La nouvelle stratégie d'Alcatel-Lucent commence à payer (màj)

06 septembre 2013 à 11h14
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Alcatel-Lucent annonce qu'il équipera le réseau 4G LTE de l'espagnol Telefónica. Un contrat conséquent qui valide la stratégie de la nouvelle direction et qui est apprécié en bourse.

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C'est un contrat qui rassurera Michel Combes, le nouveau PDG d'Alcatel-Lucent, sur la direction donnée à son entreprise. L'équipementier télécoms annonce qu'il fournira l'opérateur espagnol Telefónica pour son réseau 4G LTE. Le montant du contrat n'a pas été dévoilé mais le groupe franco-américain évoque l'un de ses « plus vastes projets jamais réalisés en Europe de l'Ouest » sur ce secteur.

Dans le cadre de cet accord national, Alcatel-Lucent déploiera 8 000 stations de base 4G LTE. Le groupe « assurera en outre l'installation et la gestion du projet clés en main pendant sa phase initiale de réalisation, ainsi que l'intégration système, la maintenance et l'optimisation de la configuration afin d'accélérer davantage la vente des offres Telefónica », précise la société dans un communiqué.

« Nous sommes prêts à explorer d'autres technologies mobiles au fur et à mesure de son avancement, comme par exemple les petites cellules pour améliorer la couverture réseau partout, à tout moment et sur tous types de terminaux, en vue d'une collaboration élargie », souligne Roque Lazano, directeur d'Alcatel-Lucent pour l'Espagne et directeur du compte Telefónica. Cette annonce n'est pas anodine.

Renouer avec les investissements clés

En juillet dernier, l'équipementier annonçait la venue dans son capital de l'américain Qualcomm - la prise de participation n'a pas encore été précisée, mais Le Figaro évoquait 1 à 3%, soit 150 millions d'euros. Au-delà de l'investissement financier, le partenariat comporte un volet technologique portant sur le développement des petites cellules. Pour rappel, il s'agit de relais GSM installés dans les résidences ou en entreprise afin d'y améliorer la couverture réseau et de désengorger les réseaux à moindre frais.

Pris dans l'étau d'un point de vue financier, la nouvelle direction d'Alcatel-Lucent a préféré mutualiser les investissements qu'elle juge stratégiques, tels que la 4G. Résolu à sortir de l'ornière à la faveur de cette réorientation - également portée sur les réseaux IP - le groupe est également engagé dans deux plans de réduction de coûts comprenant des licenciements et une cession d'actifs à venir de 1 milliard d'euros.

Si le groupe veut continuer à nouer des partenariats tels que celui conclu avec Qualcomm pour faire face à de nouveaux investissements, il doit enrayer sa consommation de cash élevée - 250 millions d'euros au deuxième trimestre - pour tenter de réduire sa perte nette et envisager d'investir sur les secteurs clés.

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La concurrence en Europe s'organise

Alors que Huawei bouscule le marché avec des prix inférieurs à la concurrence, les challengers européens ne dorment pas, et pourraient causer du souci au franco-américain. En début de semaine, le suédois Ericsson annonçait un plan d'investissement de 800 millions d'euros sur cinq ans. Trois centres de recherche et développement verront le jour, deux en Suède et un en Amérique du Nord, à Québec.

Dans la foulée, Nokia a cédé son activité mobiles et services à Microsoft pour quelque 5,44 milliards d'euros. Le groupe finlandais, lui, se focalisera sur les réseaux, son autre métier. Que fera la société de cette manne financière ? Pour Natixis, cité par Tradingsat, « la prochaine étape logique pour Nokia serait d'acheter la division réseaux mobiles d'Alcatel-Lucent, à 3,5 milliards d'euros », rien de moins.

« En effet, pour Nokia, une telle opération dégagerait d'importantes synergies tant au niveau technologique avec la combinaison des petites cellules d'Alcatel-Lucent et des BTS Multi-Radio de Nokia, que géographique car Nokia n'est que peu présent aux États-Unis où Alcatel-Lucent est dominant », abonde le courtier. IL considère que groupe lâcherait ainsi une branche régulièrement en perte.

Pourtant le contrat signé avec Telefónica a de quoi contredire cette hypothèse. Il ne suffira pas à lui seul à relancer Alcatel-Lucent dans la course aux équipements 4G, mais il a le mérite de confirmer que les choix stratégiques opérés par Michel Combes semblent les bons. Entre mai et septembre, l'action de la société a explosé de 130%, et de 8% suite à l'annonce du contrat en Espagne.

Mise à jour : Michel Combes annonce des « décisions difficiles » cet automne

Suite à l'annonce du contrat avec l'opérateur espagnol, le PDG Michel Combes indiqué sur BFM Business que le groupe n'en était qu'au « tout début » de son plan de restructuration. « Les décisions difficiles sont encore devant nous », a-t-il ajouté, laissant augurer des licenciements.

Le patron d'Alcatel-Lucent a rappelé qu'« une entreprise qui a perdu, depuis dix ans, 800 millions d'euros de cash par an ne peut pas se redresser sur un seul contrat commercial » - en référence au contrat signé avec Telefónica pour « plusieurs centaines de millions d'euros », a-t-il précisé.

Décidé à ramener l'équipementier dans la compétition internationale, le PDG a indiqué qu'« un ajustement de la structure de coûts de l'entreprise dans l'ensemble des pays, est nécessaire ». En discussions avec les partenaires sociaux, Michel Combes fera une annonce sur l'emploi cet automne.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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