Cyber-harcèlement : la Grande-Bretagne veut quadrupler la peine

20 octobre 2014 à 12h28
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La Grande-Bretagne pourrait sévir à l'encontre des cyber-harceleurs sur Internet. Dans une proposition de loi, le gouvernement veut quadrupler la peine encourue, à 2 ans de prison. Autant qu'en France.

« Les trolls d'Internet sont des lâches qui empoisonnent la vie de la nation. » Ces propos, ceux du secrétaire d'Etat à la Justice britanniqueChris Grayling, ont été rapportés au journal Mail on Sunday et permettent de mesurer l'état de ras-le-bol du gouvernement, suite à plusieurs cas de harcèlement en ligne très médiatisés. Alors celui-ci veut sévir. Il propose de quadrupler la peine d'emprisonnement maximale encourue à 2 ans.


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Le secrétaire d'Etat d'expliquer que cette loi vise à « combattre la cruauté et marquer notre détermination à prendre position contre les meutes aboyant sur Internet ». Si l'acte de « troller », ou de provoquer, peut toucher à des sujets sans enjeu éthique comme le débat qui déchire parfois les fans d'Apple et de Samsung, il arrive que la pratique verse dans le harcèlement moral, comme avec les parents de Maddie McCann.

Le couple, qui avait perdu sa fillette lors de vacances au Portugal en 2007 a, pendant des mois, affronté une avalanche de messages de haine sur Twitter de la part d'une britannique sexagénaire. A la mère de l'enfant, la harceleuse lui écrivait par exemple : « Vous allez être haïs par des millions de personnes pour le restant de votre triste, malfaisante et malhonnête vie. Passez une bonne journée ! ». Questionnée sur ses motivations, Brenda Leyland, qui est décédée au début du mois d'octobre, répondait juste : « J'ai le droit de le faire. »

Deux ans de prison en France aussi

Pour Chris Grayling, « personne ne tolèrerait que l'on distille un tel venin en personne, donc cela n'a pas non plus sa place sur les réseaux sociaux ». La Grande-Bretagne avait été sous le choc suite au suicide d'une adolescente de 14 ans en été 2013, qui avait reçu des messages extrêmement virulents publiés sur la plateforme anonyme de questions/réponses Ask.fm - l'enquête révéla que la jeune fille s'auto-harcelait.

Mais les cas de harcèlement bien réels ne sont pas rares et ne sont pas limités à Ask.fm. D'après un récent rapport de l'Unicef, 12,5% des adolescents français ont déjà été victimes de ce genre d'acte. Facebook a lancé il y a un an une page pédagogique pour « mettre un terme au harcèlement ». Le réseau social permet aussi de bloquer et de signaler une personne. Sur Twitter et Ask.fm, un bouton de signalement a été mis en place.

En France, le cyber-harcèlement, sanctionné par l'article 222-33-2-2 du Code Pénal, est condamné d'une peine pouvant aller jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende. Si ces actes sont commis à l'encontre d'un mineur âgé de moins de 15 ans, la peine peut atteindre 3 ans de prison, et 45 000 euros d'amende.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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