L'enregistreur IA Soundcore Work est un badge qui écoute tout et qui promet de vous simplifier la vie en recrachant vos réunions et rendez-vous en textes, puis en résumés. Sauf que ce galet signé Anker/Soundcore n'arrive pas sur un marché vierge. Il débarque dans le sillage du Plaud NotePin avec la même promesse, mais un positionnement un peu plus raisonnable. Le roi de la transcription par IA doit-il s'inquiéter pour son trône ?
- Design original
- Compacité de l'enregistreur
- Vitesse des transferts
- Transcriptions efficaces
- Hardware moins cher qu'un NotePin
- Bouton d'enregistrement sensible
- Station d'accueil pas si compacte
- Transcription des conversations multilingues
- Qualité des résumés IA et livrables
- Pas d'appli PC/Mac ou Web
Le déballage et la mise en route
Au premier contact, je constate que Soundcore a compris un truc que beaucoup de fabricants de produits pros ont tendance à oublier. Un appareil qu'on doit porter toute la journée ne peut pas être moche, ni lourd, ni fragile. Ici, l'objet est minuscule et tout en métal. 10 grammes pour 2,3 cm de diamètre et trois manières de le porter sont proposées : clipsé à la gorge d'une chemise ou au col d'un t-shirt, en tour de cou avec un accessoire fourni ou, carrément, fixé au téléphone.

Le contenu de la boîte de l'enregistreur IA Soundcore Work. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Sauf que le Soundcore Work n'est pas uniquement un discret enregistreur comme le Plaud Notepin, c'est un appareil en deux parties. D'un côté, le minuscule enregistreur à pince aimantée. De l'autre, sa petite station d'accueil qui sert de chargeur et qui se fixe au dos de votre smartphone (j'y reviens tout de suite). Dans la boîte du Soundcore Work, je retrouve l'enregistreur, la fameuse station d'accueil, un câble USB Type-A vers Type-C, la chaîne collier si vous souhaitez porter le Work en tour de cou et un anneau magnétique à coller sur la coque de votre smartphone si celui-ci n'est pas Magsafe ou que votre coque empêche l'aimantation avec la station d'accueil.
La finition du produit est très qualitative, mais la station de recharge est beaucoup trop épaisse pour se fixer magnétiquement au dos d'un smartphone. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Et c'est là que je tombe sur le premier dilemme de ce produit : la station d'accueil est originale et bien finie… mais elle prend de la place avec ses quasi 9 mm d'épaisseur (6 cm de côtés). Dans un monde où l'on rêve d'objets invisibles, Soundcore vous demande quand même d'adopter une petite brique en plus dans la poche ou au dos de votre téléphone. On comprend l'intention première, mais on sent que le fabricant a dû faire une concession : pour être compact, l'enregistreur délègue une partie de ses fonctions à sa station d'accueil (transfert de données sans fil ainsi qu'une réserve d'autonomie de 24 heures en plus des 8h de l'enregistreur et un port USB-C pour recharger le tout).
Et tout comme le NotePin, le Work est compatible avec le service Apple Find My qui permet de retrouver facilement son enregistreur si on l'égare ou on l'oublie en rendez-vous. Les utilisateurs de smartphones Android comme moi se sentiront un peu oubliés. La capacité de stockage est de 8 Go (7,2 Go utiles), on est là aussi loin des 64 Go du NotePin, mais comme tout se synchronise avec le téléphone, ce n'est pas non plus un défaut rédhibitoire.
À gauche, la station de charge et de transfert des données. Au milieu et à droite, l'enregistreur IA. ©Nicolas Guyot pour Clubic
La mise en route, elle, est plutôt fluide. L'appairage avec l'appli Soundcore est rondement mené sans écueil ni étape chronophage. Automatiquement, une mise à jour est proposée et on peut ensuite commencer à jouer avec l'enregistreur. Théoriquement, si vous possédez un iPhone, vous appuyez sur le bouton de l'enregistreur, l'app se lance automatiquement, et à l'arrêt de l'enregistrement, le fichier s'affiche quasi instantanément sur votre smartphone.
Sur Android, l'expérience n'est pas tout à fait la même et se rapproche plus de ce que Plaud propose avec le NotePin. Une fois l'enregistrement effectué, vous lancez manuellement l'appli Soundcore et la synchro s'effectue automatiquement, et cela bien plus rapidement qu'avec le mini enregistreur de Plaud. Un bon point.
Signalons que le port USB-C ne pourra servir qu'à recharger la batterie de la station d'accueil et l'enregistreur. Impossible en effet d'accéder aux fichiers enregistrés pour des raisons de confidentialité. Et si le traitement des enregistrements a lieu dans le cloud, celui-ci serait temporaire et leur suppression automatique après transcription. Mouais...
Les enregistrements et les transcriptions
En pratique, le Soundcore Work s'utilise très simplement. Personnellement, je l'accroche au col de mon pull ou au revers de la gorge de ma chemise grâce au petit clip aimanté sous l'enregistreur. Vous pressez le bouton principal pour lancer l'enregistrement, une vibration se fait ressentir (retour haptique), un témoin lumineux s'allume et vous n'y touchez plus. Ah ! Si ! Vous pouvez signaler une information importante en effectuant un double appui sur le centre de l'enregistreur qui sera là aussi confirmée par une vibration.
Mais si le bouton mécanique est bien plus efficace que le déclencheur tactile du Plaud Notepin… Celui-ci a le défaut d'être beaucoup trop sensible. Sur un produit qu'on accroche à un vêtement, qu'on manipule dans un sac, qu'on retire d'un revers de main, la frontière entre la pratique et l'accidentel devient fine. Lors de mes tests, j'ai coupé plusieurs fois le micro sans m'en apercevoir (le retour haptique ne réveillerait pas un mort).
Inversement, comme la station est trop encombrante à mon goût, j'ai tendance à la laisser chez moi et à mettre l'enregistreur dans une poche de mon pantalon entre deux rendez-vous. Résultat, j'ai eu droit à plusieurs enregistrements accidentels de mes déplacements à moto et en métro.
Côté capture audio, c'est propre, exploitable, pensé pour la voix en situation réelle. L'appareil intègre deux micros et possède une portée de captation aux alentours des 5 mètres, ce qui convient parfaitement aux réunions, interviews en petit comité et autres discussions autour d'une table.
Lors de ma prise en main, j'ai senti une différence face au Plaud NotePin : le son est un poil moins bon sur la voix au premier plan, avec une impression de saturation plus rapide. Ce n'est certes pas catastrophique, on est loin d'un dictaphone petit budget, mais ça peut jouer si vous êtes du genre à réécouter des passages au casque pour vérifier un détail.
Là où Soundcore Work marque de gros points selon moi, c'est sur le rapatriement des enregistrements. Dans mon usage, les transferts sont rapides, et c'est plutôt agréable de pouvoir synchroniser une journée complète de rendez-vous sans avoir à désactiver le Wi-Fi de son smartphone ou, si vous n'êtes pas chez vous, vous retrouver avec un débit de 10 Ko/s pour rapatrier les enregistrements en Bluetooth comme avec le Plaud Notepin.
Abordons maintenant la partie la plus importante, celle pour laquelle on achète ce type de produit : la transcription. Soundcore promet un modèle capable de transcrire plus de 100 langues, de supprimer les mots parasites et de distinguer les intervenants. Dans les faits, j'ai été agréablement surpris : la transcription est souvent proche de celle du Plaud, avec un rendu exploitable, rapide, et suffisamment propre pour travailler.
Sauf qu'il existe un stress test qui tue beaucoup d'IA : le code-switching. Dès qu'une conversation alterne français et anglais (ce qui, dans notre métier, arrive tous les dix mots), Work a beaucoup plus de mal : la cohérence décroche, les noms propres souffrent, et la ponctuation devient moins fiable. Résultat : vous gagnez du temps à l'entrée… mais vous le repayez à la sortie, en corrections.
L'interface du Soundcore Work est proche de celle des écouteurs de la marque. Tout est compréhensible rapidement. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Et le résumé ? C'est là que le clone se trahit le plus. Soundcore met en avant des résumés structurés, des modèles adaptés aux réunions, et avec le forfait Pro la possibilité de combiner des résumés de plusieurs discussions ainsi que l'accès à des fonctions IA qui permettent de trouver rapidement des infos en posant des questions dans un champ de recherche.
Sauf qu'en pratique, j'ai trouvé le résumé moins bon que chez Plaud : moins hiérarchisé, moins "prêt à envoyer", plus générique. On sent que Soundcore possède la brique transcription, mais que la brique assistant (celle qui transforme un pavé de conversations ou de monologue en livrable) est encore en dessous. Et ça se voit aussi sur ce que l'appli ne fait pas : pas de carte mentale ni de rendu vraiment documenté. Bref, c'est un bon outil de capture, mais pas un super outil de synthèse.
À partir de la transcription, l'interface ressemble énormément à celle de Plaud. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Dernier point, le coût de l'abonnement. Soundcore annonce 300 minutes de transcription IA gratuites par mois à l'activation et un forfait Pro avec 1 200 minutes par mois ainsi que les résumés et la fonction "Demander à l'IA" à 12,2€/mois (payable sur un semestre), et gratuit pendant 6 mois pour les nouveaux acquéreurs jusqu'au 31 mars. La version illimitée est quant à elle disponible à 249,99€/an. Ce qui est peu ou prou ce que propose Plaud, le leader actuel sur le marché. Ce n'est donc pas là-dessus que le Soundcore Work se différenciera.
Disponible dans le commerce aux alentours des 160€, cet enregistreur IA est certes dix euros moins cher que le NotePin de Plaud (et 20€ que le tout nouveau NotePin S présenté à CES en ce début d'année). Signalons pour finir qu'il n'existe pas d'appli Web pour récupérer ses transcriptions et résumés sur PC/Mac, voire déclencher des transcriptions de visioconférence.
L'enregistreur Soundcore Work est une proposition honnête : un enregistreur IA discret, rapide, agréable à porter, et assez efficace pour que l'on comprenne immédiatement à qui il s'adresse. Médecins, agents immobiliers, commerciaux, journalistes... Tous ceux qui vivent dans la conversation et qui doivent ensuite la transformer en texte, en preuve, en compte rendu, en action. Cet appareil leur fera clairement gagner du temps. Pas parce que l'IA est magique, mais parce qu'elle vous enlève le plus ingrat : la prise de notes en direct, la peur d'avoir raté une phrase et le calvaire de la transcription à la main. Ici, ce que vous récupérez, ce n'est pas une transcription parfaite, mais une base solide, exploitable et suffisante pour bosser vite.
Mais si l'on compare au Plaud NotePin, on est bien sur la dynamique du clone : l'idée du Work est la même, l'objet est séduisant et bien fini, mais l'exécution est globalement moins bonne notamment côté logiciel/IA (résumé, livrables, sophistication). Cela dit, ce clone Anker/Soundcore a le mérite d'être légèrement moins cher à l'achat, mais est-ce vraiment pertinent de faire une petite économie quand pour quelques euros de plus vous pouvez vous offrir la Rolls des enregistreurs IA ? La question est légitime. Pour ma part, je conseillerais le Soundcore Work à ceux qui veulent juste enregistrer et transcrire leurs rendez-vous, réunions, conversations, idées ou journées sans forcément générer de résumés ou d'autres documents sophistiqués ensuite. Si votre obsession, c'est le résumé impeccable, la structuration automatique, les documents prêts à envoyer, vous risquez de rester sur votre faim. Ou sinon, autre scénario, attendre que Soundcore propose des abonnements plus agressifs que son concurrent pour se faire enfin une place au soleil sur le marché des enregistreurs IA.
- Design original
- Compacité de l'enregistreur
- Vitesse des transferts
- Transcriptions efficaces
- Hardware moins cher qu'un NotePin
- Bouton d'enregistrement sensible
- Station d'accueil pas si compacte
- Transcription des conversations multilingues
- Qualité des résumés IA et livrables
- Pas d'appli PC/Mac ou Web
L'alternative au Soundcore Work :
- Des retranscriptions très fidèles
- Une captation irréprochable
- Son design et l'accroche magnétique
