, peu de débris s’accrochent aux roues ou au système de coupe. Les petites brosses positionnées face aux roues crantées constituent une excellente idée, qui limite considérablement l’accumulation de terre et de résidus.

Enfin, un point que le constructeur ne met pas franchement en avant. Le positionnement par réseau repose sur un abonnement NetRTK et 4G, inclus pour 24 mois. Passé cette période, le renouvellement est facturé 49 euros par an, et reste indispensable au fonctionnement du système de navigation. Une dépense récurrente à intégrer au calcul avant l’achat.

Il y a même une brosse pour les roues afin de dégager l'herbe et la terre accumulées durant la tonte ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Sunseeker X7 Gen 2 : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

Sur le terrain, la X7 Gen 2 m'a bluffé. Trous, pentes, bordures de terrasse, rien ne l'arrête, et je ne suis intervenu qu'une seule fois sur tout le test. La coupe est propre, l'autonomie largement suffisante, et l'antenne RTK est enfin de l'histoire ancienne. Un bulldozer qui aurait (presque) appris les bonnes manières. Presque, parce qu'il continue de racler le béton et de taper dans les troncs avant de se raviser. Agressif, mais efficace.

Là où ça se gâte, c'est le logiciel. Une tondeuse capable de s'extirper seule d'un cratère, mais pas de me laisser valider une erreur depuis mon téléphone ? Il faut traverser le jardin, plisser les yeux devant un mini-écran illisible en plein soleil, et appuyer. En 2026, désolé, mais ça ne passe pas. Ajoutez un abonnement qui prendra le relais une fois la période offerte écoulée, et l'addition devient moins sympathique.

Le problème de la X7 Gen 2 n'est pas sa mécanique, c'est son logiciel. Pour un grand jardin accidenté, c'est un modèle onéreux certes, mais à acheter les yeux fermés. Pour les autres, ceux qui n'ont pas besoin d'un tel tout-terrain, les lacunes de l'application pèseront bien plus lourd. Sunseeker a livré le muscle. Ne manque plus qu'un cerveau un peu plus développé.

Les plus
  • Qualité de coupe excellente
  • Motricité tout-terrain remarquable
  • Installation simplifiée, plus d'antenne RTK à positionner
  • Autonomie confortable et recharge rapide
  • Réglage de l'angle de tonte
  • Peu bruyant sur un grand terrain (60 dB)
Les moins
  • Pas de retour caméra accessible dans l'application
  • Erreurs à réinitialiser uniquement sur l'écran du robot
  • Petits objets au sol mal détectés
  • Contacts répétés avec les troncs et les bordures
  • Abonnement à 49 euros par an après la période incluse
Sous-notes
Tonte
9
Application
9
Autonomie
8
Bruit
9
Sécurité
10
Entretien
9

Fiche technique Sunseeker Elite X7 Gen 2

Résumé
Surface de tonte max.3,000m²
Inclinaison max.70%
Niveau sonore60dB
Caractéristiques techniques
Surface de tonte max.3,000m²
Inclinaison max.70%
Niveau sonore60dB
ContrôleWifi, Bluetooth, 4G
Hauteur de coupe ajustable20-100 mm
Largeur de coupe0.35m
Indice de protectionIPX5
Système AWDOui
CapteursCaméra binoculaire et caméra iToF (Vision AI 2.0, vision diurne et nocturne), positionnement nRTK réseau, VSLAM 2.0, capteur de pluie, détection d'obstacles flottants et protection anti-chute. Puce IA de 10 TOPS.
Caractéristiques physiques
Longueur74.1cm
Largeur51.3cm
Hauteur26.7cm
Poids14.3kg