Surveiller une résidence secondaire, un terrain isolé, un entrepôt ou un chantier sans prise électrique ni Wi-Fi fiable relève souvent du casse-tête. La caméra de vidéosurveillance Tapo C665G Kit prétend simplifier l'équation grâce à la connexion 4G et un panneau solaire. Voyons ensemble si la recette de TP-Link s'avère gagnante dans la vraie vie...

Aucune offre disponible, découvrez :
- Le combo 4G + panneau solaire
- La simplicité d'utilisation
- La reconnaissance de visages
- La 4K associée à une focale plutôt longue
- Le panneau solaire efficace
- La gestion de la SIM (absence de code PIN, pas d'eSIM)
- Les antennes peu discrètes
- Une vision nocturne infrarouge limitée en distance
- La détection IR toujours aussi sensible
Une installation pensée pour le terrain avec quelques réserves
À l'ouverture de la boîte, on découvre une caméra motorisée pan/tilt, un panneau solaire avec un socle de fixation, la visserie nécessaire et un câble USB Type-C de déport (3,6 mètres) pour optimiser l'exposition du panneau solaire. Le tout est certifié IP65, caméra comme panneau.
La mise en route est l'un des points forts du produit. L'application Tapo reste l'une des plus accessibles du marché : ajout de la caméra, configuration de la 4G, réglages de détection et zones d'activité, tout se fait rapidement et sans jargon inutile.

Le contenu de la boîte de la caméra extérieure de vidéosurveillance Tapo C665G Kit. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Il y a toutefois un passage obligé qui vient un peu égratigner la promesse du plug and play : la carte SIM. Pas d'eSIM ici, mais une nano-SIM physique… et surtout une contrainte qui pique en 2026. Il faut impérativement désactiver le code PIN de sa carte téléphonique, sous peine de voir la caméra refuser toute connexion au réseau mobile. La manipulation n'a rien de sorcier, mais sur le plan de la sécurité, le compromis est discutable. En clair, si quelqu'un met la main sur votre caméra, il pourra récupérer en plus la SIM et utiliser votre forfait jusqu'à ce que l'opérateur bloque la ligne.
Pour notre test, j'ai opté pour la seconde SIM incluse dans mon abonnement mobile, une solution pratique si votre opérateur le permet. À défaut ou si l'option est facturée trop cher, mieux vaut se tourner vers un forfait data à petit prix : inutile de surpayer pour ce type d'usage.
Sous la bulle de la caméra, vous trouverez le bouton On/Off (cette fois-ci indiqué dans le mode d'emploi), le bouton de redémarrage ainsi que l'emplacement de la carte mémoire (microSD non fournie). Toujours sous la caméra, mais plus en arrière, on retrouve un emplacement protégé par un double bouchon en caoutchouc. Celui-ci cache l'emplacement pour la carte téléphonique nano-SIM et la prise USB-C pour la recharge (via panneau solaire ou chargeur idoine). ©Nicolas Guyot pour Clubic
À titre indicatif, TP-Link précise qu'une heure d'enregistrement en direct consomme 653 Mo de données en 4K et 206 Mo en 720p (un peu plus si vous passez par le service cloud du fabricant qui permet notamment de recevoir des notifications avec vignettes et d'archiver vos données ailleurs que sur la caméra, ce qui est pratique en cas de vandalisme sur l'appareil). Autrement dit, sauf à surveiller un site très fréquenté ou à passer son temps à visionner en direct ce qui se passe devant l'objectif de la caméra, un forfait mobile 4G avec une quantité de data modeste suffit amplement. Signalons qu'en mode 4G, un compteur de data est disponible pour surveiller la consommation de données.
Autre point de vigilance, la trappe nano-SIM/microSD, située sous la caméra, est protégée par un simple double bouchon en caoutchouc. Officiellement, l'IP65 est là. Dans la durée, notamment en cas d'exposition directe aux intempéries, c'est peut-être un peu léger pour préserver la carte SIM de l'humidité et donc d'une potentielle corrosion.
Dernier point très concret, mais impossible à ignorer : les antennes. Côté réception, elles font parfaitement le travail. En revanche, leur design tranche avec l'ambition de discrétion que l'on attend d'une caméra de vidéosurveillance. On est clairement plus proche du routeur d'ancienne génération que de l'objet qui se fond dans le décor. Tapo assume ici un choix très visible, presque ostentatoire.
Petit conseil pratique, issu de mon expérience avec ce produit : pensez à retirer le film plastique des deux antennes avant la fixation en hauteur de la caméra. Sinon, vous risquez de vous retrouver, comme moi, à ressortir l'échelle pour décoller laborieusement la pellicule protectrice à deux ou trois mètres du sol. Un moment aussi inutile qu'agaçant… et dangereux.
L'interface de l'appli Tapo est facile à appréhender. Un modèle du genre ! ©Nicolas Guyot pour Clubic
Enfin, certains s'étonneront peut-être de l'absence de compatibilité 5G. Dans les faits, ce n'est pas un vrai manque. La 4G suffit largement pour consulter les flux vidéo, recevoir des notifications ou déclencher un visionnage ponctuel en direct. Encore faut-il que la couverture soit au rendez-vous. Avant d'investir dans ce type de caméra, mieux vaut en effet vérifier que l'emplacement choisi est bien couvert en 4G par votre opérateur. Sans quoi, la promesse d'autonomie pourrait vite se transformer en source de frustration.
Autonomie : le solaire passe enfin à la vitesse supérieure
Autre élément clé pour une caméra de vidéosurveillance réellement autonome : le panneau solaire. Sur le papier, la proposition de Tapo est séduisante. La C665G embarque une batterie de 10 000 mAh associée à un système de recharge solaire censé lui permettre de fonctionner en continu, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. TP-Link avance qu'environ 45 minutes de soleil direct pourraient suffire à couvrir une journée d'usage classique. Dans la pratique, tout dépend évidemment du contexte : fréquence des détections, nombre de consultations en direct, ensoleillement réel… et exposition du panneau.
Installée plein nord, au fond d'un jardin de banlieue parisienne et bien éloignée de mon réseau Wi-Fi, la caméra s'est pourtant montrée capable de se recharger seule (mode 4K à 15 images par seconde), y compris en plein hiver (sauf pendant les épisodes neigeux, la couche de neige empêchant toute recharge). En revanche, dès que l'on active l'enregistrement permanent 24/7, la consommation grimpe fortement et le panneau solaire ne suffit plus à compenser. Le retour des beaux jours et, idéalement, une exposition plein sud devrait corriger le tir, comme nous l'avions déjà constaté lors de notre test de la Tapo C660 Kit, parfaitement orientée.
Selon l’emplacement de la caméra, l’orientation du panneau solaire est essentielle. Sur la deuxième photo, on voit qu’un positionnement trop vertical peut entraîner des soucis en cas de neige. ©Nicolas Guyot pour Clubic
À noter d'ailleurs que le panneau solaire de la Tapo C665G progresse nettement par rapport à celui de la C660 pourtant très proche visuellement. On passe de 2,5 à 4,5 watts, avec une surface légèrement accrue. Pour un produit destiné à rester dehors toute l'année, ce gain est loin d'être anecdotique. En contrepartie, la fixation perd un peu en élégance. Là où la C660 permettait d'accrocher directement le panneau sur la caméra, la C665G en est empêchée par ses antennes 4G. Les orienter vers le bas n'étant pas une option viable pour la réception cellulaire, il faudra passer par le support déporté fourni. Rien de rédhibitoire, mais l'ensemble paraît immédiatement moins intégré, avec un câble USB-C apparent reliant les deux éléments.
4K et focale plus longue : voir moins large, mais plus juste
À l'usage, la C665G se distingue par une image 4K (8 Mpx) réellement exploitable, que l'on soit en Wi-Fi ou en 4G (réception au top, ça joue). Le niveau de détail permet un zoom numérique sans que tout ne se transforme en bouillie, ce qui fait la différence lorsqu'il se passe quelque chose sur la zone surveillée. Signalons aussi que TP-Link a opté pour une optique moins grand-angle que sur la C660. Le champ est plus resserré, mais la portée visuelle est meilleure. Pour surveiller un portail, une allée, des voitures ou une zone de stockage, ce choix est souvent plus pertinent qu'une vue ultra large, mais peu lisible à distance.
Au-dessus de l'optique de la caméra, on retrouve deux LED infrarouges (850 nm) et deux projecteurs LED. Le système de suivi est très efficace et fonctionne à 326° (360° si on prend en compte les capacités optiques de la C665G). ©Nicolas Guyot pour Clubic
En revanche, on peut s’interroger sur le choix de n’avoir intégré que deux capteurs infrarouges pour la vision nocturne. C'est sans doute le point le plus surprenant pour un produit qui fait le choix d'une optique qui zoome légèrement plus que la C660 (focale de 4,0 mm contre 3,17 mm). La portée infrarouge est donc plus courte que sur la C660 : environ 10 mètres annoncés (et constatés, sauf éclairage nocturne), contre près de 15 mètres sur la version uniquement Wi-Fi (avec 4 capteurs IR). La caméra propose bien une vision nocturne couleur via projecteurs, mais pour de l'identification à longue distance dans l'obscurité totale, la C665G est moins ambitieuse que sa devancière. Dommage.
Par ailleurs, évitez de placer la caméra trop près d’un mur réfléchissant ou d’un feuillage. La détection infrarouge active est en effet très sensible, un point qu'elle partage aussi avec la C660. En contrepartie, les LED peuvent être réglées en fonction de la distance de la zone à surveiller (proche, moyenne ou lointaine).
La motorisation pan & tilt fait clairement partie des points forts de la C665G. Depuis l'application, on peut balayer l'ensemble de la zone, suivre un mouvement ou programmer des angles de patrouille pour surveiller plusieurs points sensibles (portail, accès, parking, dépendance, etc.) sans avoir à multiplier les caméras. À l'usage, l'ensemble se montre réactif et suffisamment précis pour recadrer une scène en quelques secondes, même à distance via la 4G.
La définition 4K permet d'obtenir un bon niveau de zoom numérique. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Bonne surprise côté nuisances sonores, le moteur reste globalement discret et ne donne jamais l'impression de forcer ni de mouliner inutilement. Il n'est toutefois pas totalement silencieux. Dans un environnement très calme, à proximité immédiate, un léger bruit de rotation se fait entendre. Rien de rédhibitoire, mais assez pour rappeler que l'on est face à une caméra active, et non à un simple dôme passif.
La reconnaissance de visages : le vrai gain au quotidien
C'est peut-être l'une des nouveautés les plus intéressantes de cette C665G. La caméra apprend progressivement les visages et permet de filtrer les notifications. Dans un contexte de résidence principale, cela change beaucoup de choses : moins d'alertes inutiles, plus de confiance quand la notification indique un nom plutôt qu'un simple mouvement détecté. Point important : TP-Link insiste sur un traitement local des données faciales. Les visages ne seraient pas envoyés dans le cloud (promesse impossible à vérifier lors de mon test), ce qui rassurera les utilisateurs les plus sensibles à ces questions.
La caméra apprend rapidement à reconnaître les visages les plus familiers. En revanche, le système de détection actif par IR est toujours aussi sensible (cf. visuel du milieu et les branchages à droite). ©Nicolas Guyot pour Clubic
La C665G peut fonctionner en enregistrement quasi continu, 24 heures sur 24, avec les compromis habituels que cela implique côté énergie. On retrouve ici tout l'arsenal logiciel bien connu de l'écosystème Tapo : détection des personnes, des animaux et des véhicules, suivi automatique des mouvements et patrouille motorisée. Pour ceux qui veulent creuser le sujet, notre test de la Tapo C660 Kit, qui repose sur la même base logicielle, détaille déjà la plupart de ces fonctions.
Sur le terrain, l'IA fait globalement le job… sans être encore irréprochable. Les confusions entre humains et animaux persistent, surtout dans des zones où les passages sont mixtes (chiens, chats et humains ; aucun extraterrestre n'ayant été détecté durant mes essais). Rien de réellement bloquant toutefois : les alertes restent exploitables, et TP-Link a plutôt bonne réputation lorsqu'il s'agit de faire évoluer ses produits via des mises à jour logicielles et des firmwares correctifs. Une marge de progression existe, mais la base est saine.
La Tapo C665G Kit vise clairement juste. Elle s’adresse aux lieux où la sécurité est indispensable, mais où l’infrastructure réseau et électrique fait défaut : pas de Wi-Fi fiable, pas de prise électrique à proximité, parfois même pas d’accès facile. Dans ce contexte, elle fait réellement gagner du temps. Aucun câble à tirer, pas de réseau à stabiliser, une installation rapide et, aussi, une reconnaissance faciale qui permet de limiter le déluge de notifications inutiles ou, inversement, de recevoir un message quand un de vos proches est spécifiquement détecté.
Proposée autour de 199,99€ (hors coût du forfait mobile), la Tapo C665G n’est pas pensée pour surveiller le jardin pendant que vous êtes confortablement installé au salon. Elle est conçue pour assurer le service quand vous êtes à plusieurs centaines de kilomètres, sur un terrain isolé, un chantier ou une résidence secondaire. Il reste toutefois un vrai point de noir niveau sécurité, à savoir l’obligation d’utiliser une carte SIM physique sans code PIN et, plus étonnant en 2026, l’absence de compatibilité eSIM. Si TP-Link corrige ce détail à l’avenir (pourquoi pas via une mise à jour du firmware), la Tapo C665G pourrait alors devenir une recommandation évidente dans sa catégorie.
- Le combo 4G + panneau solaire
- La simplicité d'utilisation
- La reconnaissance de visages
- La 4K associée à une focale plutôt longue
- Le panneau solaire efficace
- La gestion de la SIM (absence de code PIN, pas d'eSIM)
- Les antennes peu discrètes
- Une vision nocturne infrarouge limitée en distance
- La détection IR toujours aussi sensible
| Type de caméra | Motorisée |
| Utilisation | Extérieur |
| Angle de vue horizontale | 88° |
| Angle de vue verticale | 45,9° |
| Mode nuit | Oui (en couleur) |
| Détection de mouvement | Oui |
| Reconnaissance des visages | Oui |
| Nombre de caméras | 1 |
| Type de caméra | Motorisée |
| Utilisation | Extérieur |
| Objectif | 4 mm ; f/1,6 |
| Capteur | 1/2.7” |
| Angle de vue horizontale | 88° |
| Angle de vue verticale | 45,9° |
| Couverture horizontale motorisée | 326° |
| Couverture verticale motorisée | 45° |
| Température de fonctionnement | -20℃ à 45℃ |
| Humidité de fonctionnement | 10% à 90% |
| Alimentation | Batterie |
| Capacité batterie | 10000 mAh |
| Batterie amovible | Non |
| Alimentation électrique par câble Ethernet (POE) | Non |
| Définition streaming vidéo | 4K (3840 × 2160 pixels) |
| Fréquence d'images | 15 fps (possibilité de monter à 20 fps) |
| Zones de masquage | Oui |
| Mode nuit | Oui (en couleur) |
| Portée capteur infrarouge | 12m |
| Alarme | Oui |
| Détection de mouvement | Oui |
| Reconnaissance des visages | Oui |
| Assistant vocal compatible | Google Assistant, Alexa |
| Carte mémoire compatible | Carte MicroSD |
| Wi-Fi | Oui |
| Ethernet | Non |
| Bluetooth | Non |
| Zigbee | Non |
| Réseau cellulaire | Oui |
| Hauteur | 17.7cm |
| Largeur | 12.3cm |
| Profondeur | 26.4cm |
| Haut-parleur intégré | Oui |
| Microphone intégré | Oui |
| Indicateur LED | Oui |
Les alternatives à la TP-Link Tapo C665G Kit :
- Facilité de la mise en route
- Qualité de la captation et de la détection de jour comme de nuit
- Application efficace et simple
- Une belle caméra bien conçue
- Deux diodes LED pour l'éclairage
- Qualité vidéo correcte